FORMES CLINIQUES
Nous sommes amenés à distinguer d’après les résultats des autopsies, deux catégories d’abcès : les petits multiples et les gros abcès. Mais si nous essayons de dresser pour chacune un tableau clinique spécial, nous éprouvons un réel embarras.
Peut-être dans le cas d’abeès multiples, le foie paraît peu augmenté de volume, la douleur est-elle beaucoup moins précise, la fièvre plus élevée: dans le cas de gros abcès le foie devrait au contraire être volumineux, la douleur bien localisée. En réalité, les distinctions que nous pourrions faire seraient erronées, plus théoriques que cliniques, aussi nous nous abstiendrons, malgré notre désir.
Constatons’ seulement que les gros abcès entraînent souvent des complications pulmonaires ou d’autres complications par migration, tandis que les petits SACCOMpRE gnent plus souvent d'insuffisance hépatique. ë
* Les abcès à évolution supérieure S’accompagneront de signes pulmonaires.
Les abcès à évolution inférieure se traduiront surtout par la déformation du bord inférieur du foie et parfois : par une masse presque indépendante le prolongeant.
Les abcès antérieurs superficiels entraineront une voussure de la paroiï et seront les plus sensibles à la palpation.
Les abcès postérieurs seront très difficilement reconnus; posant le diagnostic avec le gros rein.
ÉTIOLOGIE
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Chez l’enfant, les abcès du foie, bien qu’assez rares, ne sont pas exceptionnels. LEBLOND, dans sa thèse, (Paris, 1902) en cite 45 cas. LEGRAND (1906) 112-cas, SEITZ (1924) 140 cas. |
Leur origine ascaridienne n’est pas fréquente :.
— LEBLOND : 8 cas, soit 18 %:
— LEGRAND : 13 cas, soit 11,6 % ;
— SEITZ : 14 cas, soit 10 %.
Si nous éliminons les cas où l’origine ascaridienne est discutable : pas d’ascaris dans le foie, les modifications suivantes doivent être apportées aux statistiques :
LEBLOND : 3 Cas (au lieu de 8) sur 45, soit 6,66 %;
LEGRAND : 8 cas (au lieu de 13) sur 112, soit 7 %;
SEITZ : 9 cas (au lieu de 14) sur 140, soit 6,4 %.
Mais l'infestation par les ascaris étant plus fréquente dans les cinq premières années de la vie (pour RAILLET, 20 % des enfants de 0 à 5 ans en sont atteints), il en résulte que les cas d’abcès de cette origine seront relativement plus nombreux à cette période de la vie. Cest ce qu’indique le tableau des cas d’abcès ascaridiens classés suivant l’âge :
Moins Ua. ee 0 cas APS AAA Me do more 2:cas er 8 ans 2. jupes. 4 cas de 0 AL ANS A ur Mer du 2 cas
de dE SANS 2 dame 3 cas
de 5 a 6 ans 7 im 1 cas détb à 7 ans. RU 2 cas der'a 8 ans. 7,12 Some 2 cas de 8:à 12 ans... 407, 0 cas dé t2 à 13 ans: Penn, 1 cas de 13 à:14 ans :.: 0:80 01.10" cas DE ARS, SN LEA HR EURES 1 cas
Sur les 56 cas de véritables abcès ascaridiens recueil-
“lis, nous en avons trouvé 12 cas (en y comprenant notre
cas personnel) chez des enfants de 0 à 5 ans, soit plus de 21 %.
A propos de notre cas, il faut noter la relative fréquence de l'affection dans certaines régions, particulièrement dans les régions où le sol est imperméable, com-
. me en Sologne, où l’eau ruisselle à la surface du sol et où le tas de fumier est toujours près du puits peu pro-
fond. *
L'origine de ces abcès est dans l'ascaridiose intestinale. Les ascaris sont en grand nombre dans l'intestin grêle et en situation haute (duodénum, estomac), ce qui se manifeste par l’expulsion de vers au cours de vomis-
sements.
La larve provenant de Péclosion de l’œuf dans l’intestin grêle, gagne obligatoirement le foie d’après les travaux de STEWART, RANSOM, FOSTER, FULLEBORN, BRUMPT, mais elle ne peut se développer sur place pour donner naissance au ver adulte comme le pensait BORGION: et VircHOW, elle doit effectuer un cycle, passer par la voie veineuse sus-hépatique, le cœur droit, les artères pulmonaires, le poumon, remonter l’arbre bronchique, être rejelée avec les mucosités, puis déglutie et ne devenir adulte que dans l'intestin et c’est cette forme seule qui, remontant le cholodoque, puis les canaux biliaires intrahépati-
‘ques, déterminera la formation d’abcès. FULLEBORN pense
que ce sont les vers jeunes qui abordent les voies biliaires, leurs dimensions leur permettant de circuler facile-
D S0 ne
ment sans provoquer des troubles réflexes et de remonter dans des ramifications très étroites. Ils pourront ensuite se développer au sein de ces ramifications et des cavités qui se seront formées, ce qui explique que dans les abcès nous retrouvions à la fois des petits et des gros vers.
De nombreux auteurs se sont demandés pourquoi le parasite intestinal s’engageait ainsi dans l’arbre biliaire. WIerxs pense que c’est le manque de nourriture dans l'intestin. BORGER que l’abondante sécrétion déterminée par les vers dans l'intestin les font fuir; VIERORDT pense qu’ils essayent d'échapper à l'acidité de l'estomac et du duodénum; Kaiser, Myaki et nous-même, dañs quelques observations, avons noté une aggravation de l’ascaridiose et des cas d’ascaridiose biliaire à la suite de cures d’anthelminthiques, peut-être l’action chimique de ces substances a-t-elle déterminé la migration. DEMATIES pense que la température de (37° à 40°) favorise les mouvements du parasite.
LEUCKART a remarqué que ces nématodes ont ten-. dance à s’engager dans les anfractuosités et les diverticules. On a retrouvé au cours de diverses autopsies des ascaris dans l’appendice, le canal de Wirsung, le cholédoque, le duodénum et l'estomac. Ces localisations hautes paraissent réalisées surtout dans les infestations abon-
dantes.
Remontant ainsi le cholédoque, s’il est de petite taille, le ver s’engagera dans les fines ramifications, s’insinuant jusque sur la surface du foie où on le rencontre fréquemment.
Comment y déterminera-t-il ces abcès ? Le mode de formation a été longuement discuté. On a incriminé successivement l’appareil de succion des ascaris (LAEMER, LEUCKART), l’action directe locale et prolongée de ces vers vivants (SCHEUTEUER), leur action chimique (Hu- BER).
Aujourd’hui, on considère les ascaris comme agents