‹ L'abbesse de JouarreChapitre 8 sur 75 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Sur un banc, à gauche, le marquis d'Arcy, pâle, se tenant la tfito dans les mains. A côté de lui, le comte de la Ferté. D'autres condamnés vont et viennent lentement: les uns seuls, les autres par groupes. Sur un banc, vers la droite, deux ou trois femmes, vêtues de noir, la figure à demi voilée. Au premier plan, Guillaumin, tenant un trousseau de clefs, et Jacquemet. — Roulement 4e tambour.

GUILLAUMIN

Triste métier, tout de même, que nous faisons là ! Pauvre Plessis ! Depuis quatre ans qu'il est devenu propriété nationale, à quels désolants offices je l'ai vu servir ! Espérons que la nation trouvera de meilleurs emplois pour ses propriétés à l'avo-

HT. Ces murs suintent la mort. Dire qu'on ne va, (Jô chez nous, qu'au tribunal révolutionnaire ou à ] échafaud!...

JACQUEMET.

C'est vrai; je n'ai vu personne sortir d'ici acquitté ou gracié. La porte de notre hangar là-bas ne s'ouvre que pour la charrette qui vient chaque matin chercher sa fournée. C'est horrible !

GUILLAUMIN

Moi, j'ai la conscience en repos. J'étais, depuis dix ans, portier du collège du Plessis ; le collège du Plessis est devenu une prison, je suis portier de la prison. Que pouvais-je faire? Un concierge ne peut cependant pas abandonner la porte qu'il est chargé de garder.

JACQUEMET.

Et moi donc?... J'étais commissaire des prisons du roi. 11 n*y a plus de roi ; mais il y a tout de

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