L ESCLAVAGE DANS L ANTIQUITE
Ayons la douleur de le redire encore une fois, à la honte de la famille humaine, si tous les plus grands esprits sont aujourd'hui d'accord pourcondamner l'esclavage, tous les plus grands esprits étaient autrefois d'accord pour le justifier et pour le pratiquer'. En Grèce, Platon Va légitimé au nom de la politique ; Aristote, au nom de l'histoire naturelle ; Ëpicure, au nom de la volupté; Zenon, au nom de l'indifférence stoîque; Thucydide, au nom de l'histoire; Xénophon, au nom de l'économie sociale. Ancien esclave, Ëpiclète reste à peu pr&s insensible aux maux de ses pareils. Eu-
■ Voir les latas dans les sprints ouTnges de Willon et de Hœhler. Le pea que je sais leur apprlieni, el surtout au litre de H. WalloD, qui est, ï mes jenx, un Térilable dief-d'oeuire.
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ripidc n'éprouve pas, à la vue de ces infortunés, la plus fugitive émotion; Aristophane croit plaisant de nous montrer Caron leurrefusant sa barque, et le vieil Hésiode avait froidement écrit que l'esclave est au riche ce que le bœuf est an pauvre. A Rome, Caton assimile les esclaves au vieux bétail de son ctable, Varron les énnmère au nombre des instrumenls de travail ', Cicéron s'excuse de trop regretter un esdave, Pline les compare anx frelons, Lucrèce s'en soucie à peine, Horace s'en moque, Plaute les nomme une race bonne pour la chaîne, ferratile ge- »iMs';SénèqueetMarc-Aurèle leur offrent des consolations stériles.
Je sais qu'on diminue ce qu'on exagère. Je n'ai aucune intention d'abaisser outre mesure la bassesse de l'homme pour exalter la grandeur de Dieu, très-fausse manière de glorifier l'ouvrier dont on déprécie les ouvrages. Ce n'est pas aux chrétiens qu'il faut apprendre que l'homme est capable, par ses seules forces, d'un certain bien, puisque les chrétiens professent que l'humanité, au degré le plus bas de sa dégradation, était encore assez belle pour n'être pas indigne de l'intervention de Dieu.
J'aime donc à chercher et à trouver dans quelques
* Le te\te de Varron (Walloti, Tl, 189 noie) esl vraiment cynique : Inslrumcntt gcnns vocaU et amitiocaU et mufirni; vocale, in quo sunt servi; semnoaHe, in quo auat boves; mutum, in quo sunt [ilaustra. {De Re rustica, I, xvn, 1.)
* L'étendue des domaines, et la difficulté de surveiller ï disUmce licaucoup d'esclaves, avait en effet eu pour résultat de Taire mettre \ps esclatcs aux fers, soit la nuit dans ï'ergastulum, soit le jour. Caton, Varron, Columelle, le disent sans étonnement, et Sénèque se satisfait par une pbrase : yeeeisiUtt fortiter (erre docel, consuefuijo/ad^. (Wallon, H, S17.)
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auteurs païens des traces de sentiments meilleurs. Arîstote cite des philosophes inconnus qui combattaient s;) doctrine; Plalona hésité; Plutarquc blâme les rigueurs de Gàton; Sénèque a écrit sur l'égalité de si nobles pages qu'on les a .supposé inspirées secrètement par le christianisme'. Quelques empereurs, les Antonios, Claude, Dioclétien, qui était lui-même un affranchi, ont édicté des mesures plus humaines.
La religion avait inspiré quelques coutumes salutaires, elétabli quelques lieux d'asile, aupiedde la statue d'Hercule, de Thésée, génies libérateurs, ou des empereurs, dans les temples; tant il est vrai, que dès que ta pensée de- Dieu intervient, l'instinct de l'égalilé des hommes devant lui se manifeste. On aimerait aussi h retrouver quelques exemples de la douceurdes femmes; toutes n'élaient pas des Messalines ; je croîs sans preuve que le cœur des femmes a été plus d'une fois, comme l'autel des dieux, le lieu d'asile des malheureux esclaves.
Mais que sont ces faibles vestiges, ces conjectures, ces lambeaux de phrases, auprès de l'unanimité des doctrines, de l'universalité des usages? Ces philosophes aux paroles sympathiques étaient-ils des philosophes pratiquants, comme onledit énergiquement des chrétiens qui conforment leur vie à leur foi 7 Ont-ils aimé, ont-ils affranchi leurs esclaves? Ont-ils changé les lois? Ont-ils attaqué l'institutioQ comme un crime?
Non, tous ont été persuadés de cette doctrine d'Aris-
' Ep.xLTii, vol. n, p. 196 et suivantes. — Servi suât? immo homines... Uxc prxcepti mei sumina est : sic cum inreriore m»e, quenudmodum tccum superiurem Telles viverc.
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tote : « L'esclave est la propriété illimitée et sans reslric tion de son maître; ne pas appartenir à soi, mais bien à UD autre, et cependant ne pas laisser d'être un homme, voilà l'esclavage.... Quiconque est aussi inférieur aux nutres hommes que l'âme l'emporte sur le corps, est esclave par nature^. »
Ainsi l'esclave est d'une espèce inférieure. Mais quoi ! l'esclave Mycilhe a été très-sage législateur des Rhégiens; Phédon, l'ami de Platon, était un esclave. Que d'autres esclaves furent supérieurs à leurs maîtres et à tous les hommes libres ! Combien de fois, au jour du besoin, a-t-il fallu croire à l'égalité! Après la bataille de Cannes, on trouva bon d'affranchir 8,000 esclaves et de
les armer
Peu importe! L'animal engendre un animal et l'esclave un esclave.
Voilà les livresl Ouvrons les lois et surtout celles de Rome qui nous sont plus familières.
Dans les temps les plus anciens, sous la république, l'esclave est au nombre des choses, re$ mandpî, il reçoit même par préférence le nom de mancipium.
Un document récemment découvert, nous révèle à quel degré cette assimilation odieuse était passée et combien longtemps elle dura dans la pratique.
Si-Moklar, caïd des Ouled-Sellam, dans la subdivision de Batna , faisant construire un moulin à eau au printemps de 1858, on a découvert dans les fouilles un iari/' de droits de douanes, daté du troisième consulat de Sep-
' Mœhler, ch, n.
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lime Sévère, c'esi-à-dire de l'ao 202 de notre ère, pro- TeDant des ruines de Zraîa , l'ancienne colonia Julia Zarai.
C'est le premier et le senl document de ce genre que l'on ail trouvé dans toute l'étendue du monde romain.
Voici le tarif des droits par léte :
Vn etcliae 1 denier 1/3
Cn cberal ou une jument .... id.
Ud mulet, une mule id.
Cn ine, un haut.
Un cocfaoïi de laîl.
Un mouton, une cbèrre, etc.
Deax textes de Papinien qui écrivait sous Septime Sévère, apprenent que le prix légal des esclaves était alors fixé à 20 pièces d'or, ou 500 deniers*.
Que vaut à l'octroi an être humain, doué d'une âme divine? le même prix qu'un cheval ou un mulet, un peu plus qu'un âne ou un porc ! Cet homme , notre frère et notre semblable, peut être donné, engagé, loué, légué, cédé, vendu, saisi, enfin tué, nuUum caput kabet. Pour lui, pas d'état civil, pas de mariage, pas de palernilc, pas de propriété, pas de droit, pas d'obligation, pas d'action en justice, servitusmorti ad$imilatur. H n'est témoin qu'avec ta torture, il n'acquiert, il ne stipule que pour son maître. Les jours de fête on laisse chômer les bœufs, mais non pas l'esclave. On l'injurie, on le soulfiette ; au- <^un recours, à moins qu'il n'y ait dommage pour le
■ Rapport de H. Régnier, de l'iostiUit, aa prince misistre de TAIgcrie, Moniteur du 6 décembre 1858.
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358 LE CRRISTIANISME
maître. Quelle indeoinilë, s'il est tué? La même que poui un bœuf oa, une mule, répood la loi Aquilia '. Mais s'il commet des fautes, le bâloo, le fouet, les travaux forces, la chaîne, les menottes, les entraves, la fourche, la mort par le glaive, la hache, le précipice, le gihet, la poix brûlante, la croix.
Si la loi permet ces horreurs, comment le maître usera-t-il de la loi ? Si tel est le droit, quelles seront les mœurs? Sauf de rares exceptions, quand tout est permis, tout est pratiqué, la perversité humaine va même au delà de ce qui est permis. Les témoignages surabondent. Les abominations décrites par les poètes et par les satyriques, sont affirmées par les graves historiens, démontrées par les lois faites pour y mettre un terme. Le dégoûl^pus empêche de citer. Vous figures-vous, en plein paganimie, un homme livré à la colère d'un otsif, une femme abandonnée à la lusure d'un voluptueux, un vieillard confié à la générosité d'un avare ! Que d'atrocités et deye&ations, depuis ce misérable qui nourrit ses poissons de la chair de ses esclaves jusqu'à ces femmes. qui se fardent pendant qu'on fouette leurs servantes ou qui tes égratignenl par manière de passe-temps ! Pour nç citer qu'un souvenir, on ne sait pas assez que le vers tant cité de Ju vénal, SIC L'u/o, sicjubco, a Irait à un fôclave condamné au supplice de la croix :
Pone eruccm serro. — Heniit quo crûnine senus Supplicium? Quis testis adesl? (juis detulit? Audi! ,
Nullu unquam de niorle bomiiiis cunctalio longa est '
iaDccidt!rit(Gaius, Intt III,
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ET rESCLAVAGK. S51t
— 0 demene! ili scrius honio esl I Nil fecerîl. esto! Sic volo, sicjubco.sil pro rationo volunlas'.
Juv. a, 219-223.
Telle fut, pendant plusieurs siècles, la condition de créatures humaines qu'il faut compter par centaines de millions.
La Grèce et Rome, cW le mojode entier ; sortez deileur immense domaine, consultez les plus vieux documents de l'histoire des Germains ou des Scythes, fouilles dans les textes antiques des Indiens, parcourez l«s parties alors connues de l'Afrique, ou trAversez l'Asie, en tous lieux, sous toutes les latitudes, à l'abri de toutes les religions, le' même spectacle d'unç moitié de l'humanitë tenue par l'autre en servitude, l'esclavage aussi ancien que la guerre, et la guerre aussi ancienne que la nature humaine. Qu'est-il besoin d'insister.davanlage? Ces faits, comme le polythéisme et les sapriûces humains, sont du nombre de ceux que l'on peut alfirmer sans ooote^tion, tandis qu'on ne peut les développer sans honte. Ce sont les maladies héréditaires de la pauvre humanité.i
Sur un seul point le regard se pose avec un peu plus de complaisance. Le peuple juif, gardien surprenant de la véritable religion, a-t-il consacré, a-t-il pratiqué l'esclavage?
' Une croix pour cet esclave! — Mais l"a-!-il laériW par un crime? Où sont les témoins? où est la plainte? Ecoule ! La vie d'un homme Taut biea un instanl de retard. — Pou, est-c« qu'un esclave est un bomme? U n'a rien fait, qu'importe, le le reui, je l'ardonue, pas d'autre raison que ma Totontë.
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lE CHRISTIANISME
L esclavage: chez lbs juifs.
H est en quelque sorte banal de répéter que Noé a maudit Cham et condamné toute sa race à la servitude, qu'Abraham et les pairiarches possédaient des esclaves, que l'Ancien Testament contient des textes très-nombreux en faveur de cette institution coupable et qu'ainsi, elle repose après tout, sur la moitié de la Bible, en admettant même que l'Ëvangile la condamne. Les dissertations des Américains sont particulièrement remplies de ces assertions et de citations fatigantes, qui, fussent-elles exactes, laisseraient encore à démontrer que les noirs sont les descendants directs de Chanaan, que les planteurs sont en tout semblables aux patriarches ', et que tous les
< Entre toutes les ré|)0D5eg <jiii ont été faites à ce genre d'argument, lrès-eiinplo]é par l'école des apologistes de l'esclaTage, que M , de Gasparin appelle si bien la théologie cotonneuse (Bames, Flediter, etc.), je oileni w écrit très-court et Irès-préds publié i Philadelphie ea 18i7 par W. H. Brisbane, sous ce titre : Slavekolding examined m Ike Ught oftke koly Bible le ne réiiste pas au plaisir d'en citer le début :
■ Autrefois possesseur d'esclaree moi-même, né, éleié, instruil .au milieu des maîtres et des esclates, j'ai d'abord éludiâ le sujet avec le zËle et l'énergie du plus chaud partisan de ce qu'on appelle pecuUar institution. Kealât jeme trouvai embarrassé par le résultat Je mespropresrechcrclies. Je découvris mon erreur; je devins persuadé que la possession des esclaves était une iniquité ; je l'a li.n «donnai, et ma conscience me fit un devoir .l'affranchir plus de quarante esclave». J'ai eu i sacrifier la plus large portion do mon patrimoine, k m'exiler de l'État où j'étais né, à briser toutes mes joies de famille, d'amitié, de confraternité. Je sens, par conséquent, que j'ai le droit d'être écouté. (Préface, \ .)
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faits historiques rapportés par la Bible soqI tous des exemples recommandés par Dieu même I
fteprenoDS chacune de ces allégations.
I. Nous lisons dans la Genèse, ch. ix, 18, que Ckam fut pèredeChanaan. On sait de quelle irrérérence Gham se rendit coupable envers son père. Pour le punir,
a25.Noédit: Cham sera maudit. Ilterale$erviteur des terxileurs de le» frèrei.
«26. Que le Seigneur, leDieudeSem soit béni, et que Chanaan toit le serviteur de Sem.
« 27. Que Dieu étende la possession de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Ckcmaan soit h serviteur de Japhet. »
On conclut de ce passage que toute la race de Cham, c'est-à-dire les Africains, est maudite et par suite condamnée à servir la race deSem et la race de Japhet.
Chanaan seul aétémauditetnon toute la race deCham? Où est l'étal civil qui constate la descendancedeCham?Où est la preuve que ces parolesavaienl le sens et devaient entraîner l'effet qu'on se plaît à leur attribuer? Je lis, aujcontraire, dans l'histoire, que Chanaan, sans doute l'enfant de prédilection ou le complice de Cham, est le premier homme puissant dont il soit fait mention dans les annales de la famille humaine ; que les enfants de Cham, civilisés avant les autres races, ont inventé les premiers arts, ont fondé le royaume d'Egypte, bâti Thèbes et Babylone, et, dans la terre de Chanaan, Sodome, Gomorrhe et cette SidoD d'oft partit Inachus pour fonder la première ville de Grèce; que la postérité d'Abraham, descendant de Sem, a servi celle de Cham eo Egypte, avant d'asservir à
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562 LE CHBISTIANISHE
son tour, après une longae lattu, la terre de Ghanaan, pour retomber ensuite sous l'empire des fils de Cbam, à fiabylone-, que -les Assyriens, Gis de Sem', ont subjugué les Mèdes, fils de Japbet, et lesBabjlouiens, filsdeCham ; que Japhel (les Mèdes) , à son tour, s'est emparé de Sera (Ninive) ; que Sem (les. Perses), réunis à ^phet (les- Mèdes), ont pris Cbaai(Babylone).
Mais ces asservissements ont lieu ih nation k nation, etc'esllà ce qu'a prédit Noé, qui n'a pasea en vue l'escla- Tage proprement dit d'homme à homme. E^ effet, il dit queCbanaan sera le$erviteuyàessen:itemsdesestFères. Ësi-ce qu'on peut être i'e$clare d'im atOfe eiclmeS ^ûn comprend au contraire qu'une nation soit asservie pw Qoeautre, laquelle fi soutAurestsuhjogciéetpàrHna^oisième,.et, eneffet, les fils de Chtim aVàient ét^lasservis par les fils de Sem qui sont tombés sous la domioation des fUs de Japfact, puisque les Juifs ont été iBs^vhfav les Perses, puis:avec ceux-ci pxt les Gàrecs bous Atekamb^ En ce sens, mais en ce sens seulement, >la prophétie de Noé a été réalisée.
Eût-il parlé d'un véritable esclavage, est-ce que prophétiser l'esclavage c'est le justifier? Encecas, i'adultère, la guerre, sont justifiés, car ils ont été prophétisés (Detftéronome ixvni, 50, 68,43; Jérémie^Joëf, etc.). Punir les mécbantâ en leur prédisant qu'ils seront asservis, -esUce amnistier d'autres méchants- qui) les assorvironlV En ce cas, les Juifssont absous d'avoir crucifié Jésus- Cbrist, car cela avait été annoncé. . . .
Noé, Gham et Ghanaan n'ontdonc rien à feire avec les planteurs de la Caroline.
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II. Je ne puis pas davantage recoanaltre dans leur ciisteoce une image de la vie palriarcule d'Abrabam ou de Laban.
Il est vrai, il y avait des esclaves cbez les Israélites, et cela était presque iaévitable, car, selon la remarque de fiergier, comment, à cette époque et sous le régime des tribus, comment quitter son maître sans changer de patrie ? Commeol le maître aurait-il été libre de congédier l'esclave sans séparer une famille? De là désengagements volonlaires, mais permanents et héréditaires. Soumis k ces engagements, tes serviteurs étaient-ils de véritables esclaves? Il est permis d'en douter. Abraham renvoja Agar, mais sans la vendre. La Genèse (xui, 2) nous apprend qu'il était riche eu bétaU, m argent et en or, elle ne place pas les esclaves au nombre de ses richesses ; elle nous les montre (xvu, 12, i5) traités comme sa famille ; ils étaient armés et envoyésen expédition lointaine'. (Genèse.iiv, 14, 15.) L'un d'eux, à défaut d'eo£ants, devait lui succéder. (Gen., xv, 5.) Sa nièce appelle le premier d'entre eux moM Seigneur, (xxiv, 18.) Sous le même nom, la Bible comprend assurément des ofliciers, des sujets, des serviteurs, enfin de véritables esclaves, ceux qu'il avaUachelés fovrde Vargent det élranger$. Geui-là même paraissent avoir été traitéscomme les serviteurs qu'il avait avec Lot, au pays de Nachor, ou en Egypte, ceux que Ini
* Que l'oD compare ce fnit avec les xrljcles des Ima américaines. Yir. gSnie : 11 esï déTeôdu i un esdare de porter ou de garder une arme — Poop ce dplil, les \n\i du Miitoari condamnent & 50 coups de fouel, celles de
la Caroline et Nord, celles du Tennessee ï 20 coujis. — Autie dispoEilion des lois de la Virginie : un esclaïe ne peut s'éloigner de l'habitation de son mailrc sans un [lasseprat ddliTfé par lui ou ses agents. (Uanies, p. 77-)
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S64 LE CURISTIANISME
donna Abimélech, ou ceux qui étaient nés chez lui. Les eût-il traités plus durement, qu'importe? tous les exemples d'Âbraiiam font-ils loi pour les chréliensf
Il est dit d'Isaac {Gen., xxvi, 14) qu'il avait la possession de brebis, la possession de bœufs, et un grand nombre de serviteurs. Le teste n'indique pas qu'il les possédât.
Sans doute il est écrit qu'Ésaû servira Jacob, que Jacob a été fait le seigneur et que tous ses frères lui ont été donnés pour serviteurs. (Gen., xxv, 25; xxvii, 57.) Mais l'histoire démontre que cet assujettissement était tout national; car les Ëdomites, descendants d'Ésaû, n'ont pas moins été considérés commefrèresdesjuifs(Oeut.,xs]n, 7), et Ésaû avait reçu d'isaac même la promesse qu'il briserait le joug de Jacob. (Gen. xxtu, 40.) L'asservissement parjosuédes Gabaonites, condamnés à avoir la vie sauve, malgré leur supercherie, mais à porter du bois et à t'rer de l'eau dans la maison de Dieu {îosué,xix, 21, 23), asservissement sur lequel d'ailleurs on ne consulta pas le Seigneur {Ibid., 14), et d'autres assujettissements dont il est question aux livres de Samuel, des Rois, de Job, sont évidemment de même des réductions en servitude momentanée d'un peuple vaincu par un peu pie victorieux, et non des exemples d'esclavage proprement dit.
Quelle induction tirer d'autres textes qui nous apprennent que Labanrfonna à ses fdies scïseruan/es pour leur propre service (Gen., xxix, 24, 29), ouhien que Jacob rut beaucoup de troupeaux, de chameaux, d'ânes, de semteurs, et de servantes. (Gen., xxx, 43?) S'agit-il de vrais esclaves? qui le prouve? qui pourrait l'affirmer?