SARAH, SAM
SAM, s’approchant de Sarah, en s’essuyant les mains à son tablier.
Mademoiselle!...
Eh bien !
SARAH
L’ABIME
On s’ennuie moins quand on attend à deux, et si vous voulez, je vais vous tenir compagnie tout de même.
SAHAH.
Mais, monsieur Sam, vous dont la place est dans les caves, je vous trouve toujours dans la maison.
SAM
Ah! si vous préférez me voir dans les caves, mademoiselle, je vous y conduirai.
SAHAH.
Monsieur Sam, depuis quelque temps, je vous- ai sans cesse derrière mes talons. Pourquoi me suivez-vous ainsi?
SAM
Par la même raison, mademoiselle, que le premier homme suivit la première femme : parce qu’il la trouva belle.
SARAH
Et la première femme lui fit faire des sottises. Comme je ne veux pas qu’il vous en arrive autant, monsieur Sam, je vous tire ma révérence.
SAM
Attendez, mademoiselle, j’ai encore une autre raison de vous suivre. Voyez-vous, j’ai quelque chose qui me tracasse.
SARAII.
Qu’y puis-je faire?
SAM
Ce que vous y pouvez?... quand c’est dans les cercles de vos petits pieds que les... non, ce n’est pas cela.
SARAll.
Pauvre monsieur Sam !
SAM
Oui, pauvre Sam, que vous avez blessé et que vous ne voulez pas guérir.
SARAH
Moi! je vous ai blessé! moi! je puis vous guérir...
SAM
Sans doute. Qué que vous faites quand vous vous coupez le doigt et que cela vous cuit? Vous prenez un morceau de chiffon, vous étendez un peu de baume dessus, vous l’appliquez à l’endroit blessé, et tout se trouve pour le mieux. Eh bien! je suis le doigt coupé, et vous êtes à la fois le baume et le chiffon.
SARAII.
Très-obligé à monsieur Sam de me prendre pour un b3ume, mais le chiffon mo gâte un peu la comparaison.
SAM
Le chiffon, mademoiselle, c’est...