SCÈNE SEPTIÈME
l'abbé, moitié grondant.
Il est bien temps de le demander.
JACQUES, à Thérèse, après l'avoir regardée longuement.
Vous n'êtes plus au couvent?
THÉRÈSE
Depuis hier.
Tant mieux!
Pourquoi ?
JACQUES
Parce que nous nous verrons souvent.
l'abbé, à part.
Ah I mais non.
Je suis si heureux de me retrouver ici, dans ce presbytère qui a entendu mes premiers éclats de rire et vu couler mes premières larmes.
l'abbé, surpris.
Vos premières larmes?
JACQUES
Certainement t — Gomment, vous ne vous souvenez pas, l'abbé, des torrents de pleurs que je répandais lorsque vous me donniez ma leçon de grec ou de latin ? (Changeant do ton.) A propos, VOUS savez qu'ûu parle de supprimer tout ça de l'enseignement ?
l'abbé, levant les yeux au ciel.
Qu'esl-ce qu'on ne supprime pas aujourd'hui?...
JACQUES
Les impôts. (Regardant autour de. lui.) Uieii u'est cliaugé : ni la maison, ni le jardin, ni vous, — l'abbé.
l'abbé.
Oh ! oh !
JACQUES
Ni même toi, Schohistique.
SGHOLASTIQUE, flattée.
Vrai?
JACQUES
Vrai . — Tu es toujours aussi laide !
SCHOL ASTIQUE, piquée.
Voilà un compliment
JACQUES, riant.
Tu me rendras cette justice, que je ne t'en ai jamais fait d'autres.
SCHOL ASTIQUE, pincée.
Heureusement que j'ai bon caractère.
JACQUES, vivement.
Scholastique, il ne faut pas mentir, (a Thérèse.) Il n'y aque vousThér... mademoiselle Thérèse qui soyez changée... Je vous ai laissée... enfant, et je vous retrouve aujourd'hui... grande... et belle.
l'abbé, à part.
Est-il bavard !
JACQUES
Dire que nous avons joué ensemble ! Vous rappelezvous nos courses folles à travers les allées de ce jardin, et nos terreurs, lorsque nous approchions de la petite grotte dans laquelle nous croyions qu'il y avait un gros loup? — Est-ce qu'elle existe toujours ?
THÉRÈSE
IMais oui.
JACQUES, vivement.
Votre bras alors, et allons la revoir.