SCÈNE NEUVIÈME
ces dons enfin que Dieu t'a prodigués, tu songes à les ensevelir à tout jamais dans un cloître!
THÉRÈSE, doucement.
Est-ce bien un prêtre qui nie parle en ce moment?
l'abbé.
Eh bien, non, Thérèse, ce n'est pas un prêtre, c'est un ami, c'est un père, qui t'implore et te conjure de réfléchir et de revenir sur ta décision.
THÉRÈSE
Elle est irrévocable.
l'abbé, vivement.
Ne parle pas ainsi et écoute-moi, mon enfant... Si ton pauvre petit cœur a reçu quelque blessure, dis-le moi, et ma main paternelle pansera la plaie dont tu souffres, si doucement que tu guériras, je te le promets, tu guériras.
THÉRÈSE
Jamais I
l'abbé, d'une voix suppliante.
Thérèse !
THÉRÈSE, résolument.
Jamais I
SGHOL ASTIQUE, au fond ot apportant le chapeau et la canae de l'abbé.
Monsieur le curé, on vous envoie chercher pour la mère Mathurin qui va mourir.
l'abbé, vivement.
J'y vais, (schoiastique disparaît.) Je te laisse, mon enfant, car tu le vois, le devoir m'appelle. — Je serai de retour aussitôt que je pourrai... En attendant, songe à ce que tu viens de me dire, songe à la peine que tu vas me faire et... réfléchis, réfléchis bien, (fébrilement.) A tout à l'heure, Thérèse, à tout à l'heure !
Il sort vivement par le fond.
34 L'ABBE VINCKNT