BOURSE
Si. — Il nous est arrivé d'écrire dans un livre intitulé U Bourse et la Vie :
a On jase beaucoup trop de la Bourse ; cela finira mal pour elle. » En effets cela a non -seulement mal fini, mais cela est même fini tout à fait pour elle.
Certaines gens jouent jusqu'à une certaine heure, font charlen^agne et disent bonsoir à la compagnie. Ils appellent cela être rangé, se coucher de bonne heure.
Les victimes s'arrangent là-dessus, comme elles peuvent La suppression brutale, absolue des jeux de Bourse ressemblerait de loin à la moralité ci-dessus.
Le progrès n'avait pas permis de conserver la loterie. Fi donc ! un jeu dans lequel le hasard est tout!
Aussi (es personnes les plus déshéritées du sort avaient-elles pris le chemin de la Bourse. Supprimez un exutoire et vous avez une plaie affreuse.
Un jour, du temps de la coulisse, je n'étais pas entré à la Bourse, je n'avais pas lu la cote, et à la fin d'un petit dîner, j'étais inquiet à l'endroit du cours des fonds publics et particuliers.
— C'est terrible, dis-je eu descendant l'escalier, à l'ami qui me reconduisait vers la petite Bourse du soir, au boulevard des Italiens,c'est terrible de se présenter à la coulisse quand on ignore ce qui s'est passé sur le théâtre.
— Permets; si j'ai bien compris, tu voudrais savoir s'il y a eu hausse ou baisse aujourd'hui ? Je vais ie le dire. Et il s'écrie pour sortir :
— Cordon I s'il vous platt?
La porte reste close.
Mon ami crie de nouveau en renforçant sa voix :
— Cordon ! s'il vous plaît ?
La porte ne bouge pas.
— Mon cher, il y a eu baisse et baisse assez forte. Mon concierge joue et achète toujours, comme les gens qui possèdent peu. Il n'ouvre pas, il a de l'humeur pour 20 centimes au moins ; 10 centimes par chaque: Cordon! s'il vous plaît? resté sans réponse.
En effet, la rente avait baissé d'un quart.
B.'— La Bourse, prise à haute dose, tue commç le poison.
B. — Bourse, tombeau de famille.