GEORGES, SARAH
Georges, habillé de deuil, est au bureau h gauche. Sarah est debout devant lui.
GEORGES, h Sarah.
Et sa dernière parole fut pour moi. Bon Richard !
SARAH
Le dernier nom qu’il prononça fut le vôtre, monsieur Georges. Je ne sais quel pressentiment sinistre s’empara de moi à l’arrivée soudaine de monsieur Rischenbach. Je vous attendais tous deux et il vint soûl, sardonique comme de coutume, avec cet étrange sourire que vous -lui connaissez. Le docteur était là et voulut l’accompagner auprès do ce bon monsieur Richard, comme vous l’appelez, de mon pauvre petit Richard comme l’appelait et l’apellera toujours mon cœur. Ce pressentiment me ut commettre une vilaine action, monsieur, j’eus le désir d’épier et je me postai derrière la porte vitrée ; vous savez, monsieur Georges, juste en face du lit où gisait ce pauvre ami. Le docteur s’avança vers lui, mais il le repoussa du geste. Il voyait en lui un empêchement à l’accomplissement du devoir qu’il s’était imposé et qui l’a tué; ses yeux animés par la fièvre se fixaient brillants et magnétiques sur monsieur Rischenbach qu’il semblaitattirerà lui. Le sourire sardonique de celui-ci disparut de ses lèvres comme effacé par une main mystérieuse. Il se découvrit involontairement et s’approcha lentement, le front courbé, la main tendue, vers le moribond qui le fascinait. Richard!... oh! laissez-moi l’appeler ainsi, Richard saisit cette main, se souleva par un suprême effort. Hélas ! ce fut le dernier ! Il y avait concentré