‹ L'AbeilleChapitre 33 sur 224 · V. PERITELUS · texte numérisé non relu

V. PERITELUS

densément squamuleuse), car il est plus que vraisemblable que Tabsence de squamules dans l'exemplaire de J. Duv. ne tient qu'au simple frottement. Je possède, en effet, 1 individu qui convient en tous points au Meira crassiœndSy et qui est squamuleux sur la plus grande partie du pronotum et des élytres. Je ne ferai donc des Meira qu'un sous-genre des Peritelus^ entre le ii* groupe et les Lepto» sphœrotus.

Le rostre et la tête des Peritélm présentent peu de variations et se réduisent à deux formes primitives : ou le rostre est distinctement plus étroit à la base que la tête, qui se rétrécit fortement jusqu'à la base de cet organe (senex et ruficomis); ou bien les 2 organes sont à peu près d'égale largeur et se suivent sans ligne de démarcation (tous les autres Peritelus). Les ptéryges manquent totalement {leucogrammus) ou sont tout au plus médiocrement saillantes (des plus fortes dans griseus, planidorBis, platy^ somus).

Les antennes présentent 2 formes si différentes, qu'elles pourraient fournir des caractères pour un sous-genre. En effet, dans l'une des formes, le 1^' article de la massue (9* de toute l'antenne) est presque aussi grand ou plus grand que le suivant, et n'en est pas séparé ; la massue, épaisse dès sa base, est distinctement séparée et ne se rétrécit que vers l'extrémité. Dans l'autre, le môme article est très-petit (pas plus grand que le dernier article du funicule), et le 2® article de la massue, (distinctement séparé du !«') s'épaissit progressivement, ce qui fait paraître la massue étroite, et son 4«' article peut être pris pour le dernier article du funicule, et on peut aussi bien le rattacher à la massue qu'au funicule.

Nous trouvons la 2« forme dans P. aquilus et intersetosus, que j'ai par suite réunis dans un sous-genre (le dernier de tous les Peritélm). A l'exception du sous-genre LeptO" sphœroius, les antennes présentent peu de différences et ne peuvent être employées comme caractères que dans quelques espèces. Leur scape n'est jamais fortement épaissi en massue (des plus fortement dans griseus)^ souvent môme il est presque d'égal diamètre; le !•' article du funicule est toujours allongé, souvent aussi le 2« (des plus forte- L*AbeilL£. — 1871, Mars. 4

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ment dans le noxius), les autres varient de longueur, cependant ils sont toujours plus courts que le 1".

Le prothorax n'est jamais plus long que large ; arrondi sur les côtés assez fortement dans senex, Susanœ, ruficornts, rusticus et astragali; d'ailleurs très-légèrement ou cylindrique. Le bord postérieur est pour l'ordinaire légèrement arrondi, et tout droit seulement dans le Schœnherri. Le bord antérieur est tantôt perpendiculaire, éch ancré par en dessous (par ex. dans rusticus)^ de sorte que le prosternum est à peine plus court que le pronotum, tantôt oblique, de sorte que le prosternum est plus ou moins raccourci. Cette disposition est des plus prononcées dans le seneœ et le ruficomis.

Les élytres dans leur forme générale parcourent tous les degrés depuis celle du cercle {noxius cf), jusqu'à la forme étroite allongée, sans qu'on puisse fixer de limites déterminées. Il est important, pour la disposition systématique, de voir si elles sont arrondies ensemble au bout (dans ce cas, si on les regarde d'en haut, leur pointe môme est couverte par leur partie postérieure convexe), ou si elles sont légèrement en pointe (alors on peut voir plus ou moins la pointe d'en haut). Elles ont toujours 10 stries, et la 10* occupe différentes places au bord externe, dont il faut tenir compte chez quelques espèces (p. ex. subdepressus). Le bord externe est plus ou moins courbé et présente en ce point souvent des différences sexuelles frappantes (p. ex. necessarius, sinuatus).

Le dessous présente de bons caractères génériques, déjà mentionnés. Le 4«' segment abdominal est large entre les hanches postérieures, tronqué droit en devant ; le 2" est séparé du !«' par une suture anguleuse, et est un peu plus long ou aussi long que les 2 suivants ensemble. Métasternum très-court; hanches intermédiaires séparées par une bande étroite, antérieures adossées.

Les pattes sont courtes et robustes, les cuisses assez épaisses mais fortes dès la base, de sorte qu'elles ne sont ni épaissies en massue vers le bout, ni dentées. Les jambes présentent des différences frappantes, qui sont trèsutiles pour l'établissement des sous-divisions. Dans une espèce (leucogrammm) les jambes antérieures présentent

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an bout, outre un êlai^ssement en crochet en dedans et en dehors, une autre dilatation en lobe tridentôe du bord externe de la surface apicale oblique, comme on en retrouve dans quelques TrachyTpMœus. Dans 2 espèces (senex, Sttsanœ), Télargissement en crochet ou en angle est encore distinct en dehors ou en dedans, mais le bord qui les sépare n'est plus que légèrement élargi en angle et non denté. (Il en est ainsi dans le ruficomis, cependant on n'y trouve pas Télargissement à Tangle externe.) Dans toutes les autres espèces, Tangle interne est simplement élaigi en crochet, l'externe arrondi ou rarement en angle obtus {griseus). Dans 5 espèces (êenex, griseus, familiaris, planidorsis, hirticomis), les jambes postérieures sont élargies par derrière au bout, qui est entaillé en arc peu courbé, et garni de soies également courtes, dirigées obliquement en dedans. L'angle apical postérieur est fortement saillant. Dans toutes les autres espèces, il est au contraire tronqué ou arrondi, garni de soies plus longues que le bord apical même, et forme avec lui un angle obtus. L'angle apical antérieur est la plupart du temps en crochet, rarement obtus (p. ex. noxius).

Les ongles sont séparés dans platysomm, Schœnherri, Cremierei, planidorsis, hirticomis, astragali; soudés dans tous les autres, et présentent une structure particulière dans nigrans (où l'un d'eux est seulement moitié aussi long que Tautre), et dans le mononychus (où l'un d'eux est rudimentaire).

Les téguments du corps ne présentent jamais ni tubercules, ni côtes, ' ni sillons, mais, à l'exception du nigram que j'ai séparé comme sous-genre, une vestiture épaisse, régulière de squamules rondes, souvent entremêlées de tout petits poils qui se transforment rarement en petites soies (Brucki, parvulus, echidna). Les pattes et les antennes sont aussi densément couvertes de squamules qui se changent en poils vers l'extrémité.

Les différences sexuelles sont pour l'ordinaire fortement exprimées, et il y a peu d'espèces où je n'aie pu les constater (probablement à cause du manque de matériaux), p. ex. dans leucogrammus, rusticus, aquila, intersetosus. Le (f présente pour l'ordinaire sur l'abdomen une impression

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qui 8*étend du métasternum jusqu'au 3« segment, et est tantôt très-profonde {fmrdliaris, planidorsis), tantôt seulement indiquée. En outre, le mâle est plus étroit, et seulement plus large dans 2 espèces (platysomm et noxtus), mais beaucoup plus déprimé que la Q , il a les antennes plus longues, plus déliées, d'ordinaire aux jambes postérieures des rugosités dentiformes, que déjà SufiTrian a reconnues comme des caractères sexuels. Souvent aussi les bords latéraux des élytres sont sinués angulairement en dessus des hanches postérieures. — La Q n'est pas impressionnée en dessous, souvent un peu convexe, ordinairement plus large, et dans les 2 cas mentionnés, plus étroite que le cf , mais toujours supérieure quant à la masse du corps. C'est sur de telles différences sexuelles que Jekel a établi une nouvelle division des Gurculionites et qu'il donne aux espèces dont les Q sont toujours plus massives, plus épaisses, plus volumineuses que le cf « mais jamais plus déprimées, le nom de Platygynes qui me semble inadmissible.

Quant à la distribution géographique, il est digne de remarque que la plupart des espèces ont un habitat trèsrestreint; 4 seulement sont plus largement répandues. Seul, hirtioomis se trouve dans toute l'Europe. Après lui, leucogramimus est le plus répandu : Allemagne, Autriche et toute la Russie.

FamUiaris l'est moins, car il se rencontre seulement à l'Orient de la Hongrie, et grisem est réduit à l'Allemagne, la France et l'Italie.

Toutes les autres espèces se trouvent en France, Italie, Espagne, Sicile et Algérie, et appartiennent à la faune méditerranéenne. 8 espèces occupent exclusivement la France, surtout le Midi ; 3 l'Italie, o l'Espagne, 3 l'Algérie et 1 la Sardaigne. Ils sont tous européens et aucun n'est exotique.

Les Periielus vivent sur plusieurs plantes et deviennent quelquefois nuisibles par leur multiplication (griseus, noadus). On doit les trouver en nombre.

On ne sait rien de leurs premiers états.

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