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CHAPITRE XXXVI

— Madame, répliqua Henri , je suis le sujet du trône de Votre Majesté, fils de l'homme le plus loyal d'Ecosse ; nos biens, nos châteaux sont à vous : mais nous gardons notre honneur. J'en pourrais dire davantage ; mais. . .

Eh bien, poursuivez, jeune présomptueux , dit la reine. A quoi sert que je sois délivrée de Lochleven , si je suis asservie sous le joug de mes prétendus libérateurs^ et que je ne puisse rendre justice à celui qui a aussi bien mérité de moi que vous-même ?

— Ne vous irritez pas à cause de moi , noble souveraine , dit Roland ; ce jeune gentilhomme étant le fidèle serviteur de Votre Majesté et le frère de Catherine Sey ton, ces considérations auront le pouvoir de calmer ma colère à l'instant où elle sera le plus violente.

— Je t'avertis encore une fois, » dit Henri Sey ton avec hauteur, " que tes discours ne doivent pas faire penser que la fille de lord Seyton puisse être jamais pour toi autre chose que ce qu'elle est pour le dernier paysan d'Ecosse. »

La reine allait encore s'interposer , car la rougeur de Roland rendait douteux que son amour pour Catherine pût réprimer la vivacité naturelle de son caractère; mais l'arrivée d'une autre personne, qui jusqu'alors n'avait pas été aperçue,prévint cette intention. Il y avait dans l'oratoire une châsse séparée , fermée par un haut écran de chêne sculpté à jour , dans laquelle était placée une image de saint Bennet, qui était particulièrement révérée. Madeleine Graeme sortit soudainement de cette retraite , où elle avait probablement été occupée à remplir ses dévotions, et s'adressant à Henri Seyton, pour répondre à ses dernières expressions offensantes : '< Et de quelle terre sont donc faits ces Seyton , dit-elle , que le sang de Grœme ne puisse aspirer à se mêler avec le leur ? Sachez, orgueilleux jeune homme,qu'en appelant cejeunehomme le fils de ma fille, j'aflîrme qu'il descend de Malise , comte de Strathern , surnommé Malise-le-Tison-Ardent ; et je ne crois pas que le sang de votre maison sorte d'une aussi noble source.

— Bonne mère, répliqua Seyton , il me semble que votre sainteté devrait vous mettre au-dessus de ces vanités mondaines ; et en vérité il paraît que vos occupations pieuses vous font oublier une chose importante : pour être de famille noble , le nom et le lignage du père doivent être aussi bien qualifiés que ceux de lanière.

-- Et si je dis que , du côté de son père , il sort de la race d'Al'abbé. 27

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