L.-F. Jauffret, au maire de Marseille
Marseille, 8 avril i833.
En réponse à la lettre que j’eus l’honneur de faire à M. le préfet du Yar, le 28 mars dernier... j’aireçu deux nouvelles lettres de cet administrateur , contenant les renseignements demandés, tant sur l’état de conservation des manuscrits de feu l’abbé Rive que sur le prix qu’y attache aujourd’hui Mlle Morénas , nièce du savant bibliographe et cousine du préfet du Var.
D’après ce que me mande M. Floret, les manuscrits de l’abbé Rive se trouvent en ce moment à Paris où M. Morénas, son neveu et son héritier, les avait fait transporter dans le temps.
Ces manuscrits doivent être conformes à l’état imprimé dans la notice que M. le préfet du Yar m’a communiquée, et dont vous trouverez ci-joint une copie (1).
M. le préfet du Yar a sans doute ignoré des faits qui sont à ma connaissance et qui ont eu de la publicité à Paris et à Londres. En 1820, les manuscrits de l’abbé Rive ont été offerts par M. Morénas à Dibdin , bibliothécaire de lord Spencer, au prix de 6,000 fr. M. Dibdin parle positivement de ce fait dans son Yoyage bibliographique.
(1) Il nous a été impossible de retrouver cette notice ou la copie, ainsi que les lettres de M. Floret.
On avait pensé que les manuscrits de l’abbé Rive valaient à cette époque i5,ooo fr. M. Morénas avait consenti à les céder à un libraire pour 10,000 fr. La bibliothèque de la chambre des députés devait les acquérir pour 8,000 fr. ou pour une pension de 65o fr. servie à la demoiselle Morénas. M. Jauffret trouvait ce dernier chiffre exagéré.