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CHAPITRE XXXVII

les soldats, tant de la cavalerie que de l'infanterie, se missent sous les armes prêts à suivre l'étendard de la reine en ordre de bataille, et à l'escorter jusqu'au château de Dumbarton, pour l'y installer en dépit de l'ennemi.

On passa la revue dans la plaine d'Hamilton, et l'on se mit en marche avec toute la pompe des temps léodâux ; la musique militaire se faisait entendre, les bannières et les étendards étaient déployés, les armures brillaient, et les lances étincelaient comme des étoiles dans un ciel d'hiver. Le beau spectacle de cette pompe guerrière était rehaussé par la présence de la reine, qui, entourée d'un brillant cortège de dames et de serviteurs formant sa maison, et d'une garde particulière de gentilshommes, parmi lesquels se distinguaient Seyton et R.oland, donnait à la fois de l'éclat et de la confiance à l'armée, qui étendait ses immenses lignes de tous cotés autour d'elle. Beaucoup d'ecclésiastiques s'étaient aussi réunis à la cavalcade, et plusieurs d'entre eux ne se faisaient pas scrupule de prendre les armes, et de déclarer leur intention de les porter pour la défense de Marie et de la foi catholique. Il n'en était pas» ainsi de l'abbé de Sainte-3îarie. Roland n'avait pas aperçu ce prélat depuis leur fuite de Lochleven, et il le voyait maintenant revêtu de l'habit de son ordre, et placé près de la reine. Roland se hâta de se découvrir et de demander à Tabbé sa bénédiction.

— Je te la donne, mon fils I dit le prêtre ; je te vois à présent sous ton véritable nom, et sous le costume qui t'appariient. Le casque orné de la branche de houx convient à ton front; il y a long-temps que j'attendais l'heure où tu pourrais le prendre.

— Vous saviez donc d'où je descendais, mon bon père? s'écria Roland.

— Sans doute, mais ta grand'mère me l'avait dit sous le sceau de la confession ; il ne m'était pas permis de faire connaître ce secret jusqu'à ce quelle-môme jugeât à propos de le révéler.

— Et quelle raison avait-elle pour garder un tel secret? ô mon pèrel

— Peut-être la crainte de mon frère, crainte bien mal placée, car Halbertne voudrait pas gagner un royaume s'il fallait nuire à un orphelin ; d'ailleurs, en des temps de calme, même si ton père avait rendu à ta malheureuse mère cette justice que j'attendais de lui, ton droit n'aurait pu balancer celui de la femme de mon frère, qui était l'enfant du frère aîné de Juhen.

— Ils n'ont rien à craindre de ma part, dit Avenel : l'Ecosse est

assez vaste, et il y a plus d'un château à gagner sans ruiner mon bienfaiteur. Mais prouvez-moi, mon révérend père, que je puis me dire le légitime héritier du nom d'Avenel, et je vous serai dévoué pour toujours.

— Oui, reprit l'abbé, j'ai entendu les Sey ton reprocher cette tache à votre écusson. Cependant j'ai appris du dernier abbé Boniface certaines particularités qui pourraient...

— Apprenez-moi cette bienheureuse nouvelle, dit Roland, et ma vie vous sera dévouée. . .

— Impatient jeune homme! reprit l'abbé, je ne pourrais qu'augmenter l'impétuosité de vos désirs en excitant des espérances qu'il me serait impossible de réaliser. Et sommes-nous dans un temps propice pour vous satisfaire? Songez quelle marche périlleuse nous avons entreprise; si vous avez sur le cœur un péché qui ne soit pas confessé, ne négligez pas le seul moment que le ciel vous accorde peut-être, et pour la confession et pour l'absolution.

— Il y aura assez de temps pour toutes les deux, je pense, jusqu'à ce que nous arrivions à Dumbarton.

— Oui, dit l'abbé; mon fils, vous chantez aussi haut que les autres. . . mais nous ne sommes pas encore à Dumbarton, et il y a un lion sur notre route.

— Tous voulez dire Murray, IMorton, et les autres rebelles de Glasgow ? mon révérend père. Bon I ils n'oseront regarder la bannière royale.

— Beaucoup de gens qui devraient être plus sages que toi parlent ainsi, répliqua l'abbé. Je reviens des provinces du Sud, où j'ai trouvé plusieurs chefs de renom, armant pour les intérêts de la reine. J'avais laissé ici nos seigneurs pareils à des hommes sages et prudents; et à mon retour je les trouve fous. Ils veulent, par pur orgueil et vaine gloire, braver l'ennemi, et conduisant la reine comme en triomphe, passer sous les murs de Glasgow pour narguer l'armée ennemie. Le ciel sourit rarement à une telle confiance. On onus attaque et c'est nous qui l'aurons voulu.

— Et tant mieux! reprit Roland, le champ de bataille fut mon berceau.

—Prenez garde, mon fils, qu'il ne soit votre lit de mort, dit l'abbé ; mais à quoi sert de dire à de jeunes louveteaux les périls de la chasse? Yous saurez peut-être avant la fin du jour quels sont les hommes auxquels vous portez un tel mépris.

—Comment? quels sont-ils, demanda Henri Sey ton, qui venait

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