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il contracte ume angine qui nécessite son admission à l’infirmerie, Venu à la consultation d’oto-rhino-laryngologie le 29 mars 1915, on Jui enlève un polype de la caisse du tympan. Après quelques jours, le malade se plaignant encore, on l’hospitalise le 19 avril 1915. |
Examen de l’oreille gauche. — Le tympan est détruit, un polype fongueux remplit la caisse; pas de douleur spontanée ou provoquée.
A la date de son admission, le malade présente une température axiüllaire de 39°4. La fièvre date déjà de quelques jours. Il ne peut marcher ou se soutenir seul.
Le 20 avril. — Opération par M. le professeur Hédon, évidement pétro-mastoïdien. Anesthésie à l’éther, pas de vomissements post-cpératoires. L'opération se fait et se termine normalement. On trouve beaucoup (de fongosités dans la caisse; pas de pus, un peu d’ostéite dans la région antrale. Cependant, on ne peut rien noter du côté de la paroi ‘nterne de l’antre. Pas de fistule apparente du côté de la cav'té cranienne.
21 avril. — La fièvre tombe à 36°7, puis remonte l’après:midi à 37°7.
22 avril. — La fièvre oscie entre 37°7 et 38°2,
DS tale LE ;
24 avril — a —
25 avril — — —
26 avril. — 37°2 le matin; 38° le so. Apparition du signe de Kernig at raideur (de la nuque. On met une vesse de glace sur la tête.
27 avril. — 3997, On fait une ponction lombaire et on enlève 10 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien. A l’examen, on trouve le liquide légèrement louche avec de nombreux polynucléaires. Pas de microbes. La température tombe à 37°.
28 avril. — 38°7-38°4. Pouls à 68. Nouvelle ponction lombaire et injection intra-rachidienne d’électrargol. Trois vomissements verdâtres dans la nuït.
29 avril. — 39°2. Pouls 60! légàre arythmie, Pas de vomissements. Depuis l’opération, le malade n’a pas cessé de souffrir, On fait une troisième ponction lombaire avec injection intra-rachi-
dienne d’électrargol, Injection sous-cutanée d'huile camphrée et
d’éther. ;
30 avril. — Température, 38°. Céphalgie diminuée. Huile camphrée.
1e mai. — Température, 37°5. Légère céphalalgie. Le malade repose la nuit, mais se plaint de douleurs dans les jambes.
2 mai, — Température matin, 38°2; soïr, 38°4.
3 mai. — Température matin, 38°; soir, 37°7 Céphala'gie plus violente.
4 maë. — Température matin, 37°2; soir, 37°2. Pouls, 52. Vomissements - consécutifs probablement à une injection de morphine.
5 mai, — Température matin, 37; soir, 37°3. On fait une quatrième ponetion lombaïre. Le liquide sort sous pression. Examen du liquide : clair, nombreux polynutléaires ; pas de microbes à l'examen direct, résultat négatif de la culture sur agar-ascite fafte le 27 avril. .
6 mai. — Température matin et soir, 37°. Pouls, 48. Violente céphalalgie, Nouvelle ponction lombaire. Lie liquide sort avec une pression moindre, On donne au malade du bromidia.
7 mai. — Température matin et soir, 37°1. Pouls, 54. Céphalalgie diminuée. PS
8 mai. — Température, 37°. Pouls, 56. Le malade repose bien la nuït.
9 mai. — Vers 7 heures du soir, le malade a une violente erise
nerveuse: il veut sortir du lit, se plaint horriblement de la tête, dit qu’il va mourir et devenir fou. On lui donne du bromidia : il repose jusqu’au matin. | 10 mai. — Température matin, 366; soir, 37% Pouls, 52. Journée relativement calme. Le malade mange et digère bien. Pansement à 6 heures du soir. Lie malade: se plaint de beaucoup souffrir de la tête: pas de pus. Plaïe en bonne voie de guérison. Pansement, À ce moment, le malade s’agite et parle beaucoup. On le remet au lit, A 8 heures, nouvelle période d’excitation pendant laquelle le malade arrache son pansement et veut sortir du lit. Son regard est fixe. On lui donne du bromidia,
il le vomit. Il s'endort vers 10 heures du soir; le reste de la
nuit est calme.
11 mai. — Température, 36°9. Pouls, 56. On fait un examen
du fond d'œil et on observe die la stase papillaire. Le malade présente de la photophobie.
12 mai. —— Journée calme.
13 mai. — Journée calme également.
14 mai. — Nuit très agitée. Le malade prononce des paroles
imcohérentes. Température, 36°8. Pouls, 60. Supposant l’existence d’un abcès cérébral, on décide d'opérer le malade à nouveau et de faire une craniïectomike (dans la fosse temporale et ume ponction cérébrale. L'opération est faite par MM. Hédon et Mouret. Le malade supporte admirablement l’anesthésie à l’éther. La plaie opératoire, faite précédemment, paraît en bonne voie de cicatrisation. Réouverture de la plaïe et mise à nu de l’antre qui avait été déjà entièrement ouvert. On y trouve quelques fongosités et on fait sauter au ciseau la paroi supérieure de l’antre. Mise à nu de la dure-mère. L’encéphale ne présente pas de battements. On agrandit toute la paroi supérieure de l’amtre, de l’aditus et de la caisse. Alors, on voit ume fistule de la paroi supérieure de l’antre à travers laquelle passent des fongosités qui sont adhérentes à la dure-mère. Après le nettoyage de la cavité osseuse, on découvre, en outre, une fistulette du canal semi-circulaïre externe. Avec le tranchant de la gouge, on racle doucement le relief formé par ce canal; l’os est mou, friable, se laïsse facilement entamer et la fistule est aussi agrandie. Pas de pus sortant par cette fistule. Ce devait être là l’origine des symptômes d’irritation labyrinthique perçus par le malade au début de la maladie. Ponction du cerveau (lobe temporal) avec un trocart qui est enfoncé à 1 centimètre et demi À l’alde d’une seringue aspiratrice, on ramène 7 à 8 centimètres cubes de pus jaune verdâtre. On fait une incision en croix de la dure-mère qui est adhérente à l’encéphalle. Les branches de l’incision en croix sont de 1 centimètre et demi. Entre-bâillement des lèvres de la plaie avec une pince à forcipressure dont on à écarté les mors. I] sort un flot de : pus abondant. épais, très fétide, environ deux verres à liqueur, avec des grumeaux de matière cérébrale sphacélée. Quand le pus
ne sort plus, on introduit une mèche de gaz ioco formés . plaie. Tamponnement de la cavité osseuse avec des mèches stêrilisées.
Avant l'opération: pouls, 52.
Immédiatement après la ponction: pouls, 120.
Dans la journée: pouls, 80.
L'examen du pus montre de très nombreux streptocoques.
15 mai. — Le malade passe une très mauvaise nuit. On lui donne des comprimés de pantopon et du bromidia. [1 souffre beaucoup et fait des efforts pour vomir. Température, 36°8. Pouls, 54. Sérum artificiel par le goutte à goutte. On fait le pausement. La plaie a saigné, mais pas de pus. On décolle la gaze à l’eau oxygénée. On enlève les mèches qui n’adhèrent que faiblement. Avec une pince, on tire sur la mèche iodoformée placée dans 1'encéphale; du pus apparaît en petite quantité. Avec une seringue et un embout en caoutchouc, on injecte dans la plaie une solution de permanganate de K. Il sort de petits grumeaux de pus. La plaïe saigne; on tamponne et on remet deux mèches iodoformées : on comprime avec des mèches de gaze; pansement à plat. La journée est plutôt calme et le malade repose. Pouls, 64 à quatre heures du soir. À 5 heures, le malade a des nausées. Vers 6 heures, il vomit : vomissements verdâtres qui se renouvellent dans la nuit. En allant à la selle, le malade est pris d’une syncope. Sérum artifciel par le goutte à goutte qui n’est pas supporté. À 9 heures du soir, on fait une injection hypodermique d’électrargol (10 eentimètres cubes) ; puis, une heure après, 500 centimètres cubes de sérum caféiné.
16 mai. — A deux heures du matin, syneope, et injection souscutanée d’huile camphrée. Le malade repose jusqu’à 5 heures et demie, Huile camphrée. Le pouls remonte à 62 à 7 heures du matin. À 10 heures: température, 36°4; pouls, 60. On fait un nouveau pansement le matin à müdi. Pas de pus, mais hémorragie assez abondante. On met des mèches de gaze et on tamponne. La Journée est très bonne. Le malade, qui n’avait pas uriné depuis . 4 heures du matin, a, vers 6 heures du soir, une avonidante miction.
La nuit du 16 au 17 est bonne. Le sommeil est paisible. Le malade s’alimente à plus'eurs reprises avec du café au lait.
17 mai. — Température, 37°4. Pouls, 68. Le malade demande à manger. À l’examen général, on le trouve encore couché en chien de fusil, avec de la raideur de la nuque. On faït une analyse d'urine qui décèle des traces notables d’albumine.
Pansement : on enlève les deux mèches (de gaze lodoformée mises la veille ; on introduit une pince dans l’abcès. Il sort ume très yrande quantité de pus fétide et verdñtre, On replace une gaze. Le reste de la journée est calme. Le malade réclame toujours à manger. La nuit esi très calme et le malade repose.
18 mai. — Températutre, 37°2. Pouls, 80. On refait un nouveau -pansement. De nouveau, évacuation de pus de la poche en y introduisant une pince et en écartant les mors.
19 mai. — Le malade passe ume nuit relativement calme. Au pansement, on fait sortir du pus, en entrebAllant la plaie dans la dure-mère avec une pince. Drainage par umie gaze.
20 mal. — Le malade n’a plus sa position en chien de fusil. Température, 37°2. Pouls, 80. Pansement. Evacuation du pus par le même procédé ; abondance diminuée. 3
21 mai. — Le malade ne souffre pas de la tête. Il se couche sur le dos. Au pansement, 1] ne sort presque plus de pus de la poche de l’abcès quand on introduit la pince. On remet une mèche dans la plaie.
22 mai. — Le malade continue à bien aller. Le cavité de l’abcès ne donne plus issue à du pus. Température, 37°9. Pouls, 80. 23 mai. — Le mieux s’accentue. Température, 37°. Pouls, 80.
94 mai. — Un pe de céphalalgie, maïs pas de pus au pansement; la Journée est bonne cependant.
25 mai. — Lies maux de tête persistent encore. La journée est également bonne.
26 mai. — Le mieux s’accentue jusqu’à la guérison qui se maintient complète actuellement.
1* septembre. — Le malade sort de l'hôpital en congé de convalescence de deux mois.
20 novembre. — Le malade est versé dans le service auxiliaire,
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