‹ L'abbé roiteletChapitre 3 sur 10 · RUE DE GRENELLE · texte numérisé non relu

RUE DE GRENELLE

Je dédie

-Ce très doux souvenir du pays natal

M. Xavier Charmes, membre de Tlnstitut.

►Paris, i«' avril 1890.

Il y a grand çoisinage et « cousinage » entre l'homme et les autres animaux... Comme à certaine mesure les bestes nous entendent, aussi nous les entendons. Elles nous flattentf nous menacent, nous requièrent, et nous elles. Nous parlons à elles, et elles à nous; et si nous ne nous entr* entendons parfaictement, à qui tient-il ? à elles ou à nous? C'est à deviner.,,

PIERRE CHARRON. (De la Sagesse.)

L'ARCHIPRÊTRE ÉHILIEiV BA.STIDET

Il y a quelques années, j'ai assisté à une fête de Noël d'un caractère aussi singulier que touchant.

C'était à CabreroUcs, dans les Cévennes méridionales, en pleine Espinouze noire, car l'Espinouze, cette « épine » do notre chaîne, se divise en deux parties :

l'Espinouze verte, — celle du blé et des

i LABBÉ ROITK-LET.

gras pâturages; TEspinouze noire, — celle du seigle et des grands châtaigniers.

Cabrerolles, une centaine de métaii-ies, de bordes, de huttes éparpillées tantôt sur des pentes rocheuses, tantôt en un ravin, qu'un ruisseau torrentueux, « le Vignon >, creuse chaque jour plus profond, est une des plus misérables paroisses des quatre-vingt-six diocèses de France.

L'épaisse croûte de granit qui, du pic de Caroux, dans THérault, profile son arête sourcilleuse jusqu'à Mural, dans le Tarn, sous un effort de la nature en travail, se fendit, se crevassa, et des blocs, détachés, roulèrent dans les basfonds. On devine ce que les hommes, au

cours des âges, ont pu réaliser de bienêtre parmi ces pierrailles gigantesques.

C'est un miracle qu'ils n'y soient pas morts de faim.

Depuis plus de trente ans, Tabbé Cjprien Coupiac, un de mes condisciples du grand séminaire, le prêtre le plus petit de France, — un mètre quarantecînq centimètres, — dessert la paroisse de Cabrerolles.

Ce que c'est que de nous! Vers 1848, chacun, à Montpellier, lui prédisait un brillant avenir dans la carrière ecclé-

siastique, où il avançait d'un pas régulier, sûr de lui-même et sûr de Dieu, « en la présence du Seigneur, in conspectu Domini », pour me servir du langage de l'Église. Il n'était pas jusqu'à nos directeurs, gens sévères, soupçonneux, un peu durs, qui ne se complussent à le faire valoir. -■ — « Sa vocation le porte, celui-là ! » disions-nous, non sans quelque mélange de jalousie. — Nous nous obstinions à lui prédire un gros doyenné :

Mèze ou Roujan, dans la plaine; et il devait finir par la chètivc succursale de CabreroUes, dans la montagne.

Il faut l'avouer, l'abbé Cyprien Coupiac avait un vice, et ce vice l'a perdu :

il aimait trop les oiseaux. Durant nos promenades dans le parc de La Valette,

non loin de la rivière du Lez ; à Maguelonne, non loin de la mer, au moindre chant, au moindre bruit d'ailes, il demeurait planté, les yeux au ciel, les bras levés, on extase.

« C'est ravissant ! c'est ravissant ! »

répétait-il, les oreilles droites, les cheveux droits, allongé sur la pointe des pieds à en paraître grand.

Mon Dieu ! il n'y avait pas là de quoi fouetter un chat, et nul de nos directeurs n'avait songé à reprocher au minuscule abbé Cyprien Coupiac son goût fort innocent pour la gent emplumée, goût qui avait été celui de plusieurs saints, entre autres de saint Bonaveiiture, ami très particulier des alouettes, et de saint François d'Assise, ami très particulier

de toutes les bêtes de la création. Mais les choses prirent une autre tournure quand, la prêtrise reçue, loti d'un vicariat à Saint-Fulcran, de Lodève, — un vicariat de première classe, s'il vous plaît, au chef-lieu d'un arrondissement !

— notre abbé, un beau matin, sa messe basse dépêchée, s'échappa vers le ruisseau du Soulondre et passa la journée à engluer des linottes, des verdiers, des chardonnerets, des bouvreuils, toute espèce de « ravissantes » bestioles.

L'archiprêtrede Saint-Fulcran, M. Émilien Bastidet, n'était pas un supérieur commode : il tança vertement son vicaire; puis, lui ayant arraché des mains une cage pleine^ il s'amusa cruellement, en les piquant d'une épingle au

bon endroit, — au gésier, — à massacrer tout ce menu monde d'oisillons affolés.

— Cela vous apprendra, monsieur Coupiac, cela vous apprendra ! répétaitil, fort courroucé, travaillant de sa lancette rageusement.

Hélas! c'était aux pauvres linottes, aux pauvres verdiers, aux pauvres chardonnerets, aux pauvres bouvreuils, que cela apprenait...

Cependant, notre vicaire montrant à la longue peu de dispositions à se corriger, — un jour, il avait poursuivi ses engluements jusqu'à la « Mare aux Chardonnerets », près de Grangelourde, sur le plateau de l'Escandorgue, — M. Farchiprètre Émilien Bastidet, par un rapport motivé, invita l'autorité épiscopale à intervenir.

Appelé par un haut dignitaire de son église, Monseigneur répondit incontinent.

Dans les quarante-huit heures, mon ami dut quitter Lodève pour aller prendre possession de la paroisse de Roquesels, un hameau de trois cents âmes, dont il était nommé desservant.

Par une ironie du sort, au moment où Cyprien Coupiac s'installait, affreusement meurtri de sa chute, — songez donc, tomber d'un vicariat de première classe au poste le plus infime du diocèse ! — au moment où il s^installait, les bergers du pays signalèrent un passage d'alouettes-coquillades, non loin de Roquesels, parmi des cliaumes, vers la grange do Castelsec.

Des alouettes, ces « buveuses d'aurore et de lumière, aur^oram hihentes atque lumen » ! comme s'exprimait saint Bonaventure.

Le jeune curé se raidit, pensa à Monseigneur, prôt à le frapper de nouveau s'il retombait en tentation de chasse à la glu ou au filet, et triompha de son démon familier.

— oc Mon Dieu, venez à mon secours?

répétait-il à toute heure du jour et de la nuit, Domine^ ad adjuvandum me festina! »

Malheureusement, les grâces de l'ordination auraient-elles supprimé, chez le prôtre, la moitié des faiblesses inhérentes à l'humanité, il lui reste toujours

ii L'ABBÉ ROITELET.

trop de cotte humanité d'abjection, de péché et de boue.

A un an de là, un matin de septembre, par un temps clair et doux, comme le desservant de Roquesels venait d'achever ses « Matines », récitées dans le jardinet du presbytère, un long vol d'alouettes-coquillades, ondulant, grisolant, huppettes blondes relevées, s'abattit en un champ voisin. Il demeura ébahi, son oraison dernière figée aux lèvres, pâle, tremblant.

« C4e sont peut-être celles de Tannée passée, se dit-il, les dévorant de ses yeux de chasseur, — des yeux à longue portée. Quel mal ferais-je, je vous le demande, si, demain, j"en prenais quelques-unes au filet?... »

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Emporté par sa passion, plus forte que ses peurs de Tévèché, plus forte que son sacerdoce, il « engraina », le soir même, un terrain propice aux environs de la grange de Castelsec, où s'arrêtaient de préférence les alouettes, et réalisa une chasse merveilleuse le lendemain.

14 LÀBBÉ ROITELET.

Désormais, Coupiac, qui avait goûté au fruit défendu, fut incapable de s'en déprendre. Ses devoirs de pasteur remplis dès Taube, et au chevet des malades, et à Téglise, il s'esquivait.

Selon la saison, il allait guetter ou les merles parmi les arbousiers de Pézênes, ou les jeunes perdreaux dans les blés de Faugères, ou les grives sous lesgenévriers de Fos.

Comme pour rien au monde il n'aurait usé du fusil, — répandre le sang innocent lui semblait un crime, — il rentrait souvent ses pots de glu épuisés, mais la cage vide. Les merles de Pézènes, les jeunes perdreaux de Faugères, les grives de Fos avaient tourné ses gluaux, s'étaient moqués de lui. Il ne leur en voulait pas;' il riait au contraire de leurs manèges, de leurs ruses, qui le divertissaient beaucoup , et retournait se cacher à l'espère joyeusement.

Le soir, ses « Vêpres » articulées à haute et intelligible voix, Çoupiac donnait la becquée aux cent oisillons dont bruissait son presbytère; puis, indifférent aux représentations tatillonnes de sa gouvernante, AngéHne Bourrcl, qui,

lasse de prodiguer ses soins à des bêtes <st malpropres », évoquait à tout propos le spectre de Monseigneur, il s'endormait du sommeil du juste, marmottant trois fois sa courte oraison jaculatoire habituelle :

« Mon Dieu! je remets mon esprit entre vos mains : In manns tuas, Do~ mme,co 77imendo spiritum meiim. »

MOlKSEieiVEUR THIBAULT

Les prédictions d'Angéline Bourrel n'étaient pas de vaines paroles, et le malheur entrevu par elle ne tarda pas à fondre sur son maître infortuné.

Une après-midi d'octobre, par un soleil encore tiède, mais où passaient les premières gelées blanches d'automne, fier de la capture au filet de deux super-

18 L\4BBÉ ROITELET.

bes perdrix rouges, le petit curé de Roquesels, soutane fripée, sans ceinture aux reins, sans rabat au col, chapeau bosselé, déformé, roussi, lamentable, regagnait la maison, son visage sec de médaille épanoui de joie, sa taille étirée d'aise, quand il s'entendit appeler:

— Monsieur labbé ! monsieur Fabbé !

Attendez donc ! attendez ! . . .

C'était M. Lucien Rispal, curé de Roujan, doyenné duquel dépend la paroisse de Roquesels.

— Dans quel édifiant équipage je vous surprends, monsieur Coupiac ! lui dit-il.

Ah ! si Monseigneur vous apercevait par un trou ! . . .

— Je vous en suppUe, monsieur le doyen...

— La perdrix, mise à la broche dans une chemisette blanche de lard fin, rôtie à point, flambée à point, est une bouchée de roi...

L'humble desservant, pris en flagrant délit de désobéissance à Monseigneur, balbutia des excuses pitoyables. Si, au lieu d'être le théologien délié, subtil, dont, à Roujan même, les jours de Conférence cantonale, ses confrères, à propos de questions de Dogme ou de MoraUy avaient apprécié l'argumentation habile, il avait été un simple homme d'esprit, il eût, sur l'heure, tordu le cou à ses bestioles et les eût gracieusement offertes à son supérieur.

Celte idée tragique, où se trouvait enveloppée une aimable prévenance, ne

SO L ÀBBB ROITELET.

pouvait guère effleurer le cerveau du malheureux desservant, et ne Teffleura pas, en effet. Effaré par le sentiment de sa faute, il salua son doyen, il salua jusqu'à terre les curés de Fos, de Faugères, de Pézènes, qui l'accompagnaient, et se sauva à toutes jambes.

A l'exemple de M. Émilien Bastidet, de Lodève, M. Lucien Rispal, de Roujan, saisit Tévêché du fait, et le bruit courut que Sa Grandeur se montrait fort irritée. Les langues ecclésiastiques allant leur train, on parlait d'une citation de M. l'abbé Cyprien Coupiac devant le tribunal si redoutable de TOfficialité.

Dans le presbytère de Roquesels, au milieu de ses alouettes, de ses merles,

L'ABBÉ ROITELET. âl

de ses perdrix apprivoisés, voletant autour de lui toutes fenêtres closes, Fabbé Cyprien Coupiac, prévenu par les rumeurs du dehors de rapproche d'un orage terrible , tremblait comme une feuille à la cime d'un amandier. Angéline Bourrel, voyant le corps fluet de M. le curé devenir encore plus fluet, fondre pour ainsi parler dans la soutane, lui dit un jour :

— A votre place, pour en finir avec tous les cancans, je partirais à Montpellier demain, et je demanderais pardon à Monseigneur... ^

— Pardon ?,balbutia-t-il, pardon?...

Il gavait, en ce moment, d'une pâtée

de sa façon, une jeune tourterelle malade.

- Oui, pardon! répéta fermement )uvernante... Il n'est peut-être pas i méchant qu'on le raconte, Monleur Charles-Thomas Thibault?...

- Monseigneur Charles-Thomas Thit, méchant ! ... Il est la bonté môme, îline, la bonté même.

- Alors, que faites-vous là à maicomme un coucou, du matin au et du soir au matin ?

Je maigris?

Vous dansez dans vos habits que une pitié !

Moi, je danse !...

upiac, rougissant, déposa la sébillo ixis qu'il tenait à la main, délia les 3ns du tablier de grosse toile écruc il recouvrait le devant de sa soutane-

quand il vaquait aux bêtes, et articula d'un air contrit :

— Oui, Angéline, vous avez raison...

Il y a toujours gloire, d'ailleurs, à s'humilier lorsqu'on a péché... J'ai péché, peccavi... Ce n'est pas demain que. j'irai implorer mon pardon, c'est tout . de suite. . . Vite, ma soutane des dimanches, ma ceinture des dimanches, mon chapeau des dimanches. Je pars.

ai L'ÂBBË ROITELET.

Depuis cette époque éloignée, je n'ai pas rencontré une fois mon saint ami Coupiac qu'il ne m'ait raconté son court entretien avec Mgr Charles-Thomas Thibault, a vieillard des plus respectables, disait-il, ravi trop tôt par la mort au diocèse de Montpellier ».

— Ah ! vous voilà, vous, monsieur le relaps ! lui lança l'évêque en l'apercevant.

— Je viens me jeter aux pieds de Votre Grandeur..., bredouilla-t-il.

— Vous auriez pu attendre d'être appelé ici avant d'y paraître.

— T Non, Monseigneur, je ne pouvais pas attendre : je vous avais offensé et, depuis que le sentiment de cette offense était entré dans mon âme, je ne vivais plus..., je mourais...

— Vous mouriez, dites-vous ? s'écria révoque, surpris.

Il enveloppa d'un regard plein de bienveillance le desservant de Roquesels, à genoux à ses pieds.

— Relevez-vous, mon enfant : le cas n'est pas pendable.

— J'ai désobéi à mon évêque...

— Votre évêque, indulgent à des

manies qui ne portent, en définitive, nulle atteinte sérieuse à votre caractère sacerdotal, vous pardonne... Toutefois, je mets une condition à ce. pardon que je vous accorde entier : c'est qu'à l'avenir, vous édifierez votre paroisse, non seulement par la pratique de vertus auxquelles je me plais à rendre justice, — je me souviens encore de Tabbé Cyprien Coupiac. un des bons sujets de mon grand séminaire, — mais aussi par une correction, une hauteur de tenue dignes du saint ministère que vous exercez... Vous me comprenez, n'est-ce pas ?

— Je vous comprends fort bien, Monseigneur... Malheureusement, le grand séminaire n'a pas réussi à abolir chez moi le paysan, le paysan amoureux de

toutes les bestioles de l'air, et la franchise me pousse à vous confesser que j'aurai de la peine, beaucoup de peine...

— A vous détacher des oiseaux?...

Seriez-vous fou, par hasard !

— Si Votre Grandeur savait quels engluements délicieux j'ai faits, dès l'enfance, à travers mes campagnes natales de Ginestetl... Dans ma famille, du reste, nous aimons tant tout ce qui a des ailes, tout ce qui vole, que mon père, Antoine Coupiac, un rude homme, jo vous l'assure, n'est connu dans la contrée que sous ce sobriquet : « lou Perdigal », autrement dit « le Perdreau ».

— Et vous continuez cette lignée de volatiles! car, vous ne pouvez l'ignorer, partout dans le diocèse, on vous appelle,

23 L'ABBÉ BOITELET.

tant à cause de votre taille exiguë que de vos instincts rustiques trop tôt éventés, Tabbé Cyprien « Roitelel ».

— Ce surnom n'a rien pour me fâcher.

Monseigneur. Le roitelet est une bestiole si fine, si déliée, si vive, si sautillante ! Il faut voir le roitelet de FEspinouze picorer sur nos figuiers ou nos sorbiers de Ginestet, vers la saison des sorbes ou des figues ! Par malheur, sa voie manque de force, d'étendue, elle est un peu courte et sèche...

— Absolument comme la vôtre.

Coupiac, flatté, osa sourire.

— Mais, avec votre vie de chasseur, — de braconnier peut-être, — vous devez manger du gibier, du jour de FAn à la Saint-Sylvestre ?

— Moi, du gibier. Monseigneur! Je ne l'aime pas.

— Que faites-vous, alors, de la quantité de bêtes que vous capturez ?

— Et les malades? et les indigents de ma paroisse, qui n'ont jamais un bon morceau à se mettre sous la dent ? balbutia l'humble desservant de Roquescls, les yeux baissés, presque honteux.

— Les malades?... les indigents?...

— Je ne voudrais pas tuer mes botes moi-même ; je les leur livre vivantes et ils s'arrangent... Cela ne me regarde plus.

L'évêque lui prit les mains d'un mouvement très prompt de sympathie et les lui pressa fortement dans les deux siennes.

— Vous êtes de Ginestet? lui demandat-il, après un silence.

— Oui, Monseigneur, de Ginestet, dans TEspinouze noire.

— Est-ce que la paroisse de CabreroUes ne se trouve pas par là?

— CabreroUes est à une petite lieue de Ginestet, dans un creux...

— Connaissant votre amour des pauvres, qui sont « les membres vivants du corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ », je ne voudrais rien faire qui pût vous être pénible, — bien au contraire!...

Répondez-moi donc à cœur ouvert, mon cher abbé... Il ne saurait me convenir de vous laisser à Roquesels sous l'autorité de M. le doyen Lucien Rispal, et s'il vous était agréable d'être chargé de

la paroisse de CabreroUes, vacante par la mort de son titulaire, M. l'abbé Frédéric Calmels ?. . .

— Quelle reconnaissance, Monseigneur !

— Je compte bien vous caser un peu mieux plus tard. . .

— Merci pour Cabrerolles, Monseigneur, merci !... Ah ! rentrer dans mon pays, me retrouver près des miens, que je n'ai pas revus depuis la fôte de mon ordination, exercer le divin ministère dans la montagne où je suis né !... Monseigneur. . . Monseigneur ! . . .

De grosses larmes brillantes coulaient le long de ses joues.

L'évêque ne put se tenir de Fembrasser. Puis, d'un ton aimable, affectueux :

— Monsieur l'abbé « Roitelet », lui dit-il, je vous autorise à boucler vos malles à Roquesels et à partir, dès demain, pour CabreroUes . Tous vos péchés d'oiseleur vous sont remis.

Et, allongeant un bras vers Coupiac, prosterné sur le tapis, il murmura :

— « Que la paix du Seigneur soit avec vous, Pax Domini sit semper voMscum I »

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