SCÈNE VI
Les Mêmes, MARGUERITE.
Marguerite parait, vêtue d’une robe blanche, avec un simple bouquet au
corsage.
RISCHENBACH.
Oh ! qu’elle est adorable ainsi !
L’ABIME
MARGUERITE, les obtervant avec inquiétude.
Vous m’appelez, mon ami.
RISCHEN BACII .
Oui, oui, j’ai à te parler de monsieur... pour monsieur, devrais-je dire?
MARGUERITE, baissant les yeux.
A moi?
RISCHENBACH.
Oui, Marguerite, monsieur Leslie affirme...
’ ° La voix lui manque.
MARGUERITE
Vous pâlissez! Seriez-vous souffrant?
Rl SCHEN BACH, arec un mouvement de rage.
Elle me prend en pitié!...
MARGUERITE
Vous ai-je blessé?
RISCHEN B ACII, arec élan.
Au cœur, Marguerite, au cœur!
MARGUERITE
Moi?
RISCHENBACII.
Non, non, ne m’értmte pas, je suis fou... Jo voulais dire... mais nous oublions M. Leslie... Marguerite, il prétend que tu l’aimes; c’est faux, n’est-co pas?
GEORGES
Monsieur!...
MARGUERITE, arrêtant Georges d un £este.
C’est vrai ! , , . ,
Rischenbach chancelle et porte la main à son coeur en s appuyant à la
. table.
MARGUERITE, s’élançant vers loi.
Mon Dieul
GEORGES, à Rischenbach.
Êtes-vous satisfait?
RISCHENBACH, saisissant la main que Marguerite a posée sur sa
poitrine.
Attendez! (Fixant ses yeux sur ceux de la jeune fille.) Attendez un peu.
MARGUERITE, reculant sous son regard.
Il me fait peurl
RISCHENBACH, à Georges, mais sans détourner ses yeux de Marguerite.' +
Un. mot, un seul mot encore... (A Marguerite.) Marguerite, tu me reconnais bien pour ton tuteur, n’est-ce pas? MARGUERITE, tremblant sous son regard et sans lever les yeux sur Georges»
Oui.