‹ L'Abcès Cérébral D'Origine OtiqueChapitre 6 sur 56 · EME · texte numérisé non relu

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importance. On comprend, en effet, que le chirurgien qui voudra trépaner un malade pour aller à la recherche de la collection purulente intra cérébrale, et cela en l’absence de tout signe de localisation, sera forcément obligé de se baser sur la plus ou moins grande fréquence de l'abcès en telle ou telle région du cerveau. On a signalé des abcès otogènes dans tous les divers lobes du cerveau et même jusque dans le bulbe et la protubérance. Mais ce sont là des cas véritablement exceptionnels et le plus souvent ce n’est qu’à l’autopsie qu'on reconnaît la lésion. Il n'en est pas de même des abcès du cerveau et du cervelet. Ces derniers (que nous n'avons pas à étudier ici) se rencontrent dans la proportion de 1 abcès du cervelet pour 3 du cerveau. C’est la statistique de Mignon. Robin compte 101 abcès du cerveau pour 28 du cervelet. De même Kæœrner, Heimann, Neumann, Pontoppidon. Nous devons dire cependant que tel n'est pas l'avis d'Henri Bourgeois, d'Arland et Ballance qui donnent deux fois plus d’abcès du cervelet que d’abcès du lobe temporosphénoïdal. A cela, disent-ils, 1l ÿ a une raison, c'est que l’abcès du cervelet, étant d un diagnostic fort difficile, est le plus souvent méconnu.

Mais quelle est la région du cerveau la plus souvent atteinte ? Lei, tous les auteurs sont d'accord: c’est le lobe temporo-sphénoïdal. À cela rien d'étonnant. Une mince lamelle osseuse transparente sépare seulement la caisse du tympan des méninges. On conçoit fort bien la facilité avec laquelle se fera la propagation de l'infection.

Quant au céfé atteint, il semble que le côté droit soit plus souvent intéressé que le côté gauche. On a émis à ce sujet quelques hypothèses qui reposent sur des considérations anatomiques. Bezold, Rüchinger, Kœrner prétendent que la minceur du toit de la caisse

CAT RES étant plus grande à droite qu'à gauche et la déhiscence spontanée plus fréquente, l'infection a plus de facilités pour se propager D'ailleurs, la statistique n'accuse qu'une . faible différence (5 °/,) en faveur des abcès du côté droit, et l'opérateur, en pratique, ne peut tabler là-dessus en cas d’olite bilatérale.

Voyons maintenant quel est le rôle de l’Age et du sexe dans la production des collections cérébrales otogènes.

c) Age.

Si nous nous en rapportons à la statistique de Picqué et Février, nous trouvons (21 cas) :

Dans les 10 premières années. 4 cas

DÉMO 0: "ans. des Er A DR 080 ans mere 8 — DES ONE STE TS CREER ER Ve De A0 aTODN ANS TR ds 3 -— DeN50 00 ANSE NX LC IP

Et Bezold, dans son travail, nous donne :

70 ‘/, pour les adultes ; 30 ‘/, pour les enfants.

Donc, fréquence beaucoup plus grande chez l’adulte que chez l’enfant. Et encore, ici, faut-il signaler leur extrême rareté chez les jeunes enfants (1).

Le siège de l’abcès peut également être différent suivant l'âge : on trouve, en effet, plus souvent l'abcès cérébelleux

(1) Menière -- Compte rendu des travaux de la section d'otologie

du 3° Congrès de médecine (Paris, 1900, p. 378). ; Fa

SR je AA chez l'adulte que chez l'enfant. Certains auteurs ont cru devoir donner une raison anatomique : les rapports de la mastoïde avec l'étage moyen du crâne.

En effet, chez le jeune enfant, la mastoïde est plus élevée que chez l'adulte et développée uniquement dans sa région antrale. D'où ses connexions avec le lobe temporo-sphénoïdal Chez l'adulte, la mastoïde acquiert un développement considérable, l’antre recule, vient en contact avec la loge cérébelleuse, ce qui explique pourquoi nous trouvons une proportion plus grande d’abeës du cervelet chez l'adulte que chez l'enfant. Malgré cela, c’est toujours vers la zone temporale qu'il faudra diriger l'opération, quitte ensuite à se retourner vers Ja loge cérébelleuse si la première exploration reste négative.

d) Sexe.

Il n'y a point de différence au point de vue des sexes, et les hommes sont aussi bien atteints que les femmes. Disons cependant que, d’après les travaux de Kærner, 1l semblerait que l’abcès cérébral est plus fréquent chez

l'homme.

e) Cause déterminante.

Ilest plus intéressant et plus important d'étudier quelle est la nature de la lésion auriculaire qui leur donne naissance.

Dans l'immense majorité des cas, c’est l'otite moyenne qui est en cause, et principalement l'otite chronique.

En effet, il semble que plus l'otite est ancienne et plus on à des chances de voir se produire des abcès cérébraux.

Au contraire, l'otite moyenne aiguë fait plutôt des méningiles et de la trhombo-phlébite.

On a accusé également l’otite interne.

Mais, suivant l'opinion de Barr, l’otite interne est alors secondaire et due à une affection de l'oreille moyenne. Enfin, à en croire Toyinbee, Kepp et Zanfal, les inflammations du conduit auditif externe pourraient, par l'intermédiaire des cellules du groupe pétreux antérieur et postérieur (Th. Bellin, 1903, Paris), délerminer des collections purulentes de l’encéphale.

Quoi qu'il en soit, 11 faut retenir que l’otile moyenne chronique est le grand facteur des abcès cérébraux otogènes.

f) Causes prédisposantes.

La complication sera favorisée par l'état général du sujet. [l est évident qu'un serofuleux, ou un syphilitique, ou un tuberculeux aura plus de chances de

voir survenir un épanchement purulent. De même un | diabétique, etalors, chez lui, l'otite s'accompagnera d’une nécrose rapide et étendue, d'où le nom que Wolf a donné à cette otite: oliles media diabelica seu necrolicans. Schnœbelé l'a étudiée avec un soin particulier dans sa thèse de Lyon, et Moure en 2 fait un exposé remarquable au Congrès international de Londres.

g) Causes occasionnelles.

, On a souvent incriminé une cause occasionnelle : par exemple, l'érysipèle, la scarlatine, les oreillons, la grippe. etc., ou bien encore le froid, un traumatisme (soufflet, ‘sondage de la caisse, bains de mer). Il est évident que

2 off ces causes occasionnelles peuvent avoir une influence en donnant un coup de fouet à une infection datant déjà de quelques années. Car c'est souvent longtemps après l'apparition de l'otite que se produit l’abcès cérébral. Robin, dans sa thèse, trouve 41 abcès après vingt ans sur une statistique de [49 cas. |

Janner cite un malade atteint d’abcès cérébral trente ans après le début de l'écoulement.

À l'abondance de lécoulement, certains auteurs ont voulu faire jouer un rôle. Il n’en est rien, et bien des abcès cérébraux surviennent sans qu'aucun écoulement se soit produit depuis longtemps.

Tel n’est pas cependant le cas de notre malade qui, depuis trois ans, présentait une recrudescence de l'otorrhée.

Conclusion.

Somme toute, on peut avoir des abcès de l’encéphale 10, 20 et 30 ans après le début d’une otite, et cela doit inviter le médecin à la prudence lorsque se produisent, chez un malade atteint d'otite chronique, les sy MIANDEE que nous examinons plus loin.

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