RECTIFICATIONS SYNONYMIQUES
LES BEMBIDIUM & LES PRISTONYCHUS
PAR
M. Gfl. PIOGHÂRD DE LÀ BRULERIE
I" Sous-Genre. — PERYPHUS.
B. Bembidium Nordmanoi Chaud. = B. elongatum Dej.
— moschatum Peyron.
B. monticulum Sturm, J. Duv. = B. nitidulum Marsh, var.
B. corpulentum Mots. = B. ustulatum Lin. J. Duval. (littorale 01.)
B. petrosum Gebler = B. Andreœ Fab.
— persicum Mén. Fald.
— ? xanthomum Chaud.
j basale Chaud. (Olim.) ( Chaudoiri Mots.
lies types de toutes ces espèces nominales sont identiques entr*eux et Se rapportent à la yanété du B. Andreœ commune au midi de la France et en Espagne, aussi bien qu*en Russie chez qui la fascie transversale des élytres est plus développée que dans le type de Tespèce.
B. fraxator Mén. Fald. = B. femoratum Sturm.
— pictum Fald.
B. caucasicum Mots. (Peryphus) = B. bruœellense Wesm. B. lucidum Fald. = B. testaceum Duft. (obsoletum Dej.)
— fuscomaculatum Mots.
B. dimidialum Mén. Fald. = B. tricolor F.
B. atrocœruleum Steph.
— tibiale Duft.
sont certainement, comme Ta dit J. Duval, et malgré Topinion contraire de Schaum.. de simples variétés du B. fasciolatum Duft.
B. conforme Dej., que J. Duval conservait, doit également être réuni au B. fasciolatum Duft.
B. cyaneum Chaud.
— Gotschi Chaud.
— planipenne J. Duv.
sont aussi des variétés du B. fasciolatum Duft., le premier se rappor-
IV BECTlFiCATIONS SYNONYMIQUES.
tant à la var. cœruleum Dej., les deux derniers à la variét<S tibiak Dufl.
B. litigiosum Mots. = B. prasinum Duft.
— cœlestimim Mots.
B. aeruginosum Gebler = B. Fellmanni Manh.
B. cordicolle J. Dav. = B. brunnicorne Dej.
— Milleri J. Duval.
B. Lafertei J. Duval, réuni par Schaum au B. sietUum Dej., est une espèce très-distincte et fort éloignée de ce dernier.
PRISTONYCHUS.
Les espèces françaises sont au nombre de neuf : Sphodrus leucophrthalmus L., Prist. complanatus Dej., venuMus Clairv., alpinus Dej., jan//imu» Duft. (cœruleus Dej.), algerinus Gory (barbarus Luc, australis Fairm.), enfin inœqualis Panz. (terricola Herbst.), oblongus Dej. et angustatus Dej., auxquelles se rapportent toutes les autres décrites jusqu'à ce jour.
Au premier de ces trois se rapportent, comme variétés, le cyanescens Fairm. de la France méridionale et des Pyrénées, ensuite trois formes d*Espagne et de Portugal, décrites comme espèces distinctes : b<Bticvs Ramb., Polyphemus Ramb. et Reichenbachi Schauf.
Au denxïème (oblongus) y des Pyrénées françaises et espagnoles, décrit sous trois noms différents : pyrenœus Dufour, hypogœus Fairm. et latus Schauf., il faut réunir comme variétés : Jacquelini Boield., des Pyrénées orientales; latebricola Faiim., des Corbières et des Cévennes; BalnuBy Delarouz., de Montpellier, et ellipticus Schauf., de Reinosa.
Au troisième (angustatus), des Alpes du Dauphiné et de la Provence, doit être rattaché comme var. Vobtusus Chaud, des Alpes de Piémont
En outre, Yacutangulus de Schauf., de Naples, est identique à Yelongaius Dej., et c'est à juste titre que M. de Ghaudoir a réuni à son carinatus de Corse et de Sardaigne, le parviceps de Fairmaire et le carinulatus de Schaufuss. Il diffère du pinicola Graêlls, de TEspagne centrale.
AVANT- PROPOS
La tribu des Ditomidœ n'a jamais été l'objet d'un tra- •yail d'ensemble ; on peut dire que Dejean, dans le Speciés général des Coléoptères Carabiques, en a à peine ébauché l'étude. Quand il a publié le premier volume^de cet important ouvrage, volume où il est traité des genres qui composent la tribu en question, sa collection était encore très-pauvre en Ditomides et il en a décrit quelques espèces seulement d'après un nombre très-restreint d'exemplaires. Depuis, il s'est enrichi peu à peu et a ajouté dans les suppléments adjoints à chacun des volumes suivants du Speciés^ un certain nombre d'espèces de Ditomides décrites isolément, et sans qu'il ait repris, d'une façon générale, l'étude des genres où elles rentraient. De cette manière de travailler il est résulté un double inconvénient : la même espèce a été décrite plusieurs fois sous des noms différents et, par compensation, plusieurs espèces distinctes ont été confondues ensemble. A la mort de Dejean, sa collection de Ditomides était dans le chaos le plus complet. Plus récemment, beaucoup d'espèces de ce groupe ont été décrites dans des faunes locales. Ménétriés, Paldermann et Brullé, les deux premiers dans leurs faunes de Transcaucasie, le troisième dans celle de la Morée publiée à la suite de l'exploration française dirigée par Bory de Saint-Vincent, ont donné quelques descrip-
VI AVANT-PROPOS
tiens de Ditomides. Mais ces descriptions sont toutes faites de telle sorte qu'aucune des espèces qu'elles visent ne saurait être reconnue sans en voir le type, et elles prouvent d'une façon préremptoîre que leurs auteurs n'avaient pas étudié sérieusement les insectes dont ils s'occupaient. Pour comble de malheur, les types de plusieurs d'entr'elles ont été égarés; c'est ainsi que les entomologistes russes eux-mêmes n'ont jamais connu le Ditomus angusius de Ménétriés, et que les D. Lefebvrei et depressvs de Brullé, dont les types faisaient partie de la première collection Laporte de Castelnau, qui a été transportée aux Etats-Unis et, dit-on, détruite depuis, ont toujours été des mythes, môme pour les entomologistes français. Je propose donc de rayer définitivement des catalogues les trois espèces dont je viens de donner les noms, puisqu'elles ne peuvent être reconnues. Si, par impossible, leurs types venaient à être retrouvés, serait-il juste de reprendre ces noms qui reposent seulement sur une description faite pour la forme, et de les substituer aux noms postérieurement attribués aux mômes espèces par des auteurs plus récents qui en ont donné une bonne description, et de bouleverser ainsi la nomenclature admise universellement dans les livres et dans les collections? Je propose la môme mesure contre le Ditomus me^ gacepkalus de Waltl, décrit par l'entomologiste de Passau dans ses Coléoptères de Turquie ; la description est insignifiante et je ne crois pas que les Allemands eux-mêmes connaissent le type.
AVANT- PROPOS. VII
Rambur, dans sa faune d'Andalousie, est le premier qui ait décrit, de façon à les faire reconnaître, une série de petites espèces de Ditomides. M. Lucas, dans son grand ouvrage sur Tentomologie de FAlgérie, a donné aussi plusieurs descriptions de Ditomides; malheureusement, il ne connaissait pas les espèces de Rambur et il les a décrites une seconde fois sous des noms nouveaux. Enfin M. de Chaudoir et M. Reiche, le premier, dans son Enumératim des Carabiques da Caucase, le second, dans ses Coléoptères de Syrie rapportés par M. P. de Saulcy, et tous deux dans divers Mémoires, ont ajouté un certain nombre d'espèces de Ditomides à celles qui étaient déjà connues.
Tous ces travaux isolés avaient grand besoin d'être révisés, la synonymie des Ditomides était devenue assez embrouillée, et peu de groupes dans la famille des Garabiques étaient généralement aussi mal nommés dans les collections que celui qui nous occupe. Dans mes voyages en Syrie et en Espagne, j'avais recueilli moi-môme les deux tiers au moins des espèces connues et j'en avais découvert quelques-unes nouvelles pour la science. Ayant vu sur le vif le plus grand nombre des espèces et en possédant des séries nombreuses d'individus, j'étais dans de bonnes conditions pour entreprendre la monographie dont le besoin se faisait sentir. Je me suis donc décidé à faire ce travail, et j'offre aujourd'hui au public entomologique le résultat d'études auxquelles j'ai consacré toute mon attention.
MM. de Gbaudoir> de Mniszech, Reiche, de Vuîllefroy,
VIII AVANT- PROPOS
ont bien voulu me confier leurs précieuses collections où j*ai trouvé les types qui me manquaient, M. de Heyden, de Francfort-su r-Mein, m'a envoyé toutes les espèces qu'il possède, MM. Desbrochers des Loges et Raffray m'ont adressé de belles séries de Ditomides d'Algérie, M. E. Deyrolle m'a communiqué les espèces recueillies en Arménie par son frère, M. Th. Deyrolle.
Je veux faire ici tous mes remerciements à ces savants collègues pour le concours bienveillant qu'ils m'ont prêté, concours auquel je dois d'avoir pu mener mon travail à bonne fin.
Paris, le <•' février 1873.