PRONOSTIC
Le pronostic des abcès du cerveau est généralement grave. Si l’on consulte les diverses statistiques, on trouve, suivant les auteurs, des différences assez sensibles. Ainsi :
Heine a obtenu la guérison dans 21,43 ‘/, des cas
Hegener —- — — 36 °/o Heimann —- — . 23 ‘/, — Winsberg — — . ROBE Kœrner — — — 292 — Smiegelow — — - 38°}, —
Dans les cas opérés, la proportion de guérisons serait de :
MACON ETES: 20 me AI O0 Broca et Maubrac. . . . . . 50 Hammerschlag 22-0049) Oppenheim et Ropke. . . . . 40 , RANGER ERA ER Michælsenes OMR )7 0 R
En tenant compte du mode opératoire, on arrive avec Kœrner aux conclusions suivantes :
1° L'agrandissement d'une fistule osseuse traversant la paroi latérale donne 70 */, de guérisons.
2 L'opération par la voie squameuse donne 48 ?} de guérisons.
3 L'opération par la voie mastoïdienne donne 58 °/, de guérisons,
4 L'ouverture mastoïdienne avec contre-ouverlure squameuse donne 84,6 ‘/, de guérisons.
La statistique récente de Moulonguet, recueillie dans son exellente étude, diffère sensiblement de la précédente.
Il obtient les chiffres suivants :
Opérations par la voie mastoïdienne. . . . . . 37,9 °/.: — 5. MIRÉO AMIE OP MECRIOR ES — — récailleusé Meter Dee
= — mastoïdienne avec contreouverture écailleuse.... 66,6 °/,
Mais toutes ces statistiques de guérisons donnent une image peu fidèle parce que les insuccès ne sont pas pu- : bliés, etles statistiques des cliniques ou des opérateurs n'ont de valeurjqu'autant qu’elles tiennent compte de tous les cas opérés ou du moins d’une série ininterrompue de ces cas.
Quoi qu'il en soit, voici, au point de vue pratique, les éléments sur lesquels on pourra se baser pour formuler un pronostic :
Si l’évolution est aiguë, le pus fétide ; si l'on trouve de la polynucléose du liquide céphalo-rachidien, avec, dans le pus, des streptocoques et des anaérobies : pronostie défavorable. |
Si l’'abcès manifeste une évolution chronique, avec présence d'une capsule et présence, dans le pus, de diplocoque ou de pneumocoque : pronostic favorable.
Tout cela, bien entendu, est relatif, et souvent le malade dont l’abcès a été évacué succombe plus tard à une
= RS encéphalite, à un second abcès oublié et qui s'accroît progressivement.
Ces faits-là ne sont malheureusement pas rares, et, somme toute, on reste frappé de la gravité du pronostic qui tranche singulièrement avec le peu de gravité de l'opération palliative : l’évidement pétro-mastoïdien, qu'il suffit de pratiquer pour éviter l’abcès cérébral. Aussi, ne saurait-on engager avec assez d'énergie les vieux otorrhéiques à subir un moindre mal pour en éviter un
plus grand.
AN