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CHAPITRE XXTIII

LA RECOXXAISSANCE.

Oui ; celle dont les yeux ont suivi ton enfance et surveille dans un espoir incerlaiii Faurore de la jeunesse , maintenant, avec ces mêmes yeux leruis par la vieillesse et encore plus par les larmes, contemple ton déshonneur. ydncienne comc'die.

A l'entrée de la principale, ou pour mieux dire de la seule rue deRinross, la jeune fille dont Roland Grseme suivait les pas jeta un coup d'œil en arrière , comme pour s'assurer que son compagnon n'avait pas perdu ses traces; puis elle entra dans une ruelle très-étroite, bordée de chaque côté par une rangée de misérables chaumières en ruines. Elle s'arrêta pendant une'secondeàla porte d'une de ces pauvres demeures , reporta de nouveau ses yeux vers Roland, puis leva le loquet et disparut.

Quelque empressement que mît le page à suivre son guide, son entrée dans la chaumière fut retardée d'une minute ou deux par le loquet qui ne se levait pas à la manière ordinaire, et par la porte elle-même qui ne cédait pas à son premier effort. Un passage obscur avait comme d'habitude, été pratiqué entre le mur extérieur de la maison et le hallaii ou mur de terre glaise qui servait de cloison ; au bout de ce passage et dans le mur de séparation , se trouvait une porte conduisant dans la hen ou chambre intérieure de la chaumière. Dès que Roland Grœme eut mis la main sur celte seconde porte, une voix de femme prononça ces mots :

«1 Benedictus qui venit m nomine Domini, damnandus qui in nomine inimici^ ! » En entrant dans la chambre, il aperçut celle que le chambellan lui avait indiquée comme la mèrelNicneven; elle était assise près de l'humble foyer, mais il n'y avait nulle autre personne dans la chambre. Roland Grœme regarda autour de lui , surpris de la disparition de Catherine Seyton , sans faire beaucoup d'attention à la prétendue sorcière , jusqu'à ce qu'enlin celle-ci attirât et fixât ses regards par le ton avec lequel elle lui demanda : << Que cherches-tu ici ?

— Je cherche, » dit le page fort embarrassé ; « je cherche. . » Mais sa réponse fut interrompue tout à coup : la vieille femme , rapprochant sévèrement ses énormes sourcils gris, en les fronçant de manière à former mille rides sur son front, se leva, et se montrant dans toute sa grandeur naturelle, arracha le mouchoir qui couvrait sa tête ; alors, saisissant Roland par le bras , elle fit deux enjambées par la chambre et se trouva près d'une petite fenêtre à travers laquelle la lumière tomba en plein surson visage. Cette lumière montra au jeune homme étonné la figure de Madeleine Grseme. «Oui, Roland dit-elle, tes yeux ne te trompent pas, ils te montrent vraiment les traits de celle que tu as trompée, dont tu as rempli la coupe d'amertume, dont tu as changé le pain en poison et l'espérance en profond désespoir. C'est elle qui te demande maintenant : « Que cherches-tu ici? » Celle dont le plus grand crime envers le ciel était de t'aimer plus que le bien de toute son Eglise; celle qui ne pouvait sans répugnance t'abandonner môme dans la cause de Dieu; celle-là te demande maintenant : Que cherches-tu ici ? »

Tandis qu'elle parlait, elle tenait son grand œil noir fixé sur le visage du jeune homme, avec l'expression d'un aigle qui regarde sa proie avant de la déchirer en pièces. Roland se sentit incapable de répondre ou d'éluder. Cette enthousiaste extraordinaire avait en quelque sorte conservé sur lui l'ascendant qu'elle avait pris pendant son enfance ; d'ailleurs, il connaissait la violence de ses passions et son impatience de toute contradiction ; et enfin , il le savait de reste , tout ce qu'il pourrait dire neserviraitqu'à la jeter dans un transport de rage. Il gardait donc le silence, et 3Iadeleine Greeme continuait son apostrophe avec un enthousiasme toujours

i B'.ni soit celai qui vient au uom du Seigneur , damne qui vient au nom dj rennemi .'

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