‹ L'Abcès du lobe frontal d'origine fronto-ethmoïdaleChapitre 4 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans le courant du mois de décembre 1919, M. le Professeur Lannois fit, à la clinique d’oto-rhino-laryngologie de Lyon, une leçon sur les abcès du lobe frontal d’origine sinusale, avec présentation d'un malade guéri de cette affection et dont voici l’histoire :

E.., René, du 92° d'infanterie, fut blessé le 13 octobre 1918, à Villotte (Vosges) par éclats d'obus : vaste plaie pénétrante de la région frontale gauche, intéressant la paupière supérieure et la région sourcilière, avec éclatement du globe oculaire, fracture du sinus frontal et du plafond de l'orbite et issue de matière cérébrale.

Le lendemain, à l’ambulance, énucléation de l'œil gauche, débridement, ablation d’'esquilles, drainage. La radiographie montra quatre projectiles faciaux à des profondeurs différentes, dont un petit en avant du sphénoïde, mais aucun dans la cavité crànienne.

Il est ensuite soigné à l'hôpital de Saint-Dizier jusqu’au 5 décembre 1918.

Le 5 décembre 1918, à Toulouse, où il a été évacué, on cons-

ne

tate l'immobilité du globe oculaire droit, paralysie des ITF, I\* et VI paires, atrophie du nerf optique.

Le 2 janvier 1919, phénomènes méningés : fièvre, mal de tête, couché en chien de fusil, signe de Kernig. Une ponction lombaire donne six centimères cubes d'un liquide d'apparence normale. Au bout de quatre jours, amélioration.

Le 17 janvier : nouvelle poussée de méningite et quelques accès convulsifs dans les membres supérieurs et inférieurs. La radiographie donne les mêmes résultats qu’au premier

examen.

Dans la suite, amélioration.

Peu après, il est évacué à Lyon, à l'hôpital Desgenettes (service d'ophtaimologie), puis à l'Hôtel-Dieu, et revient à Desgenettes le 21 mai 1919, dans le service de M. le Professeur Lannois, pour « suppuration sinusique gauche ».

Le 21 mai, on constate un bourgeonnement de la région palpébrale gauche, une suppuration ethmoïdale et frontale gauches assez abondante; le stylet pénètre dans le sinus irontal. Pas de suppuration nasale au moment de l'examen.

Le 5 juin 1919 : intervention par MM. Lannois et Sargnon. Anesthésie générale à l’éther par voie rectale. On pratique une väste incision en lunette, comprenant les deux sourcils et la rogion nasale. Relèvement du lambeau. Ablation de ce qui reste de la paroi antérieure des deux sinus frontaux : la paroi intersinusienne manque, ainsi que la paroi postérieure des aeux sinus dans la presque totalité. La dure-mère est fibreuse, ‘ongueuse, ne bat pas. Ablation des fongosités sans ouvrir la dure-mère. On constate un phlegmon: rétrosorbitaire droit avec deux séquestres pointus se dirigeant vers la partie centrale de l'orbite et venant de sa paroi supérieure. Large résection

üe cette paroi.

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