SCÈNE PREMIÈRE
SAM, GEORGES
Au lever du rideau, Sam, armé d’un rat-de-cavé, d’une verge à mesurer et d’un livre a compter, est en train de faire l’inventaire du cavean. Georges Leslie . entre par une des arches à droite, et descend par l’escalier jusqu'à sa dernière marche.
GEORGES, regardant derrière lui.
Je n'aï pas eu le courage de rentrer. II y a un va-et-vient dans la maison qui n’annonce rien de bon. Ah I quand le malheur vous arrive! Mon pauvre Richard aura eu quelque nouvelle crise et tout le inonde s’empresse autour de lui, — et je n’ose, moi. son meilleur ami, son frère, lui apporter ma part de soins. C’est que je lui apporterais en même temps ma part de douleurs et que le moindre choc doit lui élre épargné, dans son triste état de santé. Pauvre ami! mon désespoir le frapperait au cœur. Bonne et honnèle nature qui se méconnaît elle-même et ne vit que par le bonheur;d’autrui ! Allons, tâchons de chasser ce déplorable découragement et d’effacer de mon front l’insulte qu’y a imprimée le refus insolent de Rischenbach. Ne songeons qu’à doubler cette fortune qui doit m’assurer la main de Marguerite. Cachons surtout mes chagrins à Richard, ce serait lui donner le coup de grâce. (A Sam, qui vient des caves.) Ah! te voilà, vieux rat!