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Dam presque tous les États, les lunrs lil»^ sont siTërement bannis ou soumis ft de dures conditiom d'enregistrement on d'autorisation, sous p«ne d'être vendus; encto-e l'autorisation donnée i la mère ne s'itend-elle pas toujours aux enfants qu'elle met au ntonde. (V. noit le Code de la Virginie, 1849, tit. XX\, ch. cvii.)
(IiT.lV,ctHp.ni,g2,p.W.) LE BONHEUR DES ESCLAVES
FUn BT TillOIGlUGES DITEBS
1. — Au commencement de 1860, un meeting de propriétairesd'esclaves avait lieu, dans le Uaryland, dans le but de proposer une loi qui finyxrait les noirs libre» à choisir entre redevenir esdaves ou quitter le territoire. Un colonel Jacoba essaya de prouver le danger de la présence de ces noirs libres, qui sont, dans le Haryland, au nombre d'un contre cinq Umce. Le meeting n'afant pas eu de suite, les journaui de la Virginie accablèrent le Haryland d'iigures et de menaces, et je lisdansl'unde ces journaux {the Soutbem Argus) : « Désormais nous cesserons, en pratique, de regarder le Haryland comme un Ëtat â esdaves. Politiquement, c'est un État perdu pour le Sud d^iuis longtemps. I
Précieuse injure, qui vaut à mes yeux un éloge et que je voudrais regarder comme une prophétie.
U.— Cour de la vilie de Brooklyn, devant lejugeCvuiex. 1859.
L'honorable E. D. Culver, juge de la ville, a rendu hier le jugement suivant :
a Les plaignants déclarent et prouvent que l'accusé, qui est évSque de l'Église épiscopaliemie de Williamsburg pour les gens de couleur, est
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coopable de bigamie, ayant deux femmes actuellement vivantes.
I Le défendeur sejustifie par les faits suivants, dont il m'a fourni la preuve :
V Warriuk (c'est son nom) et Winnie (c'est le nom de la plaignante) étaient tous deux esclaves dans la Caroline du Nord, mais appartenaient à des maîtres différenis. Ils convinrent de s'unir e-a 1814, et nn ministre méthodiste de couleur jwwionça leur mariage. H ne parait pas qu'aucune autorisation ait été obtenue de la Cour du comté, comme les lois de l'État l'exigent, ni des maîtres respectifs. Quoi qu'il en soit, Warrick et Wiimie cohabiterait, ef, après dix-sept ans, ils avaient dou2e enfants. En 1838, Warrick devint libre, mais il continua à vivre avec Winnie jusqu'en 1831, époque où la toi de l'État, qui bannissait les noirs libres, le força à s'élMguer, Après dix ans d'absence, il retourna à la Caroline, retrouva sa fanme et la reprit, mais le shérif le força de partir dans les trois jours, sous peine de redevenir esclave. Il partit, sur les instances de Witmie. Il vint à Williamsbui^, oA, en 1845, il épousa réguIiËrement sa femme actuelle. Winnie resta esclave jusqu'en 1 854, époque où elle gagna le Nord, et trouva son mari nm à une autre femme. Elle réclame son dn»t.
« Il faut reconnaître que c'est une femme honnête, sincère, bonne <j)rétienne, pleine de confiance dans la justice de sa plainte. Si ^e avait quitté la Caroline avec Wanick, ou si elle avait obtenu b liberté avant le second mariage de celui-ci, il eût été moralement tenn de la v^rder comme sa femme légitime, et il le reconnaît. Hais, n'entendant plus parler d'elle, n'ayant pas de raisMi de compter qu'Ole serait Affranchie, ilcnùtavoirpu contracter le second mariage de bonne foi.
« Daiisces circonstances, ayant i juger si Warrick est coupable de bigamie et si les plaignants ont prouvé qu'il a deux femmes, je suis arrivé à ces conclusions :
« Considérant qnc le mariage est tm contrat civil qui requière dans les contractants la capacité de contracter, que les esclaves ne peuvettl contracter un mariage régulier, et que la cohabitation ne confère aucun droit à eux ou à l£urs enfants (lois d'Alabama, Haryland, CaroUnedu Nord);
i Attenduquelepremiermariagede Warrick étant nul en droit, il a
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été parfaitement libre, s'il l'a voulu, de coniracter mariage avec sa
femme actuelle, et n'a violé aucune bi en le faisant ;
n Les demaudeurs, au contraire, en l'accusant indûment, ont violé la loi, et s'ils recommençaient, malgré la défense de la Cour, ils se-iient lassibles de dommages-intérêts; ils devront dès à présent JOO dollarii d'amende. Que la sentence soit ainsi exécutée. »
(Sam. L. Habhis pour la plaignante ; D. Parhehter pour le défendeur.)
Univers, 28 décembre 1858. — « Le mois dernier, un esclave noir et sa famille ont été vendus à l'encan à Wasliington même, la capitale fédérale de l'Union américaine. Sambo Cuffy est catholiqne, ainsi que sa femme et ses trois enfants au-dessous de douze ans, et leur mariage a été solennellement béjii i l'église Saint-Matthieu de Washingtcm. Mais, sans tenir compte de ce mariage, la femme et les trois enfants ont été vendus à un ministre métbodiste et emmenés en Lousiane, à cânq cents lieues de Washington. Sambo Cully , qui est infirme, n'a pas trouvé d'acheleiir pour la Nouvelle-Orléans, où l'on veut des nègres robustes; il a élé vendu bon marché à uu planteur du Haryland'; il ne reverra jamais sa femme et ses enfants légitimes, et ceux-ci, entre les ni:>iusd'un prédicateur méthodiste, perdront inévitablement leur foi. Le New-York-Freeman's, qui cite ces faits,dit qu'ils sont attestés par le maire de Washington, lequel a délivré un certificat conforme, où il raid témoignage de la bonne conduite et des bonnes nxeurs de Sambo Culîy et de sa famille.
f 11 y a donc aux États-Unis des lois pour autorisa de pareilles iniquités. Il y a des lois qui privent trois mUlions d'esclaves de toute autorité sur leurs enfants, a
« C. DE Lahoche-IUroh. n
L'jlf'eij^ de la Nouvelle-Orléans, du 27 décembre 1858, nous apporte les détails suivants sur uu fait qui parait -avoir causé quelque sensation en cette ville :
« Le corojier a terminé samedi matin l'enquête qu'il tenait au dépôt
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d'esclaves de R. W. Long, nie Gravier , sur le cadavre de la négresse Eudora, appartenant à M . Veau.
« Les docteurs Grabam et Deléry ont fait l'autopsie du corps et déclaré que cette femine a sitccomlié aux coups de fouet.
Le docteur Grahani a dit que vendredi matin , i cinq heures, it re^ut la visite de M. Juhn T. Hatcher; ce dernier le pria d'aller voir une négresse qui s'était couchée le soir eii bonne santé^et était morte en se rendant au dépôt : Hatcher avoua qu'il l'avait sévèrement chiliée.
« R. W. Long a déclaré que H. Veau l'avait chargé de vaidre la négresse ; celle-ci partit marronne te 6 du courant, et fut ramenée au dépôt par une personne que le témoin ne connaît pas. H. Long quitta la maison lejeudi soir de bonne heure et n'y revint que le lendemain matin, entre deux et tnns heures. 11 apprit la mort d'Eudora avant d'arriver au dépôt et demanda à Hatdier s'il l'avait fouettée ; Hatclter ne fit aucune réponse directe.
• Le témoignage deH. R. Harvej établi qu'un nommé Antonio ramena l'esclave le jeudi soir, à sept heures. A neuf heures, la négresse alla se coucher; quelques minutes plus tard, Hatcher monta et redescendit accompagné d'Eudora; il la questionna, puis remonta en disant au garçon de le suivre. Hatcher ne revint au rez-de-chaussée qu'à din heures et demie; tandis qu'il était au prouier, on entendit le claquaurait du fouet. Hatcher sortit, et le témoin appela le garçon pour fermer les portes de la maison ; H. Rarrey, ne recevant aucune réponse, monta au troisiëme étage, entra dans une chamlM^ et aperçut la négresse étendue sur le plancher ; il lui demanda pourquoi elle ne se couchait, Eudora répondit que ses forces l'abandonnaient et qu'elle voulait de l'eau. Le t&noinlui donna â boire et la fit meUreau Ut, au deuxième étage. Elle ajouta qu'elle avait été fouettée par Hatcher. M. Harveyadéclaréquele claquement du fouet se fit entendre pendant environ une heure et quart et qu'il y eut une interruption de cinq ou six minutes.
H Le verdict du jury d'enquête conslale que la n^resse a succombé au châtiment qui lui a été inDigé tandis qu'elle était sous la garde im médiate de John T. Hatcher.
« Hatcher a disparu vendredi soir et n'a pas encore ëé arrêté. Le oroner l'accuse de meurtre. * .
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Fragment d'une lettre de Mgr "*, l'un dex évêques catholiques des Ètat»-Vnis, M juillet \Uii.
« .... 11 j a lien de croire que l'activilé dece cotniiierc« Jiidmi de chair aTricaiue est considérable. L'île tie Cuba, h Floride et les autres États méridionaux de l'Union américaine ont besoin de bras pour leurs immenses terres incultes, afin d'eiploiterlâsu(Teetlecoton.On croit que les nègres sont les seuls qui puissent résister ati travail par le sdeit brûlant de notre climat pendant l'été. De là celte recherche des ftègres esclaves. Leur prix s'est tellement augmenté qu'il a stimulé la cupidité des marchands. Un nègre en bonne condition se void jusqu'à dis mille francs; les enfants même en bas âge se Tendent quatre à cinq mille francs, suivant leur tailleetleur fbrce;âi ces prix, une cargaison de ces infortunés fait une somme immense. Aussi les marchands ne font pas dilficulté d'échouer sur les côtes et de perdre leur navire, pourvu qu'ils puissent disposer de leurs [uisonniers sans élre surpris par les officiers du gouvernement.
t Les DÈgres sont poiu* moi le sujet de réfleiionslnen tristes et de préoccupations-bien pénibles. Ils forment presque la moitié de b p(^ulation de la Floride; et, hélas ! parmi eux combien 7 en a-t-il qui soient en voie de sauver leurs âmes! Quelle n'est. pas mon angoisse â ce sujet! Ils appartiennmt à des maîtres qui, la plupart, ne voi^t «a eux que des machines )HV)pre9 à travailler la terre et à récolter le sucre et le coton. Ce n'est pas leur malaise physique en ce monde qui m'afOige et me préoccupe ; plusieurs se foni une idée exagérée de leurs souffrance» corporelles, et il est vrai, sans àosAe, «{ue ces soufi'rnnces dans quelques cas, !<ant de nature à attendrir le cœur le plus impitoyable; mais après tout ces cas sont assez rares ; car il y a peu de maîtres systématiquement barbares, et, au fond, ilssont mieux au physique comme esclaves que comme libres. Hais c'est lein' misère spirituelle qui me désole an iaaxr Y^irA.Lemariage est à "peine connu formi eux; tesmaUres n'y attachent awune imjwtance. Qu'on juge des désordres qui doivent êlre la conséquence d'un pareil état de choses dans une race très-
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portée aux plaiârs des sois. Point de religion pour restreindre la licence eUrénée des penchanb terrestres, et ce qui est pire, point de moyen o» presque point de détruire cette ignorance. Les maîtres ne se soucient pas de faire instruire leurs esclaves. En général, il les estiment d'aulanl plus utiles qu'ils sont moim instruits. Dans quelques États, ilya peine de mort contre ceux qui leur apprendraient à lire. Ainsi pIusi^iTB maîtres n'aiment pas qu'on prêche aux nègres, crainte de leur donner des idées qu'ils sont bien aises d'éloigner de leurs têtes. Nom ne pouvons à présent que prier pour le salut de ces nègres, et espéra que la divine Providence ménagera quelque circonstance favorable pour leur instruction et leur amélioration religieuse, afin que le royaume des deux leur sut aussi prêché comme aux autres races de la
(làï. V, ch»p. 1, g î, p. 160.)
DISCOURS D'm^XLLATION DU PRÉSIDENT LINCOLN uu iseï
La cérémonie de l'installation de M. Lincoln comme présidait des Ëtats-Uuis, a eu lieu le 4 mars, î Washington. Voici le discours qu'il a prononcé i celte occasion ; ce discours est très-important, parce qu'il domine toute la question engagée dans la crise de la séparation des Ëlats:
n Concitoyens des États-Unis,
« Conformément à une coutume aussi ancienne que le gouverna' mmt lui-même, je me présente devant vous pour vous eotretoiir Inifrvement et prêter ea votre présence le serment que la Constitution dee États-Unis prescrit au président avant sou entrée en fonctions.
« Je ne considère pas comme nécessaire en ce moment de discuter les matières administratives, qui n'exdlent spécialement ni anxiété ni agitation.
« Les populations des Étals-Unis du Sud semblent appréhender que
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l'inauguration d'une administration républicaine ne mette en danger leurs propriété, leur tranquillilè et leur sécurité personnelle. Il n'y a jamais ea aucune cause raisonnable à de telles appréhensions. La plus complète évidence du contraire a même toujours existé, comme chacun a éiâ libre de s'en assurer. On la trouve dans presque tous les discours publics de celui qui vous parle en ce moment. Je ne fais que citer uD de ces discours Itvsque je déclare que « je n'ai dessein, ni directement ni « indirectement d'intervenir dans l'in-tlitution de l'esclavage dans « les États oii elle existe, » Je crois que je n'en ai pas le droit, et je ne m'en sens pas le désir. Ceux qui m'ont nommé et qui m'ont élu l'ont fait avec la pleine connaissance que j'avais fais ces déclarations et beaucoup d'autres, et que je ne les avais jamais rêlraclées. Plus encore, ils ont placé dans le programme présenté à mon acceptation , comme une loi pour eux et pour moi , la rësoIuUon daire et formelle que je vais vous lire :
« Le maintien intact des droitsdes États, et spécialement desdroitsde f chaque État, & régler et contrôler eiclusivemra t ses institutions domes- • tiques suivant sa manière de voir, est essentiel à cet équilibre de poa> « voirs d'où dépendmt la perfet^on et la durée de notre édifice poli- I tique ; et nous dénonçons l'invasion au m^rls des lois par une force « armée du sol de tout État ou territoire, sons quelque [o^lexte que ce ( soit, comme le plus grand des crimes, i
1 Je réitère ici ces sentiments, et en le faisant, je signale seulement à l'attentioD puMique, comme la preuve la plus concinante de ce que j'avance, que les propriétés, la paix et la sécurité d'aucune section ne sont en rien mises en danger par mon administration.
> J'ajoute que toute la pi-otection possible, en conformité avec la Constitution et les lois, sera donnée avec empressement h tous les Ëlals qui la demanderont légalanent,pourquelquecausequecesûit,et aussi bien à une section qu'à une autre.
t II existe une vive controverse relativement k l'extradition des fiigitifs du service ou du travail. La clause que je vais Ike est écrite dans la Constitution aussi clairement qu'aucune autre :
« Aucun individu tenu à service ou travail dans un État, en vertu « des lois locales, et qui s'échappera dans un autre État, ne s^j, en
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c *ertu d'uacune loi oii d'aucun règlement de ce dernier, déchargé « dudit service ou trjTail ; mais il fera remis sur réclamation 3 la per- « sonne â qui ledit service ou travail pourra être dû. »
« Il esta peine contesié que cette clause ai(eupour(dijet,detapart deceuxqui]'on(raite,laréclamati(»ideceque nous appelons les esdaves fugitifs, et l'intention du législateur est la loi.
f Tous les membres du congrès jurent de soutenir la Constitution tout mtière, cette clause aussi bien que les antres. Leurs serments sont donc unanimes relativement à la proposition ijue les esdaves, dont le cas rentre dans les termes de cette dause, seront rendus. S'ils le tentaient dans un esprit de bienvâllance, ne pourraient-ils pas, avec une unanimité presque ^le, rédiger et passer une loi donnant les moyens de tenir ce serment unanime?
« Il existe quelque dilTérence d'opinion pour décider si cette clause d<nt Être eiécutée par l'autorité nationale ou bien par les autorités d'Ëtat ; mais certainement cette diRérence n'est pas très-imporlanle. Si l'esdave doit être rendu, il importe assez peu & lui ou aux autres par quelle autorité cela a lieu. Et, eu tout cas, qui pourrait vouloir manquer i son serment à propos d'une vaine controverse pour savoir de quelle manière ilseratenu? D'autre part, dans tonte loi sur cesujet, ne faut41 pas introduire toutes les sauvegardes de liberté connues dans la jurisprudence civilisée et humaine, de façon qu*un homme libre ne soit en aucun cas livré comme esclave? Et neserait-ilpas bien en même (onpsdepoumnrparunelcàâ l'exécution de l'article qui garantit que « les citoyens de chaque Ëtat auront droit i tous les privilèges et im- ■ munitës de citoyens dans chacun des autres États? t
I Je prête aujourd'hui mon serment oTGciel, sans restrictions mentales et sans dessein d'interpréter la Constitution ou les lois d'après des règles hypercritiques. Et, tout en m'abstenant de spécifier actuellement 'es actes particuliers du congrès auxquels il convient de donner force, je suggère qu'il est beaucoup plus sur pour tous, aussi bien dans la vie puldique que dans la vie privée , de se conformer à tous ceux de ces actes qui n'ont point été rappelés, et de les prendre pour règle plutôt que d'en violer aucun, en se liant pour l'impunité à h chance de les ftiire dédarer inconstitutionnels.
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■ Soiiante^uze &iis se son t écoulés depuis la première inaugunilim d'im président, en verta de notre Constitution nationale. Durant cette période, quinze citoyens différents et grandement distingués ont suocessivemeiit administré la partie executive du gouveruBnent. Ils l'ont conduite à travers tMen des périls, et généralement arec grand succès. Et pourtant, avec tous ces précédents , j'aborde aujourd'hui la m&ne tâcbe pour la court tenne constitutionnel dequatreannées.souslecoup de difficultés graves et particulières.
I Ma dém^nlirement de l'Union fédémle, jusqu'ici à l'état de menace seulement, est aujourd'hui devenu ime tentative f<Hnmdahle. Je maintiens que dans l'intention de la loi universelle et de la Constitution, l'union de nos Ëlats est perpétuelle. La perpétuité e^ impUdtement, sinon expressément, dans la loi fondameitale de tous les gouvernements natiouaux. On peut alfirmer avec certitude qu'aucun gouvernement proprement dit n'a eu dans sa loi organique une clause r^ lative à sa propre extinction. Que l'on continue à exécuter toutes les danses expresses de notre Constitution nationale, et l'Union durera toujours, puisqu'il est imposable de la détruire, excepté par qudque acte non prévu par cet instrument même.
( D'un autre côté, si les États-Unis ne sont pas un gouvernement propremmt dit, mais une association d'États en vertu d'un simple contrat, cetteassociation, en tant que contrat, peut-elle être résiliée autrement que par toutes les parties qui y ont conoounil Une partie contractante peut violer le contrat, le rompre, pour aina piffler, mais ne faut-il pas que tontes concourent pour l'abroger l^alement ?
ti En dehors donc des prindpes généraux, au point de vue légal, l'Union est perpétuelle; cette proposidou est confirmée par l'histoire de l'Union elle-même.
« L'Union est Uen plus ancieniie que L-i Constitution. Elle a été fi»-mée de fait par les articles d'association de 1776. Elle a mûri et s'est développée dans la déclaration d'indépendance de 1776. Elle a mûri encore, et la foi de tous les treize États d'alors iiit Migagée pour toujours par les articles de confédération de 1778. Finalement, en 1787, un des buts déclarés pour promulgua- et établir la Constitution fut de former une Union plus parfaite. Hais si la destruction de l'Union
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par un seul ou une parlie seulement des États est l^alement possible, l'Union se trouve amoindrie, la GcHtstitutioii ajant perdu l'élément vital de la perpétuité.
« Il suit de là qu'aucun État ne peut légalement sortir de l'Uuioa de son propre mouvement ; que les résolutions et les ordonnances i œt i^et sont également nuUeB,et que les acles de violence, dans n'importe quel État ou quels ÉEate, contre l'aulorllé des États-Unis sont insurrecti<»inels ou révolutionnaires, selon les circonstances.
« Je considère donc qu'aupoint de vue de la Constitution et dfs lois l'Union n'est pas rompue, et autant qu'il sera en mon pouvoir je Tetllerai, comme la Constitution me l'enjoint eipressémait, à ce que les lois de l'Union soient fld^enient exécutées dans tous les États.
« Je tiens pour im simple devoir de ma part d'en agir ainsi. Je l'accomplirai parfaitement, en tant que cela sera praticable, à mnns que mon mailre légitime, le peuple américain, ne me relève de cette obligation, ou ne me domie des instructions contraires d'une manière qui fa^se autorité.
« J'espère que c»ci ne serd pas regudé comme une menace, mais conune l'espression dubutavouédel'Uuiou, qui doit se défendre et se maintenir constiUitionnellanent
« En faisant cela, il n'est point nécessaire de recourir à la violence et k l'effusion du sang, et il n'y en aura pas, à moins qu'on n'y contraigne l'autorité nationale.
* Le pouvoir qui m'est confié sera enqilojé à tenir, occuper et posséder les propriétés et les points de territoires qui appartiennent au gouvernement, à percevoir les droits et les impôts ; mais eu dehors de ce qui peut être nécessaire pour arriver â ce but, il n'y aura ps d'invasion, pas d'emploi de b force contre le peuple ni parmi le peuple de n'importe quel État.
« ]A ou l'hostilité contre les Étals-Unis sera si grande et si universelle, qu'elle empêchera des citoyens résidents et capables de remplir des emplois fédéraux, on ne tentera pas d'imposer par la force aux populations des étrangers dont elle ne voudrait pas.
« Bien que le gouvernement puisse, dans la stricte légalité, ^e en droit de tenir à ce que ces postes aient leurs titulaires, essayer d'agir
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ainsi serait tdlement irritant et presque si impraticable, que je crois
meilleur, pour le mornoit, de laisser vacants les emplois en question.
I Le service postal, i moins qu'il ne soit repoussé, continuera à se Mre dans toutes les parties de l'Union.
f Autant que pos^e le peuple jouira partout de ce sentimrat de sécurité parraite si faTorable à la pensée calme et à la réfleiion. La conduite ici indiquée sera sui?ie, â moins que le cours des éréaemaits et l'expérience ne démontrent la nécessité d'une modification ou d'un diangemcnt. Dans tous les cas et toutes les éventualités, je m'emploierai de roon mieux, en vue des circonstances actudlement existantes, dans le but et dans l'espoir d'une solution pacifique des troubles nationaux et d'un retour aux affections et aux sympathies fraternelles.
« Qu'il y aitdes personnes dans une section ou dans l'autre qui cherchent i détruire l'Union â tout risque et se réjouissent de tout prétexte pour le faire, je n'entreprendrai ni de l'affirmer ni de le nier; mais i ces personnes, s'il en existe, je n'ai pas un mot à dire.
n A celles cependant qui aiment réellement l'Union, ne puis-je pas adresser quelques paroles? Avant d'entrer dans un sujet aussi grave que la destruction de notre édifice national, avec tous ses bienfaits, ses souTCoirs et ses espérances, ne serait-il pas convenable de nous assurer des motifs de cette destruction? Hasarderez-vous une décisimi si désespérée quand une partie des maux que vous voulez éviter n'a pas d'existence réelle? Le ferez-vous, quand les maux certains à la raicontre desquels vous allez sont plus grands que les maux imaginaires que vous fuyez? Risquerez-vous de commettre une ù déplwahle erreur?
« Tout le monde se déclare satisfait de l'Union, û les droits coustitutionnels y sont maintenus. Est-il vrai dès lors qu'aucun des droits nettement écrits dans la Constitution ait été nié? Je ne te pOTse pas. L'esprit humain est heureusement constitué de telle sorte, qu'aucun parti n'aurait assez d'audace pour le faire.
<( Rappelez- vous, si vous le pouvez, un seul cas dans lequel one clause clairement écrite dans la Constitution ait été niée. Si par la !-imple force numérique, une majoiité privait une minorité quelconque d'aucun des droits constitutionnels fraiichement établis, cela poor-
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ralt, i un iwiiit de vue moral, justifier la révolution, et cela la juslifierait pleinement s'il s'agissait d'un droit vital. Hais (el n'est pas le cas
« Tous les droits vitaux des minorités et des individus leui' sont %i pleinement assurés par des alfirmations et des négations, par des garanties et des proliibitioiis dans la Constitution, qu'i ne s'élève jamais de controverse à ce sujet. Hais aucune loi organique ne peut être lâile avec une pi-ovi^n spécialement applicable à chaque question qui surgit ddns l'administration pratique. Aucune prévopnce n'empêchera cela, aucun document de longueur convenable ne coutieudra des clauses spéciales à toutes les questions possibles.
« Les fugitifs du travail servile seront-ils rendus par les autorités ictionales ou par les autorités d'Ëlat? La Consliiulion ne le dit pas. Le congrès dnt-il proléger l'eâdavage dans les territoires? La Constitution ne le dit pas expressément. Ue ces sortes de questions sont nées toutes nos controverses constitutionnelles, et elles nous divisent en majorité cl en minorité.
e & la minorité ne se rend pas, la majorité doit le laire ou le gouvernement cesser d'exister. H ti'y a pas d'alternative, pour qu'Uconlintie à vivre, sinon la soumission d'un côté ou de l'autre. Si ime minorité en pareil cas se sépare plutôt que de se soumettre, elle établit un précédent qui la ruinera el la divisera à sou tour, car dans SOD sein il arrivera à se former aus» une minorité qui se séparera d'elle du jour où la majorité refusera de se laisser contrôler par cette minorité.
s Par exemple, poui^iuoi une portion quelconque, de la nouvelle Confédération ne se séparerait-elle pas arbitrairement de nouveau, dansunan ou deux, précisément de même que les portitms de l'Union actuelle veulent se séparer d'die ? Les désuniounisles devcont brusque* ment en agir ainsi. Existe-t-il une identité si parfaite d'intérèls parmi lesËtats qui composeront une nouvelle Union, qu'il n'en puisse rester que de l'harmonie, et de nouvelles sécessions sont-elles impossi- Mes? A proprement parler, l'idée-mère de la sécession est l'essence de l'anarchie.
* Une majorité contenue par les prescriptions et le frein constitutionnels, et suivant toujours aisément l'impulsion délbérée des opi-
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494 L'ESCLAVAUE.
nions et du sentiment populaires, une telle majorité esl la seule souveraineté véiitable d'un peuple libre. Ouic<Mique la repousse tombe nécessairement dans l'anarchie ou le despotisme,
« L'unanimité est impossible. Le règne d'une miuorité, comme condition permanente, est en tout point inadmissible. De sorte qu'en rejetant le principe de la majorité, l'anarchie ou le despotisme, sous une f(Hine ou BOUS une autre, est tout ce qui reste.
( Je n'oublie pas rojùniori adoptée par beaucoup, que les questions constitutionnelles doivent être décidées par la Cour suprême; Je ne nie paB non fias que de telles dédsims doivent être obligatoires pour les parties dans un procès, en ce qui touche l'objet du procès, de même qu'elles ont droit au respect et à la con^dération des autres branches du gouvernement dans tous les bliges semblables. S'il tombe sous le sens que la déctsi<»i peut être erronée dans nu cas donné, le mal qui m résulte étant limité audit cas, avec la chance d'être combattu et de ne pas devenir un précédent, s^^ plus aisément supporté que les maux qui décoideraient d'un système difTérent.
n Mais, en même temps, tout citoyen sincère avouera que si la politique du gouvernement sur les questions vitales concernant le peuple entier était irrévocablement fixée par les décisions delà Cour suprême, sur une déci^on rendue dans un cas onlinaire, entre parties d'un litige personnel, le peuple aurait cessé d'être son maitre.ctil aurait remis le gouvernement de ses al%ires aux mains de cet éminent tribunal.
H il n'y a dans ces remarques aucune attaque contre la Cour et les juges. C'est un devoir dont ils ne peuvent s'alTranchir que celui de donner leurs décisions sur les cas soumis au tribunal, et ce n'est pas leur faute si d'autres essayent de faire servir ces décidons à des fias pditiques.
« Une section de notre pays croit que Veidavage est juste et doit être étendu, tandis que l'autre croit qu'il est injuste et ne doit pas être étendu. C'est là le seul point svhslanliet qui soit en dispute. « La danse de la Constitution relative aux esclaves fugitifs, et h loi pour la suppression de la traite, sont l'une et l'autre aussi bien exécutées qu'aucune loi peut l'être, dans mic communauté où le sens moral du peuple ne prête qu'un appui imparfait à la loi elle-même.
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« U grande masse du peufde se conforme aux pures t^ligations légales dans les deux cas, et un petit nombre les viole dans l'un ou l'autre. Ce mal ne peut, jepeose, être parËiitcment guéri, et il deviendrait, dans les deux cas, pire apr^ la séparation des secUons qu'auparavant.
t La traite des nègres à l'étranger, mainlenant supprimée ira|<3rlàitemeut, serait reprise dans une section, tandis que les esclaves fugitiis, maintenent rendus prtiellement, ne le seraient plus du tout dans l'autre.
I Nous ne pouwmt séparer, nous ne pouvons éloigner nos sections respectives l'une de l'autre, ni bttir une muraille infrancliissable entre elles. Un mari et une femme peuvent divorcer et sortir de la présence et de l'atteinte l'un de l'autre, mais les différentes parties de notre pays ne peuvent faire de même.
d Elles ne peuvent pas ne pas rester face à face, et des rapports soit amicaux, soit hostiles, doivent continuer entre elles. Est-il donc possible de rendre ces rapports plus avantageux ou plus satisfaisants après la séparation qu'avant? Des étrangers peuvent-ils faire des traités plus aisément que des amis ne peuvent faire des lois ? Supposer que vous fassiez la guerre. Lorsque après une grande perte et sans aucun avantagede part et d'autre vous cessez de combattre, vous vous trouverez de nouveau en présence des mêmes questions relativement aux rapports réciproques. Ce pajs avec ses institutions appartient au peuplequil'habite. Du moment où il seseutim las du gouvernement eiistaut, il peut accomplir son droit constitutionnel de l'amender, ou 5011 droit révolutionnaire de le démembrer on de le renverser.
0 Je ne puis dissimuler ce fait, que nombre de dignes et patriotes citoyens désirent que la Constitution nationale soit amendée. Dieu que je ne recMumande aucun amendement, je reconnais pleinement l'entièie autorité du peuple à ce sujet, autorité qui peut s'exei^xr selon l'un ou l'autre des modes prescrits dans l'instrument lui-même. Dans les circonstances présentes, je suis poi té à favoriser plutôt qu'à contrecarrer une loyale occasion pour le peuple d'ex^oer cette autorité.
1 Je me hasarderai à ajouter que le mode conventionnel me semUe [Opérable en ce qu'il permet que les amendements proviennent du peuple lui-même, au lieu de lui permettre seulement d'accepter ou de
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lejeter des propositions provenant d'hommes qui n'ont point été ^écialement choisis diuis ce hut, lesquelles propositions pourraient n'être pus exactement celles que le peuple voudrai! accepter ou refuser.
« J'apprends qu'un amendement proposé à la cousiitution, amendement que je n'ai pas vu toutefois, a passé au congrès à cet etfet que le gouvernement fédéral n'inlervieudra jamais dans les institutions domestiques des Ëtats, y compris celles qui ont Irait aui personnes tenues en service. Afin d'éviter tout malendu sur ceque j'ai dit, je me désiste de mon dessein de ne parler d'aucun aiiHitidemeiit particulier, pour dire que tenant désonnais cette clause pour lui constitutionnelle, je n'sf aucune objection à ce qu'elle soit rendue explicite et irrévocable.
« Le magistrat suprême tire toute son autorité du peuple, et celui-ci ne lui a conféré auam pouvoir pour déterminer les conditions d'une séjtarationdesÉtats. Le peuple lui-même peut seul le faire, s'il le juge à propos; mais l'exécutif, en tant qu'exécutif, n'a rien à y Toir. Son devoir est d'administrer le gouvernement actuel, tel qu'il arrive entre se^ mains, et de le transmettre intact à son successeur.
« Pourquoi ne pas avoir une patiente confiance dans la justice définitive du peuple? Ëxiste-t-il au monde un espoir égal ou supérieur à celui-là? Dans nos différenils actuels, un des deux partis doute-t-il qu'il soitdansle vrai?
H Si le teut-pui:^sant Maître des nations, avec sa vérilé et sa justice éternelles, est de votre cdte, hommes du Nord, ou du vôtre, hommes du Sud, cette vérilé et cette justice prévaudront cei-taiuement par l'arrêt de ce grand tribunal qui s'appelle le peuple améiicain.
H Par la combinaison du gouvernement sous lequel nous vivons, ce même peuple asagemeiitdonnéàsesserviteui's un faible pouvdr pour le mal, et avec une égale sagesse il a pourvu à ce que ce faible pouvcàr lui-même fasse retour entre ses mains i de courts intervalles.
H Tant que le peuple conserve sa vertu et sa vigilance, aucune administration, quelle que soit sa malice ou sa folie, ne saurait sérieusement porter atteinte au gouvernement dans le court espace de quatre ans.
n CoDcitojens, je m'adresse à tous et à chacun; réflédiissez bien et avec calme à ce sujet. On ne saurait i ien perdre à prendre son temps.
« Si l'on a un but quelGoa(|ue eu vous pressant en loutehâtede faire une ilémarche que tous ne feriez pas de propos déUbéré, ce but sera déjoué en prenant du ten^ ; mais aucun but utile ne saurait être compromis par la temporisation.
« Ceux d'entre tous qui sont mfcontculs o:il encore eabtc les mains la vieille Constitution intacte et les lois que vou&-mémes avez Kiites en vertu de cette Constitution. De sou côté, l'administration nouvelle n'a aucun désir immédiat, ni aucun pouvoir, alors même qu'elle en aurait le désir, de changer l'une ou les autres.
I En admettant même que vous qui êtes mécontents soyez dans le vrai, il n'j a aucun motif quelconque pour agir précipitamment.
H L'intdligence, le patriotisme, le ckrislianisme et une ferme confiance en Celui qui n'a jamais abandonné sa terre favorite peuvent encore suffire à ajuster jmir lemietix nos présentes difficultés.
« C'est dans vos mains à vous, mes concitoyens mécontents, et non Jans les miennes, que se trouve la teiriUe question de la guerre civile.
n Le gouvernement ne vous attaquera pas. Vous n'aurez pas de con- Ait si vous n'êtes pas les agresseurs.
« Vous n'avez pwnt fait le serment devant le ciel de détruire le gouvernement, tandis que moi j'ai prêté le serment le plus solennd t de « le maintenir, le protéger et le défendre. »
« llra'encoâtedeterminer, Nous ne sommes pas des ennemis, mais des amis. Nous ne devons pas être ennemis. Bien que la passion ait tendu à l'extrême nos liens d'aifection, die ne doit pas les briser.
I Les cordes mystiques du souvenir, qui vont de chacun de nos cliamps de bataille, du tombeau de chacun de nos patriotes à chaque cœur qui bal et à chaque foyer de ce vaste pays, vibreront encore en diœur pour l'Union, sons la main des anges gardiens de la nation, n
{Courrier des Èlats-Vnis.)
(Liï.IV,ch.n,p.51.)