DETTE
tumeur, ou, plus exactement, agit vis-à-vis du cerveau comme le ferait une tumeur. Plus il sera développé, plus le ralentissement du pouls sera considérable ; cela exphique que beaucoup d'auteurs, ayant trouvé ce signe absent : dans certains cas d'abcès du cerveau de faible dimiension, aient voulu leur supprimer toute confiance en le déclarant des plus inconstants. Nous croyons pouvoir poser ce principe : chaque fois que, chez un malade, on constatera une lésion de l'oreille et du ralentissement du pouls, 1l faudra penser à un abcès du cerveau.
f) Respiration.
‘£a respiration, au contraire, reste normale la plupart du temps, un peu superficielle, mais régulière. Ce n’est que vers la fin qu'elle devient inégale el prend le rythme de Cheyne-Stokes.
g) Troubles oculaires.
On peut observer fréquemment et on doit rechercher avec soin des troubles oculaires. Certains auteurs en font même un signe constant d’abcès cérébral. Ainsi, Schon (1) prétend que l’altération ophtalmoscopique dans une suppuration de l'oreille est l'indice d’un abeès du cerveau. Pour lui, ce signe ne manque jamais. C'est également l'avis de Dercuin (2.
Telle n'est pas l'opinion de Ferreri (3), qui, d'après
(4) Schon. — Sur les altérations ophtalmoscopiques dans les affeclions ondo-craniennes d'origine otique. (Hospital Stidente, 1941, n° 36-38.)
(2) Dercuin. — Diagnostic de localisation de l'abcès du cerveau, (Annales oto-rhino-laryng., 4 juin 1912.)
(3) Fond d'œil dans les complications intra-craniennes otogènes. (Atti clinica, Rome, 10° année, 1918.)
Pis
ses expériences personnelles, prélend ne les avoir rencontrées que dans le tiers des cas On peut noter de l'inégalité pupillaire. Tantôt la pupille du côté malade est dilatée (Shieldo, Chauvel, Talamon, Polo), tantôt elle est rétrécie (Wels, Gowers et Barker). Tantôt les deux pupilles sont égales.
Le malade présente parfois des troubles du côté des muscles de l'œil par paralysie du moteur oculaire commun. L'oculaire externe est moins souvent touché, et, lorsqu'il l'est, on peut affirmer que l'on se trouve plutôt en présence d’un abcès du cervelet. On peut noter enfin de la photophobie.
Mais les lésions du fond d'œil sont de beaucoup les plus importantes.
Résumons l'opinion de Ferreri. La pupille étranglée, dil:1l, liée généralement à des troubles de la circulation, est plus fréquente; la neuro-rétinite se rencontre plus ordinairement dans les abcès cérébraux; la lésion est bilatérale et plus marquée du côté atteint. Enfin, dans les méningites diffuses, on rencontre la papille de stase aussi bien que la neuro rétinite.
Ce dernier signe de la stase papillaire a été particulièrement bien étudié par Dupuy-Dutemps dans sa thèse.
On observe, à l'ophtalmoscope, un rétrécissement des artères et, au contraire, une dilatation des veines de la papille qui deviennent tortueuses. Les limites de la papille deviennent floues. Le nerf optiquesemble soulevé el sa structure en fibres rayonnantes paraîl plus accusée. On peut noter aussi des hémorragies en flammèches.
Toutes ces lésions peuvent évoluer lentement et durer des mois et des années. Mais elles amènent des troubles de la vision, pouvant aller du rétrécissement du champ visuel jusqu'à la cécité Quel est le mécanisme de ces
RD lésions? Dupuy-Dutemps met en cause l'hydrocéphalie. « Le nerf optique est entouré d’une gaine formée par un prolongement des méninges. La dure-mère, au niveau du pôle postérieur de l’œil, va se fusionner avec la sclérotique. La pie-mère et l'arachnoïde, distinctes jusqu'au point où le nerf pénètre dans le globe oculaire, se fusionnent à ce niveau. Entre les deux gaines piale et durale se trouve un espace intervaginal, divisé lui-même en deux et terminé en cul-de-sac au pôie postérieur de l'œil par la soudure des feuillets de la pie-mère et de l’arachnoïde. En arrière, il se continue avec les espaces arachnoïdiens et sous arachnoïdiens. Lorqu'il ÿ a hypersécrétion du liquide céphalo-rachidien, il y a hypertension dans cet espace Intervaginal, d’où les signes de la stase papillaire. » (Wicart.) Dès que, par la ponction lombaire ou l'évacuation de l’abcès, on a ramené le liquide céphalo-rachidien à sa tension normale, on voit disparaître tous ces troubles.
Quelle importance faut-il attribuer à la stase papillaire ?
Certainement, sa présence indique une lésion intracranienne, mais pas davantage Ce n'est pas ce signe qui nous permettra d'établir si nous avons affaire à une méningite sérieuse, à une thrombose du sinus, à un abeès du cerveau. Malgré ce, et malgré ces circonstances, il faudra le rechercher toujours avec soin, puisqu'il indique l'existence d’une lésion intra-eranienne. Disons enfin, pour clore ce paragraphe des phénomènes d'hypertension, que celle hypertension peut conduire brusquement ou progressivement {c'est le cas le plus fréquent, nous semble-t1l}, le malade au coma.