‹ L'Abdication du Prince CuzaChapitre 4 sur 43 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

sances comme de la suite des événements à Bucarest. Ces déductions font l’objet de notre Introduction, dans laquelle nous avons, en outre, utilisé, pour nous rendre compte des circonstances de la chute du prince Cuza, les papiers encore inédits saisis dans son cabinet de travail le 23 février 1866 (Académie Roumaine, manuscrits n°5 4857 à 4869).

Telles sont les trois sources auxquelles nous avons puisé, en leur demandant, non ce qui nous paraissait appuyer une conception quelconque. des événements, mais ce qui nous paraissait de nature à les éclairer. Nous avons également fait un choix dans les dates. Nous avons surtout interrogé les papiers de Cuza à partir de 1864, c’est-à-dire du moment où se préparent les différents agents de sa chute, sans nous interdire, pour dégager sa politique et même celle des hommes d’Etat de 1866, de remonter jusqu’en 1860. A Paris même et à Vienne, nous avons aussi interrogé des documents antérieurs à 1866. Puis nous avons suivi l’évolution parallèle des décisions du gouvernement provisoire et de celles des Puissances, presque pas à pas, jusqu’au mois de juillet 1866. La reconnaissance définitive du prince Charles par la Porte n’a eu lieu, il est vrai, que le 25 octobre, mais la question peut être considérée comme tranchée dès le mois de juillet, c’est-à-dire du jour où les négociations directes ont commencé entre Constantinople et Bucarest. Ce jour-là, la Turquie est au fond résignée, et les Puissances n’ont plus de raison valable d'intervenir contre le vœu des populations. Nous avons cru, en conséquence, qu'il suffisait de rappeler, en quelques mots, les conversations entre Ton Ghica et Aali Pacha qui règlent définitivement le différend, et dont l’essentiel est déjà connu.

Il est à peine besoin d’ajouter que, dans notre appréciation de la politique de la Roumanie, de la Turquie et des Puissances, toute pensée d’apologétique comme de blâme nous est restée totalement étrangère. La vanité de pareilles critiques n’échappe à personne. Il n’est pas un homme d'Etat peut-être, dans cette affaire, qui ait été tout à fait sans reproche; il n’en est pas non plus qui ait été inférieur à sa tâche. Il n’est pas de nation, pareillement, qui, à certains moments, n’ait eu quelque arrière-pensée, mais il est équitable d’ajouter que la politique de toutes

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