PRÉFACE
Les documents que nous livrons aujourd’hui à la publi: cité concernent une période assez bien connue de l’histoire européenne et sur laquelle nous n'’espérons point apporter de révélations bien importantes. Les causes de la révolution du 23 février ont été souvent exposées et il semblerait que tout ait été dit sur les raisons qui ont amené la chute du prince Cuza et l’avènement au trône de Roumanie d’une dynastie étrangère. Cependant, nous avons cru qu'il n’en était pas ainsi; que les auteurs des nombreuses publications roumaines, parmi lesquelles celles de D. A. Sturdza, malgré leur partialité, sont sans conteste les meilleures, avaient étudié l’affaire d’un point de vue plus national qu’européen; que les brochures françaises de l’époque n'étaient que des tracts de propagande; que les documents, d’ailleurs incomplets, publiés, peu après l'événement, dans les Archives diplomatiques sont loin de révéler la pensée entière même du gouvernement français; et que jusqu'ici la science européenne, si elle avait bien mis au point les péripéties de la conférence de Paris, n'avait pu encore pénétrer assez profondément, faute de documents, dans le secret des cours et des souverains.
Or il se trouve que depuis quelque temps déjà les dossiers du Quai d'Orsay relatifs à 1866 sont accessibles au public; qué la République autrichienne a largement ouvert ses admirables archives du Ballplatz; et une circonstance heureuse nous a permis tout récemment de prendre connaissance des papiers politiques du prince Cuza, saisis par les conjurés le jour même de son abdication forcée : tenus au secret pendant un demi-siècle, ces papiers sont parvenus entre les mains de M. I. Bianu, actuellement président de