‹ L'abbé Vincent; comédie en un acteChapitre 23 sur 30 · SCENE NEUVIEME · texte numérisé non relu

SCENE NEUVIEME

l'abbé.

Tu n'en diras rien?

THÉRÈSE

•Je vous le promets.

l'abbé.

Avec Jacques de Rigny.

THÉRÈSE, chancelant.

Ah?... Jacques... (se reprenant.) Monsieur de Rigny aime mademoiselle de Ronsac ?

l'abbé, d un air de doute.

Il l'aime ! (changeant de ton.) Il l'estime, — c'est déjà quelque chose.

THÉRÈSE, avec un trouble croissant.

Oui, c'est beaucoup.

Ce n'est pas assez.

THÉRÈSE, même jeu.

Non, ce n'est pas assez.

l'abbé.

Enfin, il est en ce moment près d'elle, et j'espère que...

THÉRÈSE, d'une voix étranglée.

J'en serai bien heureuse... pour elle... et pour lui.

l'abbé, la regardant.

Gomme tu dis cela ?

THÉRÈSE, soutenant sou regard. .

Comment voulez-vous que je le dise ?

l'abbé, après un temps.

Voyons, c'est assez parler des autres; maintenant, parlons un peu de toi.

ï II KaÈSK, surprise.

De moi ?

l'abbé.

Oui, de toi et de ton avenir,

THÉhKSE, tristement.

Mon avenir !

l'abbk.

Toute jeune fille a sa chimère...

THÉRKSK, à part.

Oui, sa chimère !

L ABBÉ, cuutiuuant.

Son idéal et son rêve. — Voyons, quel est ton rêve ù toi?

THÉRÈSE, simplement.

Retourner au couvent...

L ABBÉ, avec une surprise croissante.

Au couvent?

THÉRÈSE, continuant.

Prendre le voile....

l'abbé.

Le voile ?

THÉRÈSE, même jeu.

Et me consacrer à Dieu !

l'abbé, très agité.

Thérèse, que dis-tu là?

THÉRÈSE

Je vous dis quel est mon rêve !

l'abbé.

Non, c'est impossible ! Il est impossible, mon enfant, que ta jeunesse, ta grâce, ton sourire, ta beauté, tous

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