‹ L'abbesse de JouarreChapitre 55 sur 75 · DEUXIÈME MILITAIRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME MILITAIRE

Vous nous devez vos souvenirs, du Plessis. Vous nous en parlez toujours, sans jamais satisfaire notre curiosité*

LA FRESNAIS.

La vertu humaine, pour éclater dans tout son jour, a besoin de circonstances particulières qui décuplent le bien comme le mal. Il ne faut pas regretter de vivre en ces moments solennels, dûton garder, des batailles qu'on a traversées, de cruelles plaies au cœur. Souvent c'est à ces heures sombres qu'on voit le ciel s'ouvrir. De telles visions ne s'oublient pas. Le cœur en demeure touché pour jamais. On est comme un blessé dont

la blessure se rouvre ; on aime sa blessure, on la caresse.

Il devient rêveur. Ses amis se font signe de respecter son émotion. Surviennent deux nouveaux militaires.

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