‹ L'abbé Vincent; comédie en un acteChapitre 14 sur 30 · SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME

dant, madame la comtesse, veuillez m'apprendre le nom de celle que vous destinez à votre fils, et je vous promets de tout tenter pour le résoudre à conclure l'alliance que vous souhaitez.

LA COMTESSE

Il s'agit de mademoiselle Séverine de Ronsac.

l'abbé.

Vous aviez raison quand vous disiez qu'elle n'était pas jolie.

LA COMTESSE, vivement.

Je vous assure qu'il y a des jours où elle est très bien.

L ABBÉ, à mi-voix.

Si on savait lesquels.

LA COMTESSE, sans l'entendre.

La terre de Ronsac touche à la nôtre, et Séverine étant fille unique, mon fils pourra, après la mort des parents de sa femme, réunir les deux terres et se trouvera alors à la tête du plus beau domaine du département et même de P'rance.

l'abbé.

Croyez que je ferai valoir aux yeux du comte ces divers avantages ; croyez surtout que je lui dirai en quelle estime je tiens la charité et les vertus de mademoiselle de Ronsac.

LA COMTESSE

Je vous en prie, usez sur lui de tout votre pouvoir et tâchez de le décider.

l'abbk.

Je vous le promets.

LA COMTESSE

Malgré tout ce que vous m'avez pu dire, voyez-vous, je frissonne à la seule pensée que Jacques, qui a bien la

nature lu plus romanesque qui se puisse voir, peut tout à coup s'éprendre de quelque fille de manants et l'épouser.

l'abbé, souriant.

Vous oubliez, madame la comtesse, que je suis un peu des manants dont vous parlez...

LA. COMTESSE, un peu confuse.

Pardon.

l'abbé, malicieusement.

Et que, sauf votre respect, vous serez peut-être bien aise que l'un de ces manants-là vous fasse une petite place près de lui, quand vous arriverez là-haut.

LA COMTESSE, riant.

Croyez-vous, l'abbé, qu'on sera serré à ce point-là?

l'abbé, souriant.

Le prêtre le désire et l'espère I

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