CHAPITRE XIII
l'élection.
QuoiîDagon est encore debout! Je le croyais renverse' sur le seuil pour ne se relever jamais. Apportez une hache et des coins ; aidez-moi, voisins, et faisons de celle idole un fa:;ot pour Thiver. u4tlietstane , ou le Danois converti.
Roland Grasme dormit long-temps et profondément, et le soleil était déjà élevé sur l'horizon, quand la voix desacompagnede route l'avertit qu'il était temps de reprendre leur voyage. S'étant habillé promptement, i! se rendit auprès d'elle , et trouva l'enthousiaste matrone debout sur le seuil, et déjà prête pour le départ. Il y avait dans toute la conduite de cette femme singulière, une promptitude d'exécution et une fermeté de persévérance produites par le fanatisme, qui avait jeté dans son ame de profondes racines, et qui semblait étouffer toutes les idées et tous les sentiments ordinaires de l'humanité. Une seule affection humaine brillait à travers cet énergique enthousiasme , comme les rayons brisés du soleil à tra^ fers les nuages amoncelés d'une tempête. C'était sa tendresse ma- -ternelle pour son petit-fils, tendresse portée jusqu'au délire dans tout ce qui ne touchait point à la religion catholique , mais quî s'effaçait sur-le-champ dès qu'elle était en opposition ou même en contact avec l'idée fixe de son ame, avec les devoirs qu'elle s'était imposég. Elle aurait donné sa vie pour sauver l'objet de son affection terrestre , mais elle eût exposé et sacrifié ce fils lui-même, si elle eût pu acheter de son sang le triomphe de l'Église de Rome.