‹ L'abolition de l'esclavage (volume 3)Chapitre 52 sur 78 · Nous sommes membres les uns des autres · texte numérisé non relu

Nous sommes membres les uns des autres

EpUre aux Philippiem^ an de Jésus-Christ, 62 : Ch. II, 7. Il s'est anéanti prenant la forme d'un esclave.

Epttre aux Colossiens^ an de Jésus-Christ, 62 :

Ch. III, 10. Revêtez-vous de l'homme nouveau.

11. Où il n'y a de différence ni de gentil et de juif, ni de circoncis et d'incirconcis, ni de barbare et de scythe, ni d'esclave et de libre ; mais où. Jésus-Christ est tout en tous.

22. Serviteurs, obéissez en tout à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, ne les servant pas seulement lorsqu'ils ont l'œil sur vous, comme si vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur et crainte de Dieu.

23. Faites de bon cœur tout ce que vous ferez, comme le faisant pour le Seigneur et non pour les hommes.

24. Sachant que c'est du Seigneur que vous recevrez l'héritage du ciel pour récompense, c'est le Seigneur Jésus-Christ que vous devez servir,

25. Mais celui qui agit injustement recevra la peine de son injustice, et Dieu n'a point d'égard à la condition des personnes.

Ch. IV, i. Vous, maîtres, rendez à vos serviteurs ce que Téquité et la justice demandent de vous, sachant que vous avez aussi bien qu'eux un maître qui est dans le ciel. »

Epitre aux Hébreux :

Ch. II, 16. Il (Jésus-Christ) ne s'est pas rendu le libérateur des anges, mais le libérateur de la race d'Abraham.

Ch. XIII, 5. Souvenez- vous de ceux qui sont dans les chaînes, comme si vous étiez vous-mêmes enchaînés avec eux.

Après les Épîlres aux Églises, viennent les Épîtres de saint Paul aux compagnons de ses travaux , Timothée, Tite, Philémon ; les recommandations sont plus confidentielles, et Tapôtre donne à ses confidents les motifs de sa conduite :

r^ Epître à Timothée^ an de Jésus-Christ 64 :

Ch. I, 9. « La loi n'est pas faite pour lejuste,mais pour les méchants et les insoumis, les impies. . .

10. « Les fornicateurs, les abominables, ceiut qui volent des hommes libres 'pour en faire des esclaves, etc. *.

* C'est ainsi que dom Galmet et Tabbé deVence traduisent. Quelques traductions françaises portent : les voleurs d'esclaves; les traductions anglaises disent : menstealers; le latin dit : pla^iarii, le grec : àv^pairo^ioniç. Or les dictionnaires (Y. Facciolali, Freund, Quicherat) traduisent comme don Calmet. Ce mot plagiarius, passé dans notre langue pour désigner le forban littéraire qui pille les œuvres d'aulrui, Tient non pas de plaga, coup, mais de plaça, filet. C'est un terme juridique qu'il faut interpréter par les textes de droit. Or ces textes nous apprennent nettement que le plagiaire était celui qui volait un homme libre pour en faire un esclave. Ce n^est que postérieurement et par extension qu'on a désigné par le même mot le voleur d'esclaves. Voici ces. textes empruntés aux Pandecles, liv. XLVin, tit. XV. De lege Fabia, deplagiariis (Pothier, tome m, p. 424). Cette loi Fabia ou Favia parait antérieure k Cicéron, Or. pro Habirio, n* 3.

D. Ulpien, lib. I, Begul, Si liberum hominem emptor sciem emeritf

Ch. XI, 20. Vous souffrez qu'on vous réduise eu servitude, qu'on vous dévore, qu on vous dépouille, qu'on vous abaisse, qu'on vousfrappe à la face.

Epître auo6 Bomains^ an de Jésus-Christ, 5S : Gh. II, 11. Dieu ne fait point acception de personnes. On peut ajouter même Épître :

Ch. VI, 16. Ne savez-vous pas que, de qui que ce soit que vous vous soyez rendus esclaves pour lui obéir, vous demeurez esclaves de celui 4 quittons obéissez, soit du péché pour y trouver la mort, soilde Tobéissâhce pour y trouver la justice?

18. Affranchis du péché, vous êtes devenus esdaves de la justice.

2L Qud firuit tiriez-vous alors de ce dont vous rougisse^ mâûtenant?...

28. Hais à présent que vous êtes affianchis du péché et devenus esclaves de Dieu, lé fruit de cet esclavage est votre sanctification, et la vie étemelle en sera la fin. . . .

23. Car le salaire du péché est la mort, mais le don de Dieu à ses serviteurs est la vie étemelle par Jésus-Christ Notre Seigneur.

Dans tout ce passage, saint. Paul s'adresse aux Romains qui pratiquaient l'esclavage, et il parle par figure de rassujettissement au péché ou à la justice. Mais qui donc trouvera dans ces paroles une consécration de Tesdavage? Que Ton mette partout le mot : serviteur à la place du mot: esclave^ et le sens reste le même. Bien plus, qu'on serre les mots de près, et Ton remarquera : V Qu'il s'agit d'un assujettissement volontaire; 2"" qu'on peut s'en affranchir; 3** qu'il comporte un salaire. Or, l'esclavage n'est pas volontaire, n'a pas de terme, n'est pas salarié. Donc la figure même dont se sert saint Paul ne peut s'entendre que du service proprement dit.

MêmeEpître :

Ch. xiy, 1. Demeurez unis avec celui qui est faible dans la foi, sans contester avec lui sur ses sentiments.

4. Qui êtes-vous pour juger le serviteur d'autrui? C'est à son maître à voir s'il demeure ferme ou s'il tombe ; mais il demeurera ferme parce que Dieu est puissant pour l'affranchir.

Il est trop évident que le maître ici, c'est Dieu, et que le serviteur n'est par conséquent pas un esclave. C'est encore^une allusion ^aux mœurs des Romains.

Toutes les autres Épîtres aux Églises sont de la môme année de Jésus-Christ^ 62.

Epttre aux EphésienSy an de Jésus-Christ, 62 :

Ch. VI, 5. Vous, serviteurs, obéissez à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, avec crainte et avec respect, dans la simplicité de votre cœur, comme à Jésus-Christ même.

6. Ne les servez pas seulement lorsqu'ils ont l'œil sur vous, comme si vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes ; mais faites de bon cœur la volonté de Dieu, comme étant serviteurs de Jésus-Christ.

7. Et servez-les avec affection, regardant en eux le Seigneur, et non les hommes.

8. Sachant que chacun recevra du Seigneur la récompense du bien qu'il aura fait, soit qu'il soit esclave, ou qu'il soit libre.

9. Et vous, mdtres, témoignez de même de l'affection à vos serviteurs, ne les traitant point avec rudesse et avec menace, sachant que vous avez les uns et les autres un mattre commun dans le ciel, qui n'aura point d'égards à la condition des personnes.

C'est la fin de cette belle et tendre Épître dont le chapitre lY commence parées sublimes paroles:

Ch. VI, 1. Que tous les serviteurs qiii sont sous le joug , sachent qu'ils sont obligés de rendre tontes sortes d'honneurs à leurs maîtres, afin de n'être pas amse que Von blasphème contre le nom et la doctrine de Dieu.

2. Que ceux qui ont des miitres fidèles ^ ne les méprisent point, parce qu'ils sont leurs frères; mais qu'ils les servent encore mieux parce qu'ils sont fidèles et plus dignes d'être aimés, comme étant participants de la même grâce .

Epitre à Tile^ an de Jésus-Christ, 64 :

Ch. II, 9. Exhortez les serviteurs a être bien soumis à leurs maîtres, à' leur complaire en tout, à ne les point contredire.

;fO. AM^détounier rien de leur bien, mais à témoigiler en tout une entière fidélité, afin que leur conduite fasse révérer à tout le, monde la doctrine de Dieu^ notre Sauveur,

capitale crimen adversus eum ex lege Fabia de plagionascitur, quo venditor quoque fit obnàxiiiSf si scîens libêrufn esse vendiderit.

De même DiocLÉTiEN et Maximien, 1. XV, Cod. 20, h. tit. Liberum sciens conditionem ejuSy inviium venumdando, plagii criminis pœna tenetur,

La même loi étend la peine aux voleurs d'esclaves; un rescrit d'Adrien témoigne que celte analogie n'est pas incontestablement admise : Plane autem scire débet (judex) posse aliquem furli crimine ob serves alieîws interceptes teneri, nec idcirco tamen statim plagiarium esse existimari (Callistr., lib. YI, De cognitien.).

Plus tard la peine devient pécuniaire. Mais Constantin la main tient capitale contre les voleurs d'enfants, plagiariiy qui viventium fUieiiim miserandas inftiguni parentibm orbitates (1. XVI, Cod. 9, 20 h. lit.).

Il nous a paru utile d'élablir»4e vrai sens de ce texte infiniment curieux de S. Paul, par lequel, assimilant aux criminels les plus abominables ceux qui réduisent en servitude un homme libre, il condamne l'origine même de tout esclavage, celui qui prend l'esdave, celui qui le vend, celui qui l'adiète. Telle est d'ailleurs Ja prescription formelle de l'Ancien Testament, Exod, XXI, 16 : Celui qui aura enlevé un homme, et qui l'aura vendu, ou entre les mains duquel il aura été trouvé, sera puni de mort. Même bi Deuter, xxiv, 7.

*■ Ce mot indique clairement que le g^ i s'adresse aux serviteurs qui ont des maîtres pakns, le § 2 à ceux qui ont des maîtres chrétiens.

Ch. IV, 1. Vous, maîtres, rendez à vos serviteurs ce que Féquité et la justice demandent de vous, sachant que vous avez aussi bien qu'eux un maître qui est dans le ciel. »

Epitre ana Hébreux :

Ch. II, 16. Il (Jésus-Christ) ne s'est pas rendu le libérateur des anges, mais le libérateur de la race d'Abraham.

Ch. XIII, 3. Souvenez- vous de ceux qui sont dans les chaînes, comme si vous éliez vous-mêmes enchaînés avec eux.

Après les Épîlres aux Églises, viennent les Épîtres de saint Paul aux compagnons de ses travaux , Timolhée, Tite, Philémon ; les recommandations sont plus confidentielles, et Tapôtre donne à ses confidents les motifs de sa conduite :

r^ Epttre à Timothée^ an de Jésus-Christ 64 :

Ch. I, 9. c La loi n'est pas faite pour lejuste,mais pour les méchants et les insoumis, les impies. . .

10. « Les fornicateurs, les abominables, ceux qui volent des hommes libres pour en faire des esdaves, etc. *.

* C'est ainsi que dom Calmet et Fabbé deVence traduisent. Quelques traductions françaises portent : les voleurs d'esclaves; les traductions anglaises disent : menstealers; le latin dit : plagiarii, le grec : àv^pairo^ionaç. Or les dictionnaires (V. Facciolali, Freund, Quicherat) traduisent comme don Calmet. Ce mot plagiarius, passé dans notre langue pour désigner le forban littéraire qui pille les œuvres d'aulrui, ^ient non pas de plaga, coup, mais de plaga, filet. C'est un terme juridique qu'il Êiut interpréter par les textes de droit. Or ces textes nous apprennent nettement que le plor giaire était celui qui volait un homme libre pour en faire un esclave. Ce n^est que postérieurement et par extension qu'on a désigné par le même mot le voleur d'esclaves. Voici ces textes empruntés aux Pandectes, liv. XLYin, tit. XV. De lege Fahia, deplagiariis (Pothier, tome m, p. 424). Cette loi Fabia on Favia paraît wtérieure à Cioéron, Or. pro Rabirio, n* 3.

D. Ulpien, lib. I, Regul. Si Uberutn hominem emptor sciens emeritf

Ch. VI, 1 . Que tous les serviteurs qui sont sous le joug , sachent qu'ils sont obligés de rendre toutes sortes d'honneurs à leurs maitres, afin de n'être pas amse que Von blasphème contre le nom et la doctrine de Dieu.

2. Que ceux qui ont des maîtres fidèles ^ ne les méprisent point, parce qu'ils sont leurs frères; mais qu'ils les servent encore mieux parce qu'ils sont fidèles et plus dignes d'être aimés, comme étant participants de la même grâce.

Epitre à Tile^ an de Jésus-Christ, 64 :

Ch. n, 9. Exhortez les serviteurs a être bien soumis à leurs maîtres, à leur complaire en tout, à ne les point contredire.

;fO. A^edétounier rien de leur bien, mais à témoigiler en tout une entière fidélité, afin que leur conduite fasse révérer à tout le, monde la doctrine de Dieu^ notre Sauveur,

capitale crimen adversus eum ex lege Fahia de plagia nasdtur, quo venditor quoque fit obnoâniiSf si sciens libèrufn esse vendiderit.

De même DiociinEN et Maximien, 1. XV,God. 20, h. tit. Liberum sciens conditionem ejus, invitum venumdando, plagii çriminis pœna tehetur.

La même loi étend la peine aux voleurs d'esclaves ; un rescrit d'Adrien témoigne que celte analogie n'est pas incontestablement admise : Plane autem sdre débet (judex) posse aliquem furli crimine ob serves alieîios interceptos teneri, nec idcirco tamen statim plagiarium esse existimari (Callistr., lib. YI, De cognition.).

Plus tard la peine devient pécuniaire. Mais Constantin la main tient capitale contre les voleurs d'enfants, plagiarii, qui viventium filioi*um miserandas inftigunt parentibus orbitates (1. XVI, Cod. 9, 20 h. lit.).

Il nous a paru utile d'élablir^e vrai sens de ce texte infiniment curieux de S. Paul, par lequel, assimilant aux criminels les plus abominables ceux qui réduisent en servitude un homme libre, il condamne Forigine même de tout esclavage, celui qui prend Tesdave, celui qui le vend, celui qui Fadiète. Telle est d'ailleurs Ja prescription formelle de l'Ancien Testament, Exod, XXI, 16 : Celui qui aura enlevé un homme, et qui l'aura vendu, ou entre les mains duquel il aura été trouvé, sera puni de mort. Même bi Dealer^ xxiv, 7.

*■ Ce mot indique clairement que le g^ 1 s'adresse aux senriteurs qui ont des maîtres païens, le § 2 à ceux qui ont des maîtres chrétiens.

41. Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru pour tous les hommes.

Nous omettons à dessein TÉpître de saint Paul à Philémon, pour y revenir un peu plus loin, après avoir cité les textes de saint Pierre.

r Epître :

Ch. II, 1 3. Soyez soumis pour Tamour de Dieu, à toutes sortes de personnes.

15. Car c'est là la volonté de Dieu que par votre bonne vie vous fermiez la bouche aux hommes ignorants et insensés,

16. Étant libres^ non pour vous servir de votre liberté comme d'un voile qui couvre vos mauvaises actions, mais pour agir en serviteurs de Dieu...

18. Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres avec toute sorte de respect , non-seulement à ceux qui sont bons et ddux, mais même k ceux qui sont rudes et fâcheux * .

19. Car ce qui est agréable à Dieu, c'est que, pour l'amour de Lui, vous supportiez les épreuves injmtes.

Les Épilres de saint Jacques et de saint Jean ne contiennent rien de spécial sur la servitude, et, pourtant , comment ne pas rappeler, à propos de cette iniquité, ces; admirables paroles î

ÉpUre catholique de Saint Jacques.

Ch. Il, 8. Si vous accomplissez la loi royale en suivant ce précepte de l'Écriture : vous aimer e% votre prochain comme vous-même ;^ TOUS faites bkn.

9. Hais si vous avez égard à la condition des personnes, vous com«. . mettez un péché.

* On cite toujours ce texte, mais sans raccompagner de ce qui i»récède <et de ce qui suit : Liberi patientes injuste.

Ch. V, \ . Vous, riches, pleurez, poussez des cris et des hurlements, dans la vue des misères qui doivent fondre sur vous.

4. Sachez que le salaire que vous faites perdre aux ouvriers qui ont fait la récolte de vos champs crie contre vous, et que leurs cris sont montés jusqu'aux oreilles du Dieu des armées.

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