SARAH, LA DAME
SA RAH
Que me voulez- vous, niadame ?
LA DAUE.
Un mot, je vous prie.
Je vous ai déjà vue ce matiD, vous m’avez suivie à mon arrivée à l’hospice. Vous avez fait mine de m’arrêter comme maintenant. Pourquoi ne m’avoir pas parlé, alors?
LA DAME
Il faisait grand jour, vous étiez accompagnée, je n’ai pas osé. s}arah.
Me connaissez-vous donc ?
LA DAME
Oh ! oui, je vous connais.
SARAH
Vous vous trompez assurément, car moi je ne vous connais pas.
LA DAME, prenant Sarah par la main et la conduisant sons Je réverbère.
Venez là, à la lumière. (Rejetant son voile en arrière.) Me reconnaissez-vous, maintenant?
SARAH
Non, madajne, je ne crois pas vops avoir jamais vue.
•LA DAME
Ai-je l’air d’une femme heureuse?
SARAH
Ohl pour cela, non, madame, vous semblez avoir quelque gros chagrin au cœur.
* LA DAME
Et vous ne vous trompez pas, Sarah.
SARAH
Vous connaissez mon nom?
LA DAME
Conime je vous connais vous-mème. Écoutez-moi donc,
L’ABiME
écoutez-moi vile, pendant que j’ai la force et le courage de parler, Sarah Robson.
SA R Ail.
Vous me connaissez, vous, mais moi je ne vous connais pas. Qui êtes-vous, madame?
LA DAME
Je suis l’une de ces malheureuses mères; qui n’ont jamais reçu de baisers de leurs enfants, qui n’ont jamais connu les douceurs de la maternité. Simon fils vit encore, mon fils dont je suis séparée depuis douze ans, il est là, derrière ce mur, parmi les enfants trouvés, et je ne l’ai jamais vu, et je ne sais pas comment on le nomme. Comprenez- vous pourquoi je vous ai suivie, pourquoi je vous parle en ce moment?