SCÈNE V
Les Mêmes, SAM.
GEORGES
Àh ! te voilà, toi ? Le cab est-il en bas ?
SAM
Oui, M. Georges.
GEORGES
Eh bien! porles-y les bagages ot dépéchons I
SAM
C’est que voici une autre lettre de Suisse, patron; elle vient d'arriver à la maison et je vous l’apporte.
GEORGES
Une lettre de Suisse! +
L’ABIME
RISCHENBACH, arec inquiétude.
Un conire-ordre peut-être 1
MARGUERITE
Oh! si cela se pouvait! Lisez,. lisez vite.
Georges ouvre la lettre et jette l’enveloppe snr la table. Riscbenbaeh lit la snscriplion b la dérobée.
RISCHENBACU, b part.
C’est de la maison Dufresnier. (s’appuyant à la table.) Que se passe t-il encore?
MARGUERITE, & Georges dont le front s’assombrit
Eh bien?
GEORGES
Eh bien 1 c’est un nouvel ennui !
RISCHENBACH.
Un ennui.
GEORGES
Et vous allez être grandement désappointée, Marguerite, si vous partagez le chagrin que me cause notre séparation.
Comment?
* GEORGES
Mon voyage va se prolonger.
MARGUERITE
Oh ! non, n’est-ce pas ?
RISCHENBACH.
Qu’arrive-t-il ?
GEORGES
L’associé de Dufresnier m’écrit que celui ci étant tombé subitement malade à Milan, il lui faut le rejoindre; il me prie de lui faire parvenir sans retard le papier attendu. Il me faut doric pousser jusqu’à Milan.
RISCHENBACH, à part.
Ah ! je respire 1
MARGUERITE, à part, avec une crainte indicible. ' ,
Ah! mon Dieu !... mon Dieu 1...
GEORGES, b Riscbenbaeh.
Mon cher Karl, j’ai pu accepter votre offre amicale, alors qu’il ne s’agissait que d’un voyage en Suisse. Mais je ne saurais vous imposer de m’accompagner en cette horrible saison au milieu des Alpes...
MARGUERITE, bas et vivement.
Bien, Georges, merci 1
RISCHENBACH, qui les sait des yeux en souriant.
Mon cher George, je ne sais rien faire à demi, moi. Si vous traversez les Alpes, que le soleil brille ou que la tempête gronde, je ne vous quitte pas 1