‹ L'ABC de l'esprit et du cœurChapitre 15 sur 55 · ESPRIT · texte numérisé non relu

ESPRIT

£»«^ Dans kf hnigago Œdmsàn^ les espiesatoft» ée cœur et de courage se confondent afUJo<ird'lM».r^ L'homme d'esprit n'est que l'homme amusant pour la plupart des interlocuteurs.

D'où il suit que le loustic de caserne fourifirait la représentation la plus fidèle du cœur et de l'esprit fondus ensemète.

Cela peul êtoe^^ naisj^'a* hâsle die paaaef h un autre exercice*

E« — L*homm6 qui croirait posséder à lui seul tout l'esprit humain, serait un sot.

L'esprit humain qui croirait constituer à lui seul tout l'esprit du monde^ ne se tromperait pas moins grossièrement.

Il y a donc l'esprit individuel ,

L'esprit humain ,

L'esprit.

E. — Lorsqu'on veut regarder le soleil en face, il faut préalablement noircir les Verres de la lunette.

Lorsqu'on veut se mettre en communication avec l'esprit, il faut que votre esprit individuel ait été ramené a un état vague et diffus par le somnambulisme naturel ou artificiel.

E. — La lumière n'est qu'une modification de l'es*-

prit. Une chambre dans laquelle se trouve un homme

. d'un vaste esprit, n'est jamais obscure absolument.

E. — La lumière n'est pas l'objet qui impressionne le cerveau par les yeux.

La lumière n'est pas non plus l'image qui se pose sur le cuivre ou sur le papier^ dans les épreuves photographiques.

La lumière fixe l'image.

De même l'esprit n'est pas Vobjet qui impressionne le cerveau par les sens.

L'esprit n'est pas Vimage (nos idées sont des images) que l'objet laisse sur le cerveau.

L'esprit détermine l'idée fixe (l'image), et nous en donne autant d'épreuves que nous voulons^ sauf accident.

£. — Que devient l'esprit individuel à la mort de l'individu?

Par la science, du collège, par l'expérience du monde, je ne peux pas le savoir.

Si la mort est une séparation de l'esprit et de la matière, je dis tout bonnement, la matière retourne à la matière, l'esprit à Tesprit.

E. — L'expérience de tous les jours me montre que Ton peut réduire la matière en cendres, ou l'abandonner à la décomposition naturelle.

L'analyse chimique, si pénétrante et si âne aujourd'hui, n'a pas encore rencontré l'esprit dans l'atmosphère ; elle ne l'a pas plus saisi dans les cendres que dans la matière grasse.

Impondérable, invisible, insaisissable: Voilà l'esprit.

E. — L'électricité ne tient aucune place; Tesprit individuel ne tient aucune place dans les corps. Si la pensée tenait de la place dans le cerveau, l'homme le plus inepte ne passerait pas, de la tête, sous la porte Saint-Denis.

E. — Si* donc il y a un inonde des esprits, ce monde peut être partout.

L'esprit d'un individu, à sa mort, peut rester dans la chambre de l'individu.

E. — L'électi?icité fait des choses incroyables; on la dirait animée parfois d'un esprit de înalice infernale.

L*esptit, dans certaines rencontres indépendantes de tous nos calculs , peut causer des étonnemenis d'un otite bien supérieur.

œ. — On va cridr que nous semons la superstition et la peur j mais on crie toujours, et il faut pourtant que le monde continue ou qu*il finisse.

t. -^ Le T, fi. P. Ventura écrivait k M. Eudes de Mireville, auteur du livre : Des esprits et de leurs ma' nifestations fluides, une lettre dont voici uil passage textuel :

t Je ne doute pas que le Dieu de vérité bénisse votre travail. Continuez-le, car il est vaste, et surtout ne vous laissez pas arrêter par cet argument des es-

prits légers: a qu'en divulgant toutes ces choses, vous en favorisez la propagation, qu'il vaudrait mieux les taire; » erreur grossière... Et d'ailleurs il est notoire que tous les cas de folie développés dernièrement au milieu de ces pratiques sont dus à Tenthousiasme irréfléchi succédant à une incroyance absolue, o

M. de Saulcy, membre de l'Institut, écrivait au même auteur :

a Vous désirez que je vous fasse connaître par écrit l'opinion que je me suis formée sur les phénomènes, à tout le moins bizarres, que l'on est convenu depuis quelque temps de désigner sous le nom de phénomènes des tables tournantes et parlantes. Je ne suis pas homme à reculer devant renonciation de ce que je crois une vérité, quels que puissent être d'ailleurs les sarcasmes réservés à cette espèce de profession de foi; je vais donc satisfaire votre désir.

a Je crois à l'existence de faits que souvent notre volonté ne saurait produire, et sur lesquels néanmoins je déclare que cette volonté a parfois une action palpable. Je crois à l'intervention d'une intelligence différente de la nôtre, et que mettent en jeu des moyens presque ridicules. Je crois que la religion chrétienne ne doit pas encourager la pratique de ces expériences. Je crois qu'il y a danger à en faire une habitude et qu'à tout le moins on peut y perdre aisé-

ment le peu de raison qui a été départi à l'homme par le dispensateur de toutes choses. Je crois enfin que le devoir de l'honnête homme qui a étudié ces phénomènes est de dissuader les autres de s'en occuper, en prêchant d'exemple et en ne s'en occupant plus du tout soi-même. »

E. — Les anciens donnaient un esprit à la matière; ils animaient spirituellement les arbre^ et les pierres. Chez nous^ aujourd'hui , nous tendons à matérialiser resprit,Jorsque nous forçons l'art à ne point dépasser les bornes du réalisme.

C'est le réalisme qui fera la fortune du spiritisme. En effet, lorsque la sculpture, la peinture, la littérature exprimeront le fait, sans idéal aucun, l'humanité ira chercher l'esprit et le spiritualisme où il est, c'est-à-dire dans l'esprit, dans les esprits.

Le spiritisme est la doctrine de notre individualité intellectuelle après la destruction de notre individualité organique et animale, après la mort enfin!

Y a-t-il un monde des esprits?

Ce inonde est-il en relations avec l'humanité ? Pourquoi ?

Comment ?

Qui mourra verra, et qui vivra saura, car poiî3 touobops h des choses nouvelles*

E. — Las de regarder au milieu du magnifique développement matérialisme qui nous environne, l'homme recommencera de croire.,,

A des choses nouvelles?

NoHi h des choses apcienne$ négligées , ou-* bliées^ etc., car la machine à vapeur n'est que le pot au feu repris en sous-œuvre, et de plus haut»

LE LOGEMENT — LA NOURRITURE ET LE VtTEMENr

E» — On disait de nos aïeux : c Us chantent, mais ils payeront, t L'humeur n'est plus de notre temps à chansonner les griefs, les maux et les abus, s'il en existe. Chacun les énumère, les' suppute, et les im**pute à qui de droit, mais sans fredonner, sans rire. Nous payons tout de môme, bon an, mal an.

C'est le progrès : il n'est pas gai tous les jours. Parfois, môme il a l'air d'une divinité païenne, dans le genre de Saturne : il mord ses pauvres enfants.

A défaut de refrain, il existe une complainte qui court les rues, en manière de scie. Les orgues ne la jouent pas, parce qu'ils ne sont pas complètement do Barbarie.

Écoutez -la : ^ Trop cher; écoutez encore — Trop cher ; écoutez toujours : — Trop cher.

Cette poésie est paurre ; elle a par conséquent droit au respect des honnêtes gens.

^ Mais de quoi s'dgit*il; dans votre complainte^ et de quoi se plaint-on?

- Du prix des loyers.

— Mes amis (mes amis^ c'est le nom de la foule à certains jours), je m'en doutais bien. Mais vous connaissez les proverbes populaires :

cr On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs; » « Il faut souffrir pour être beau, b Or, on vous fait un Paris neuf, un Paris magnifique.

— Causons du loyer, mdrbleu !

— Mes amis, ne jurez pas; car si votre propriétaire allait aux renseignements et s'il apprenait que vous jurez, que vous buvez pur, que vous mettez un chapon dans vos salades, il vous interdirait sa maison.

— Au diable! lui et sa maison.

— Il est peut-être au diable, mais sa maison est à lui. Tâchez de vous y faire admettre; pour cela, soyez plutôt veuf que marié ; n'ayez pas d'état ; annexez une campagne à votre logement, si vous aimez les animaux; réalisez enûn le plus possible et de votre mieux, ce type du Parisien de l'avenir...

— Quel type? Tenez, vous me faites, avec vos phrases, l'effet de rêver un Versailles à la place de

notre Paris; voulez-vous donc une ville de marbre pour des filles de marbre, une ville didactique pour des hommes de carton.. . ?

— Mes amis, vous faites du tapage et cela nous mènerait droit au poste. Je vous salue... (A la canto* nade ;) Brutes !

— Gandin !

E. — La situation respective du propriétaire et du locataire, peut se définir en deux mots: chien et chat. Ce qui faisait dire à un pessimiste de mes amis: € Les chiens et les chats ne sont plus tolérés dans les maisons, depuis que le propriétaire et les locataires suffisent à la mésintelligence domestique.

Cela ne peut durer, eût-on écrit jadis à ce propos; malheureusement cela peut durer, mais cela devrait bien finir.

— Mais comment finir î

— Vous m'en demandez bien long. L'homme qui appelle purement et simplement la diminution du prix des loyers ressemble à celui qui, fourvoyé dans la foule, accuse son voisin le plus direct de l'écraser. Eh ! mon cher, la pression vient du dernier individu

qui se met à la queue; elle augmente et se multiplie par la masse, 8i le loyer est cher c'est que le resta n'est pas bon marché... {A la cantonade ;) Anes.

^ Comparaison n'est pas raison ; il vou3 conviendrait d'embrouiller les choses ; mais nous ne sortirons pas de là : trop cher... (A la cantonade:) Accapareur I

E. — Ce n'est pas tout plaisir, ce n'est pas tout profit de loger les autres; on fait plus vite et plus agréablement fortune à les nourrir. Je veux que mon fils soit restaurateur, limonadier, qu'il soit de la partie de Testomac enfin. C'est encore le moins ingrat de tous les organes : Duval l'a bien compris.

— Mon dîner, je le choisis, je le discute tous les jours; je fais gras ou maigre ; à la rigueur, je me contente d'un cure-dents, soutien de l'amour-propre.

Si je dîne en ville, c'est un profit; mais j'ai beau resler huit jours dehors, découcher tout le trimestre : il faut payer le loyer , et l'on se trouve mal noté pardessus le marché. Le boucher fait crédit, le boulanger fait crédit, l'épicier aussi ; le propriétaire, jamais.

Entre le logement et la nourriture, Timpopularité ne sera jamais la môme à cherté égale.

Mon dîner, je remporte avec moi, en sortant ; il me donne la force, la bonne humeur ou la philosophie; il est de moi, il est moi ; il devient la chair de ma chair et l'os de mes os.

Mon logement, je le quitte pour aller au travail, aux affaires, aux spectacles, à la promenade. Lorsque je le retrouve, et avant de le retrouver, je dois monter beaucoup d'étages qui le font maudire, sinon par moi, du moins par ma femme, par ma belle-mère.

Et puis ce logement, je le quitterai un jour ou l'autre pour une cause ou pour une autre.

— Vous changez bien d'habit qui vous quitte, lui, et de force, si vous ne le quittez pas à temps et de bonne volonté ; cela n'empêche pas les tailleurs de jouir de votre estime.

— Mon habit me fait honneur au dehors; il augmente ma bonne mine. Je le retourne, je le vends, je le donne; je l'ai payé quelquefois à tempérament, ou je ne Tai pas payé du tout. De le la possibilité de mon estime pour le tailleur : il consent à rester mon créancier et à m'attendre... sous l'orme. (A la can^ tonade :) Crétin.

— Et ceux qui payent honnêtement payeront en même temps pour vous.

— Cest de la solidarité^ du moins.

— Quel malheur^ on effet, que le premier étage ne soit pas exposé à répondre pour tous les autres. (A la cantonade ;) Bohême I

MONOLOGUE DFJ PROPRIETAIRE.

E« — Il rentre du spectacle, et il demande pourquoi le gaz n'est pas éteint, et si tout le monde est rentré ou sorti dans la maison.

Le concierge répond qu'il y a une petite soirée au quatrième.

Il n'y a que les gens de cette hauteur pours'amuser, réfléchit-il intérieurement; et il se propose, intérieurement aussi, de les augmenter.

Puis il se couche, prend d'une main un journal de la veille, éteint bientôt sa bougie de l'autre, et se met à penser pour s'endormir.

Sic :

Il n'y a de vraiment heureux que l'argent: il fait ce qu'il veut, quand il veut, comme il veut. Seul il

jouit véritablement de Dieu et de la liberté; car il pratique la déflance ou la confiance selon les cultes^ les constitutions, etc., etc.

Imaginez un peu jusqu'où va la prévention publique à son égard ?

Si je m'avisais de refuser asile à mes locataires, parce qu'il pleut justement, parce qu'il fait froid, je serais un homme pendable, on me mettrait au ban de rhumanité.

Plus les temps sont difficiles, malheureux, au contraire, et plus l'argent est bienvenu à se refuser; on dit de lui : Il est sage, il est prudent, et on l'honore d'autant pour ses vertus.

Il est là, dans sa cave, crevant les sacs, et il répond, — quand il répond, — à ceux qui l'implorent : Je n'y suis pas; revenez quand vous n'aurez pas tant besoin de moi.

Le public trouve cela tout simple.

Un homme vient; il examine la convenance d'un logement, il en débat le prix. Je crois qu'il est seul ou à peu près. Le jour de l'emménagement arrive : cet homme, c'était la mère Gigogne, il remplit ma maison. Chaque être imprévu est un ennemi pour moi, un démolisseur, un briseur d'ornements et d'images.

Viens, expropriation pour cause d'utilité publique I

que je te presse dans mes bras ; que je te serre sur mon cœur et dans ma poche t

RÉP0N3E DP l'expropriation POUR CAUSÏ5 P'CTIWTÉ PUBLIQUE.

E« — On m'accuse de la cherté des loyers, et toimême, toi qui m'implores, tu accrédites la calomnie.

Qu'ai-je fait, en réalité ?

Les économistes étourdissaient la Providence à crier, — et vous savez s'ils ont la voix légère :

a Les propriétaires empruntent à sept et demi.

» Il se fait en France deux cent cinquante mille prêts hypothécaires de 300 francs et au-dessous, dont la plus longue durée est de deux ans.

> L'hypothèque est une ruine permanente, etc. »

D'un autre côté, les hygiénistes ne cessaient d'appeler a l'élargissement des rues, l'assainissement des maisons, » etc. , etc.

J'ai voulu en finir, et pour cela j'ai commencé.

J'ai mené violemment un certain nombre de propriétaires à la délivrance.

J'ai fait rembourser avant l'heure des créanciers qui craignaient de n'être pas payés à jour fixe.

J'ai attribué à la propriété toute sa valeur primitive, augmentée de la plus value acquise, et je les ai converties en valeurs circulant et ayant cours,

J'ai montré combien il était facile de simplifier par la pratique tout le régime hypothécaire, si ardu, si rébarbatif sur le papier et dans les livres.

En effet, quel est le créancier, quel est le tiers, quel est le mineur, etc., etc., qui peut se plaindre do moi?

Enfin, j'ai rempli les véritables conditions du crédit, si cette définition du crédit est vraie i a Une tend pas à multiplier les capitaux ^ il a pour effet unique de rendre plus constant, plus général et plus rapide l'emploi des capitaux qui existent, » (J. B. Say.)

Vous m'appelez: tout Paris m'appelle, m'admire et me hait. Je me rends aux vœux d'un grand nombre; mais personne ne reconnaît ma haute fonction économique. Je suis la délivrance, avec intérêts, arrérages, indemnité ; la délivrance du passé pour le débiteur et le créancier; la liberté du lendemain pour le créancier et le débiteur.

Je ne refais pas Paris : je l'invente.

Si je pouvais f^ire pour le sol ce que j'ai fait pour

la propriété foncière, la question du crédit agricole ' serait bien avancée.

Tu m'appelles, propriétaire du vieux Paris; je viendrai le plus tôt possible.

Mais j'ai une pour...

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