POPULATION
Territoires indiens. . . .
Utah
District de Columbio. . .
u »fi7 (noirs libres 10,057 01 'W1 jnoirsesclaves 5,687
1 Ces chiffres et presque tous ceux qui les suivent dans ce chapitre, sont extraits d'un ouvrage infiniment précieux par l'abondance des renseignements officiels que son auteur a eu le mérite de réunir. Publié en 1860 à New-York, il est intitulé : Compendium of tlie impending crisis of the south, et a pour auteur M. Hinton Rowan Helper, de la Caroline du Nord. Il a été dès son apparition l'objet d'une souscription à 100,000 exemplaires dans le Nord, mais d une sévère interdiction dans le Sud. Bien que M. Helper soit originaire d'un État a esclaves et ait en partie composé son livre à Baltimore, il n'a pas pu le publier dans cette ville, parce que les lois du Maryland contiennent la disposition suivante, votée en 1 831 , il n'y a pas encore 50 ans :
« 11 est arrêté par rassemblée générale du Maryland, qu'après la promulgation de cet acte aucun citoyen de cet État ne pourra faire imprimer ou graver, ou aider à faire, à imprimer ou à graver, aucune image, ni écrire ou imprimer, ou aider à écrire ou imprimer aucun pamphlet, journal, brochure, écrit quelconque d'un caractère inflammatoire, tendant a exciter le mécontentement ou la rébellion de la population de couleur de cet État, ou d'un autre État ou territoire, ni porter, envoyer ou aider à porter ou envoyer ces images ou écrits, sous peine d'être déclaré coupable de félonie, et condamné à l'emprisonnement pour dix ans au moins et vingt ans au plus, (décembre 1831.)
* En 1850. Depuis cette époque, le Minnesota a été admis dans l'Union, et l'esclavage a été aboli dans le district de Columbie.
Comparons l'état moral et intellectuel du Nord et du Sud :
En 1850, les seize États libres avaient 62,433 écoles publiques dirigées par 72,621 instituteurs, et recevant 2,769,901 élèves.
On comptait à la même époque, danslesquinze États à esclaves, seulement 18,507 écoles dirigées parl9,307instituteurs et recevant 581 ,861 élèves.
Dans les premiers 422,515 adultes blancs ne savaient ni lire ni écrire, dans les seconds 512,882.
Ainsi les blancs souffrent de l'esclavage comme les noirs. Combien y a-t-il de blancs au-dessus de vingt ans ne sachant ni lire, ni écrire?
Connecticut. . .
Isur 568.
Louisiane. . .
. 1 sur 381/2.
Vermont
Maryland. . .
New-Hampshire.
Mississipi. . .
Massachussets. .
Delaware. . .
Maine
Caroline Sud. .
Michigan. . . .
Missouri. . . .
Rbode-Island.. .
Alabnma.. . .
New- Jersey. . .
Kentucky. . .
New-York. . . .
Géorgie. . . .
Pennsylvania . .
Virginie. . . .
Ohio
Arkansas. . .
Tennessee. . .
Caroline Nord.
On estimait à 67,773,477 dollars la valeur des églises dans les États libres, à 21,674,581 dollars seulement dans les États à esclaves.
Les souscriptions pour la diffusion des bibles et des traités religieux, pour l'entretien des missionnaires et le ren*
voi des nègres libres en Afrique, atteignaient en 1855, dans les Étals libres 1 ,005,743 dollars et, dans les États à esclaves, elles ne dépassaient pas 222,402 dollars.
Dans les premiers, le nombre des journaux (1850) était de 1,790, tirés à 554,146,281 exemplaires par an ; dans les seconds, 704 journaux tirés à 81 ,058,095 exemplaires.
Au Nord, 14,911 bibliothèques publiques, contenant 5,888,254 volumes.
Au Sud , 695 bibliothèques publiques , contenant 649,577 volumes.
En 1855, la poste a perçu 4,670,725 dollars au Nord.
En 1855, la poste a perçu 1,555,198 dollars au Sud.
Le nombre des brevets, délivrés pour inventions nouvelles au Nord, s'élevait, en 1856, à 1 ,929, au Sud, à 268.
A ces chiffres, joignons les preuves de l'infériorité industrielle, agricole, financière, économique des Étals du Sud.
Comparons, dit énergiquement Théodore Parker1, ces deux systèmes de machines ; le Nord a réduit en esclavage le fer et le feu, le Sud a transformé en machines des hommes ; comparons les machines du dix-neuvième siècle après Jésus-Christ aux machines du dix-neuvième siècle avant Jésus-Christ; calculons combien la puissance productive des machines du Nord, l'emporte sur les 5 millions de machines humaines du Sud.
1 Lettre au peuple américain, III, 42.
Sait-on, pour débuter par une disproportion à peine croyable, ce que le commerce des divers Etats fournit à la douane?
Recettes de la douane en 1 854 :
États libres 60,010,489 d.
États a esclaves 5,136,939
Différence. . . . 54,873,550 d.
En 1855, le capital des banques, dans les États libres, était de 230,100,540 dollars, et celui des banques dans les États à esclaves de 102,078,940.
À la môme époque, le Nord avait creusé 5,682 milles de canaux, et dépensé 558,515,647 dollars à construire 1 7,855 milles de chemin de fer. Le Sud n'avait que 1,116 milles de canaux, et 6,859 milles de chemin de fer, ayant coûté 95,252,581 dollars.
Dans les manufactures du Nord (1850), avec 780,576 ouvriers et un capital de 450,240,051 dollars, la production avait atteint une valeur de 842,586,058 dollars, landis qu'elle n'excédait pas 165,413,027 dollars, avec un capital de 95,029,879 dollars et un personnel de 161,755 hommes dans les États du Sud.
Le Nord, en 1855, a exporté 167,520,693 dollars et importé 256,847,810 dollars, et ce mouvement est représenté par un tonnage de 4,252,615 tonnes. Les exportations du Sud ne s'élèvent qu'à 107,480,688 dollars, ses importations qu'à 24,586,528, son tonnage à 855,517 tonnes.
11 est vrai que le Sud est avant tout agricole et que ses produits passent en grande partie par le Nord. Ainsi
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. 57 New-York, qui est le Londres des Étals-Unis, figure à lui seul pour î
164,776,511 dollars dans le chiffre des importations, 113.751,238 dollars dans le chiffre des exportations,
1,404,221 dollars dans le chiffre du tonnage, 237,597,249 d. dans le chiffre du produit des manufactures, 111,882,503 dollars dans la dépense des chemins de fer, 58,775,288 dollars dans le capital des lauques.
Cela seul est une preuve que le Sud a laissé aller toute l'activité commerciale et maritime vers le Nord, bien qu'il possède d'excellents ports et des villes importantes.
Ainsi, que Ton compare le plus ancien et le plus florissant des États à esclaves, la Virginie, si favorisée par ses grands ports, &i position entre le Nord et le Sud, entre l'Ouest et l'Atlantique, la richesse de son sol et «le ses mines, la douceur de son climat, que Ton compare la Virginie avec le plus prospère des Étals libres, celui de New-York :
New-York avait en ] 790 : 540,120 habitants ; II en a en 1850 : 5,097,594.
La Virginie avait en 1790 : 748,508 habitants ; Elle en a en 1850: 1,421,661.
New-York exportait en 1791 : 2,505,465 dollars ; En 1852 -.87,484,456 dollars.
La Virginie exportait en 1791 : 3,150,865 dollars; En 1852.: 2r724,657 dollars.
New-York importait en 1791, la même valeur que la Virginie .
L'un importe en 1855 : 178,270,999 dollars.
L'autre » : 599,004 » «
Veut-on mettre en parallèle deux autres États moins importants, le Massachussettset la Caroline du Nord?
L'un n'a que 7,800 milles carrés de superficie, et l'autre en occupe 50; 704.
Cependant, le premier a vu sa population monter de 578,717 âmes, en 1790, à 994,514, en 1850; dans le second, elle était de 595,751, en 1790, elle n'est que de 869,039, dont 288,548 esclaves, en 1850.
Les deux États possèdent deux ports excellents. Boston est devenu la seconde ville commerciale des États-Unis ; Beaufort n'est pas même connu de nom.
Les importations du premier État ont atteint en i 855, 45,113,774 dollars, ses exportations 28,190,925, correspondant à un mouvement de 970,727 tonneaux. Les importations de la Caroline du Nord , n'excèdent pas 245,088 d.; ses exportations 455,818 dollars et le tonnage 60,077 tonneaux.
En 1850, les produits des manufactures, mines et in-
* Voici, d'après un autre, document, les chiffres des années intermédiaires :