‹ L'abîme (poésie)Chapitre 24 sur 70 · LES MAGICIENS · texte numérisé non relu

LES MAGICIENS

Bergère noire de l'étrange

Qui mène son vague troupeau

Par les chemins creux du tombeau

En filant à la terre un lange

Couleur de crime et de corbeau,

La Grande Nuit par qui tout change

Rend l'amour fantastique et beau,

Car elle entre dans celte fange

Comme le vent dans un drapeau;

Elle s'y donne, s'y mélange,

Et le mystère, son suppôt,

114 l'abîme.

Sous les ténèbres de la peau Fait éclore le mauvais ange...

Mais brusquement le jour se venge Et l'Amour redevient crapaud.

LA VIRCrlNITÉ. 115

LA VTRCxINlTÉ

La virginité nous attire, Mais son mystère nous confond, Car il demeure aussi profond Dans la souillure et le martyre.

Les syllabes qu'on lui soutire Sont des gouffres à double fond La virginité nous attire Mais son mystère nous confond.

116 t/abime.

Et masque ambigu qui retire L'aveu que ses rougeurs nous font.

Monstre glacé qui nous morfond Et cauchemar blanc du satyre.

La virginité nous attire.

l'énigme. ir

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