‹ L'abbéChapitre 197 sur 250 · CHAPITRE XXXI. SSÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. SSÎ

— Ah! la dame Fleming, la dam.e Fleming! «dit Cathcrim; en répétant ces mots avec impatience ; « la dame Fleming est une sotte... Elle aime sa maîtresse ; mais elle sait si peu comment le lui prouver que si la reine lui demandait du poison, elle croirait de son devoir de ne pas résister à un pareil ordre-, vraiment je ne sais pourquoi je n'ai point déchiré son bonnet empesé sur cette tête formaliste. On m'aurait plutôt arraché le cœur, à moi, que le nom de Sébastien. Faut-il que ce morceau de tapisserie vivante soit une femme, et n'ait pas assez d'esprit pour faire un mensonge!

— Et quelle est donc celte histoire de Sébastien? demanda le page. De par le ciel, Catherine, vous êtes tout énigmatique.

— Tous êtes aussi sot que Fleming, » reprit l'impatiente fille; « ne savez-vous pas que la nuit où l'on assassina Henri Darnley , et où l'on fit sauter l'Église deField, la reine était absente : elle assistait à une mascarade dans Holy-Rood, mascarade donnée par elle en l'honneur de ce Sébastien, qui était lui-même un serviteur favori, et épousait une des suivantes attachée à la personne de la reine ?

— De par Saint-Gilles I dit le page, je ne m'étonne plus de sa fureur -.je suis seulement surpris de l'oubli qui lui faisait ordonner à lady Fleming de répondre à sa question.

— Je ne puis m'en rendre compte, dit Catherine ; mais il semble que les violents chagrins obscurcissent quelquefois la mémoire, et jettent sur des circonstances passées un nuage semblable à celui que produit l'explosion du canon. Je ne puis pas rester ici, où je. ne suis pas venue pour moraliser avec votre sagesse, mais pour dissiper ma colère contre cette imprudente lady Fleming : et comme je crois qu'elle se passe un peu, j'endurerai sa présence sans être tentée de chiffonner" sa coiffure. En attendant, tenez votre porte bien fermée. . . Je ne voudrais pas pour ma vie que ces hérétiques la vissent dans le misérable état où l'a jetée le succès de leurs complots diaboliques : dans leur hypocrisie ils ne manqueraient pas d'y voir le jugement de la Providence. »

Elle sortait de l'appartement au moment où l'on soulevait le loquet de la porte extérieure • mais le verrou que Roland avait fermé endedansrésista aux efforts de la personne qui voulait entrer.

« Qui est là ? » demanda Graeme tout haut.

« C'est moi , » reprit la voix dure et lente de l'intendant Dryfesdale.

« Vous ne pouvez pas entrer maintenant, reprit le jeune homme. l'abbé. 25

— Et pourquoi ? demanda Dryfesdale : puisque je viens , selon mon devoir , demander ce que signifient les cris qui partent de l'appartement de lareinemoabite. Pourquoi, dis-je, puisque telle est ma commission, ne pourrais-je pas entrer ?

— Simplement parce que le verrou est fermé et que je n'ai nulle envie de l'ouvrir ; j'ai le bon coté de la porte aujourd'hui , comme vous l'aviez hier au soir.

— Tu as tort, insolent jeune homme, de me parler ainsi ; mais j'instruirai madame de ton insolence.

— Ce que tu appelles insolence s'adresse à toi seul en récompense de ta malhonnêteté habituelle. Pour ta dame, j'ai une réponse plus jolie,. . lu peux lui dire que la reine est malade, et ne veut être dérangée ni par les visites, ni par les messages,

— Je vous conjure , au nom de Dieu ! » dit le vieillard d'un ton plus solennel, « de me dire si sa maladie semble s'accroître.

— Elle ne veut recevoir aucun secours de vous ni de votre maîtresse ; par conséquent , partez , et ne vous dérangez plus. . . nous n'avons besoin de rien , et nous n'accepterons aucun service de votre main . »

Après cette réponse positive , l'intendant descendit en murmurant et fort peu satisfait.

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