CHAPITRE V
Indications
Il est entendu que les tumeurs de l'orbite doivent être opérées dès que leur diagnostic en est fermement posé. Le médecin n'a d’ailleurs pas beaucoup à faire pour déterminer un malade à accepter l'intervention. Les douleurs que quelques-uns d’entre eux éprouvent, violentes, insupportables, la baisse rapide de leur acuité visuelle, le dommage esthétique qu'ils subissent, tout les porte à réclamer une intervention bien plutôt qu'à en refuser les bénéfices avec les aléas qu'elle comporte malgré tout.
Nous allons encore faire une nouvelle distinction, parmi les cas divers qui peuvent se présenter au praticien, et en donner pour chacun d'eux les indications respectives.
Le tableau ci-dessous donne une classification anatomopathologique très sommaire des tumeurs que l'on peut
rencontrer en arrière du globe oculaire
Liquides ( Mucocèle des Sinus.
me | Kystes Hydatiques.
Tumeurs bénignes :
Fibromes.
Solides 9 À Osteomes.
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+1... Conjonctives (Sarcomes).
| PAUSE RÉ ep Léo Tumeurs malignes
{ Sarcomes métastastiques.
Secondaires! Sn :
| Epitheliomes métastatiques.
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Cliniquement, la classification ne sera pas la même, et nous envisagerons successivement, d’après les notions que les résultats éloignés des interventions déjà pratiquées
1° Les tumeurs secondaires ou mélastatiques, les tumeurs malignes à point de départ extérieur à l'orbite.
Si elles infiltrent l'œil, il faut l’énucléer et avec lui la tumeur poursuivie partout où elle s'étend. Ce ne sera qu'une intervention palliative des phénomènes douloureux éprouvés par le malade. Les observations VI, XIIT et XVIII nous montrent que le pronostic en est fatal à assez brève échéance.
2° Les tumeurs malignes diffuses. Elles peuvent être poursuivies très loin dans l'orbite par le procédé de l’orbitotomie marginale. Elles ne sont pas sujettes à récidiver quand l'opération a été poussée assez loin.
3° Les tumeurs encapsulées, bénignes ou malignes. Extirpation de la seule tumeur par orbitotomie marginale. C'est le cas le plus favorable, qui donne les plus beaux succès, les plus inespérés.
Contre indications. — Nous n'en connaissons pas : ni le siège de la tumeur, ni sen volume ne sont un obstacle. Nous avons vu quand nous en avons étudié les résultats, quelles dimensions ont quelquefois atteintes les tumeurs actives de l'orbite d’une seule pièce avec la technique du professeur Rollet. En plus, si le volume de la tumeur était par trop considérable, le chirurgien sera toujours à même d'en opérer le morcellement et de l’extraire ainsi en plusieurs reprises.
Les grandes opérations mutilatrices, telles que le Krœnlein, doivent, à notre avis, être rejetées pour ces deux
raisons que d’abord elles ne permettent pas un accès plus
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large dans l'orbite postérieur (et combien moins facile) et qu'ensuite, les résultats sont beaucoup moins favorables, puisque dans tous les cas, ou à peu près, il subsiste soit du ptosis, soit du strabisme, soit de la fixité du globe, et que pour toujours, l'énorme cicatrice cutanée déparera le
malade.