‹ L'abolition de l'esclavage (volume 5)Chapitre 30 sur 72 · II. U · texte numérisé non relu

II. U

2i0 LESCLAVAGE.

Java, de la Louisiane, du Brésil. Les coloBJcs angloises iet françaises reprennenl leurs forces. De grandes fortones^ plus ou moins bien acquises, à côté d'un malaise général de la propriété, une prospérité, ravivée par des causes 4)assagères, dontonentrevoitdéjn le terme, des habitudes deluxeet de prodigalité qui contrastent avec la vie cruelle des esclaves, et achèvent de cacher et par conséquent de précipiter des causes profondes de ruine, voilà donc, après avoir lu un défenseur officiel de Cuba , ce que Fod est conduit à penser de cette prospérité matérielle, dont les partisans de la servitude font un si complaisant étalage^ prospérité qui pourrait en effet devenir iinmense, le joor où les efforts des hommes correspondraient aux dons incomparables du Créateur.

. ly. — Qu'a donc à craindre l'Espagne, si elle abolit

Tesclavage?

Une dépense pour indemniser les propriétaires, une perte de revorvus, pendant quelques années, un malaise momentané.

Sans nier l'importance 4e cetle dépense, le poids de ce malaise, il est permis d'affirmer que, dépense et malaise, seraient moins lourds et moins longs que partout ailleurs. . i

Les précaution3 dont l'expérience a révélé Tutililé, rengagement transitoire des affranchis, seraient faciles. Déjà les meilleure procédés de fabrication sont usités, et la combinaison de la petite culture avec la grande fabrication n'est pas chose nouvelle. La force militaire, les écoles, les inslitutionsdc bienfaisance sont prêles. L'exèui pie du travail libre est déjà donné sur une grande éclielle.

COLONIKS ESPAGNOLES. 211

11 Test surtout de la manière la plus remarquable dans la seconde Antille espagnole , Tîle de Puerto-Rico. Une plus intelligente répartition des terres, régularisée par une ordonnance de Ferdinand VU, du 10 août 1815 *, qui accorde à tout étranger une concession gratuite de 4 fanègues 1/2(2 hectares 50 ares) de terre, à condition de les cultiver, et la moitié à chaque esclave, a attiré les coJons, répandu la petite propriété et facilité Témancipation.

Dès 1 834, le colonel Flinter ' constatait que sur 400,000 habitatits, il y avait à peine un vagabond, que toute la population était aux champs, active et heureuse. Pas plus de 57 villes ou villages contenant 6,448 habitations sur *'335 lieues carrées, tandis qu'on comptait dans la campagne 44,295 habitations occupées par 340,893 habitants sur 400,000. Sur 45,000 esclaves, 15,000 étaient domestiques ) 30,000 seulement étaient répartis dans 3(K)sucrei'ieset 148 caféieries,indépéndammentdel ,277 petites plantations. Les trois quaiis des produits destines à la consommation ou à Texportatiott, étaient le fruit du travail libre dés blancs ou des gens de couleur, ainsi que relève de 100,000 têtes de bétail.

En 1810 , la valeur des exportations n'allait qu'à 65i672 piastres ; en 1852, elle excédait 3,000,00fli piastres. Ai3ftr0foi$, Porto-Rico, d'abord colonie pénale, était dan^ F^tat le plus déplorable et les noirs libres étaient

Annexes au livre de don V. Queipo, p. 569. . * , -

' Londres, 1834, chez Longman, cïté dans un écrit de Zachnry Mac|ii:Iny Imduit sons ce titre : Faits et fenseigliemenls 'prouvant les avantages. dit travail libre sur le travail forcé. FaiiS,'Hiclielte, 1*855, chàp.' i""',^. 1,19.

indolents et vicieux. Tous les progrès sont dus à la distribution des terres, à une législation libérale, à la construction des églises, a de bons règlements contre le vagabondage, en autres termes à la propriété, à la religion, à la justice En vingt ans, diaprés le témoignage de M. Mérivale \ la population a doublé, la production a quadruplé, le nombre des esclaves, malheureusement augmenté depuis, ne s*est pas accru. Outre les planteurs qui, en général , habitent leur terre et l'exploitent eux-mêmes, il existe à Porto-Rico une classe très-nombreuse , à peu près un tiers de la population, de petits propriétaires de race blanche, connus sous le nom de hivaros^ qui cultivent leurs petites habitations avec leurs familles, race peu instruite, mais courageuse, industrieuse, vivant en très-bons termes avec les gens de couleur. Ainsi les blancs peuvent travailler et se reproduire sous le climat des tropiques; les produits tropicaux peuvent être cultivés par le travail libre. L'exemple de Porlo-Rico établit ces deux vérités si contestées.

En 1844, au témoignage de don José Saco *, on comptait à Porto-Rico 1,277 petites plantations de cannes à sucre cultivées par leurs propriétaires libres, et le même écrivain rappelle que le sucre est également produit par des bras libres aux Indes orientales, à Java, aux Moluques, aux Célèbes, à Sumatra, à Manille. On peut ajouter maintenant les Antilles anglaises et françaises. Or, dans

< Herman Me rivale, Lectures on colonisaiion,{Sk\, cité pr M. Jules Lecheralier, Rapport sur les queUions coloniales, I, introduction, XX, 1844.

^ Delà suppression de la traiu des esclaves africaim dans rile de Cuba, par don José Â. Saco (Rev. col. 4845, 5, 256}.

les Antilles espagnoles, il y a déjà plus d'hommes libres qu'ailleurs, plus de blancs pour diriger les gens de couleur, plus de soldais pour maintenir l'ordre, plus de capitaux pour travei'ser la crise, et l'expérience d'autrui pour éviter les fautes et ménager la transition. Que manque-t-il donc? Rien, si ce n'est la volonté.

Mais, d'autre part, qu'est-ce que l'Espagne doil redouter, si elle n'abolit pas l'esclavage?

La décadence morale et même matérielle d'un admirable pays, puis la perte de sa colonie.

Que le luxe , le faste, les millions, les mariages des créoles de la Havane et la prospérité incontestable, duc à des causes exceptionnelles et transitoires, ne nous fassent pas d'illusion.

En résumé, avec un esclavage adouci, continuellement renouvelé par la traite, l'île ne s'est pas peuplée; avec de magnifiques éléments de richesse, la propriété est en général obérée par les dettes, dévorée par le luxe; la terre est devenue une fabrique ; une force militaire considérable, un pouvoir supérieur illimité, n'ont pas empêché des révoltes, l'élat de siège, le bannissement; la religion s'est corrompue au lieu de civiliser ; la justice est abaissée; lesmœurs dissolues; les blancs soumis, sans aucune liberté politique, au pouvoir absolu dont ils ont besoin pour se protéger contre la révolte. Onabeau dire que l'émancipation se fera peu à peu; on a beau vanter des lois humaines, une opinion abolitionniste sérieuse, même parmi les maîtres, une large faculté de rachat, moins de préjugés de couleur qu'en Amérique Le rachat ne conduit à rien, l'opinion n'est pas libre, aucun exemple n'est donné et on se

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réduit à répéter : c'est le temps qui détruira l'esclavage. . Or le temps rive plus de chaînes qu'il n'^en Use. Qu'a^til ! fait jusqu'ici î Le temps a vu naître à l'île de Cuba d'ad- • mirables progrès. Cette riche contrée a des écrivains, des i savants, des artistes, des poètes, des administrateurs, des ; millionnaires, des journaux, des écoles, des églises, des établijS$^lI)ents de toute sorte , des usines modèles, dos chemins de fer, des plantations supérieurement dirigées, > des ports magnifiques, un commerce actif; elle est ce qu'on appelle aujourd'hui un pays civilisé.

ce Partout, dit M. de Humboldt*,où l'esclavage est ti'èsanciennement établi, le seul accroissement de la civilisation inQue beaucoup moins sur le traitement des esclaves que l'on ne désirerait pouvoir l'admettre. La civilisation s étend rarement sor un grand nombre d'individus, elle n atteint pas ceux qui, dans les ateliers, sont en contact immfédiat avec les hoirs. » i

Qn voit à Cuba, ce que Ton vit à Rome et à Athènes, l'esclavage durer à côté du luxe, l'extrême abjecticn à côté^de l'extrême opulence, et l'état des esclaves plus: misérable à mesure que les exigences de U richesse et du commerce deviennent plus impérieuses. Le même soleil fait mûrir les fruits et pourrir lefuÉEiier. Le temps' accroît la richesse des maîtres et la misère des esclaves. 11 y a bientôt quarante années que M. de Humboldt a; visité Cuba ; quarante anné^ n'ont pas changé la cont dilion des esclaves. Compter sur le temps,* c'est perpétuer Is^ servitude. ■

* V^tyagcSyiUl ^. ib6. • 'l

COLONIES ESPAGNOLES. t>15

Ce serait au gouvernement espagnol à prendre Tiniliative. Pour abolir la traite, il a fait, de mauvaise grâce, quelques efforts tardifs; pour abolir Tesclavage, aucun. Il n'est pas demeuré seulement inerte, il a été complice. Nous le verrons fermant les yeux sur la continuation •de la traite au mépris des traités les plus solennels. Nous avons vu, et il faut redire encore, sa conduite envers l'opinion des partisans de la liberté, nombreut , à l'honneur dje la société cubaine.

A :1a suite des insurrections des esclaves qui eurent lieu à Cuba à la fin de 1845 et au commencement de 1844, un mouvement abolitionniste se manifesta dans l'opinion, 92 habitants considérables de Matan- 2as signèrent (29 novembre 1843) une adresse au capitaine général O'ûonnell contre la traite et indirectement contre l'esclavage ^ ; le capitaine général refusa de les recevoir et leur fit une sévère admonestation. Une seconde adresse ayant été signée à la Havane, il la mit en pièces devant ses auteurs ; à une troisième adresse, il répondit par des menaces écrites. Plus de trois mille noirs furent passés par les armes et «n millier d'autres banni \ Quel était leur crime? Au milieu des tortures cruelles infligées à ces malheureui fioirs pour leur arracher des aveux sur l'origine de l'insurrection, ils déclarèrent, alors même qu'ils étaient at-» tachés au fatal poteau , qu'ils n'avaient pas été poussés à la révolte par des traitements trop rigoureux , mais

* [iev.coL, 1845, 7,281.

^ Uapp. du juge-3omrnis>aire anglais, Rev. col, 1847, 12, 104.

que Tamour de la liberté, dont on les avait injustement privés, les avait excités à se révolter, qu'ils étaient prêts à braver pour elle les plus cruelles souffrances et la mort même, que sans elle ils ne pouvaient plus vivre; on en vit s'échapper et se donner la mort, plutôt que de retomber en esclavage.

liOrd Âberdeen, en affirmant tous ces faits dans une dépêche au gouvernement espagnol du 2 mai 1844*, ne craignait pas d'ajouter : «Les seules personnes qui prêtent la main à la continuation de la traite sont les officiers même de la couronne d'Espagne. La cupidité du gouvernement est la cause réelle de cet affligeant trafic imposé à la colonie , malgré son danger manifeste et au grand mécontentement des propriétaires, dans le but unique d'enrichir le capitaine général. »

L'opinion s'émut à Madrid comme à la Havane. I^ remontrances du cabinet anglais eurent pour résultat la loi de 1845 pour la répression de la traite, loi plus sévère et non moins violée que les précédentes. Mais rien ne fut fait contre Tesclavage. Or il était la cause des révoltes; il ne suffisait pas de dire : n'apportez plus d'esclaves , si l'on n'ajoutait pas : n'en conservez plus. L'émancipation anglaise était accomplie; on préparait, dans cette même année 1845, l'émancipation française par des lois importantes. Le gouvernement espagnol n'exprima pas même un vœu, un espoir, il n'annonça l'intention d'aucune initiative. Quinze années se sont écoulées depuis cette époque, sans qu'un seul pas ait été fait, sans qu'un

* Rev. col, 1845, 7, 285.

seul mot ait été prononcé en faveur de Tabolition de l'esclavage.

Au contraire , le rapport qui précède les décrets de 1854, sur Venregislr entent^ V immigration^ etc., débute par ces paroles honteuses * :

« L'un des maux les plus graves dont souffre aujourd'hui rtle de Cuba, provient de la rareté des travailleurs. . . Si Ton ne se hâte d'y porter remède, les richesses que renferme cette île ne tarderont pas à diminuer et même

à s'épuiser complètement Il n'échappera pas à la

profonde pénétration de Votre Majesté, que la situation qu'on déplore est due, d'une part à l'existence nécessaire de l'esclavage, et de l'autre , aux traités en vigueur qui suppriment la traite. Les Antilles paraissent condamnées par la Providence à ne montrer leur fécondité qu'à la faveur de cette institution et aux dépens de la race sur laquelle elle pèse. De là est résultée, pour l'ile de Cuba, une situation sociale et économique qu'il est indispensable de maintenir avec tous ses inconvénients , quelque exceptionnelle et anormale qu'elle soit, car l'idée seule de la régulariser en la modelant sur les sociétés européennes ferait nailre de plus grands dommages encore pour l'État et même pour la race privée de la liberté civile.

ce De la nécessité de maintenir Tesclavage dans ces régions naissait naturellement l'utilité de permettre en certains cas, l'introduction de nouveaux esclaves, mais comme les traités le prohibent, ce moyen efTicace de conservation a

' R^.coL,i854, 13, 286.

^18 rESCLAYAGE.

înanqué à Pesclavàge au moment où le déveioppemeiit et les progrès de ragricullure le rendaient chaque jour plus nécessaire. »

L'esclavage nécessaire^ la traite nécessaire^ voilà ce que proclame en 1854, le gouvernement espagnol:

Mais, grâces* à Dieu, c'est Tabolition qui est néces- ^ire. Ce que Thumanité n'a pas inspiré, la nécessité le: commande. Cuba n'a pas changé de maîtres, mais il a[ changé de voisins. Dans tous les pays qui avoi- -sinenl Cuba, du Mexique à la Floride, de Panama à h Guyane, dans toutes les Antilles, régnait, il y a moins d'un siècle, presque partout l'Espagne, et partout l'esclavage.. Centre de l'Amérique insulaire, de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud, la reine des Antilles, Cuba, n'a plus autour d'elle que des institutions ou que des races sans ressemblance avec les siennes. Le Mexique, l'Amérique centrale, la Colombie, Saint Domingue, les Antilles anglaises, françaises, danoises, suédoises, 'n'ont plus d'esclaves. La Louisiane et la Floride en possèdent, mais elles appartiennent à la race envahissante des Américains. La grande, belle, riche Cuba semble aux Slavesholders du sud de l'Union américaine comme une terre <iétachée de leur continent qu'ils veulent reprendre à là mer. Augmenter d'une contrée divisée en deux États, le* nombre des États à esclaves, c'est rétablir dans lés deux chambres du congrès; l'équilibre des votes, et fortifielr, rétablir l'influence du Sud. L'Amérique est aux Américains comme l'Italie aux Italiens. Cuba doit être la prôiè^ des États-Unis, elle le sera : les premières tentatives ont échoué avec Lopez, elles seront recommencées. La con-

voitise du Sud est devenue un plan delà politique passée dans le langage officiel ; Cuba sera achetée, cédée ou prise.

L'Espagne livrera son dernier vaisseau et son dernier écu avant de perdre le seul joyau qui lui reste <le son ancienne couronne américaine. Déjà dans les Cortès, des défis solennels ont répondu aux menaces et aux instances du Cabinet deWashington^ Les deux cent mille mulâtres libres, qui le lendemain de l'annexion retomberaient dans un rang voisin de l'esclavage, résis'eront avec l'Espagne. Un parti puissant essayera de conquérir l'indépendance de l'île. Cependant, l'exemple du Texas prouve assez que l'Amérique avancera pas à pas, et, tôt ou tard, l'usurpation est infaillible. Car d'une pari, s'il y a aux États-Unis un parti qui la prépare, il y a dans l'île, d'autre part,, des .planteurs qui la désiiPeat, afin de ne plus payer à TEspaigne tant d'im^, pots' ci les frais de tantdé fonctionnaires^ afin d'assurer, en s'unissant à quinze États à esclaves, la perpétuité de la possession des leurs. Lord Palmerston l'a dit un jour : «leS: colons de Cuba ne tiennent plus à rËspagneqi^pari la peur d'une insurrection et par la faveui? de la traite. » Or, l'Amérique protégerait désormais mieux leur se-, curité et leur trafic. Uà assiégeants ont donc des intellif» gences dans la place, et l'envie est assurée de la comH plicitéde l'intérêt. ■. .->

A moins que l'Europe ne s'y oppose, ce siècle ert probablement destiné à voir la main énorme des Ëtats^n

« V. liv. IV, ÉlaU'Unis,

!220 LTSCLAVAGE.

Unis, s*étendre et se refermer sur une nouvelle conquête, grande comme rÂnglcterref plus riche des dons de Dieu qu'aucun pays du monde, Gibraltar de la Méditerranée américaine, sentinelle postée à l'entrée du Mississipi, gardienne du futur canal de Panama, reine des Antilles que se partagent les puissances maritimes et que la même convoitise, accrue par ses triomphes, osera menacer à leur tour?

L'Espagne, conduite par une mauvaise action à une situation fausse et extrême, a déjà tenté d'obtenir pour ses possessions la garantie de l'Angleterre et de la France. En 1852, un traité a été proposé aux États-Unis ; dans cette convention, il ne s'agissait de rien moins que d'une déclaration obligatoire de la part des trois nations, équivalente à assurer à l'Espagne la possession perpétuelle de l'ile de Cuba, sans aucune garantie de sa part à l'égard des habitants de la colonie*. Les États-Unis ont refusé un traité qui décevait leur ambition sans satisfaire l'humanité.

Depuis cette époque , nous l'avons dit ailleurs, les projets sont devenus publics, et les menaces audacieuses.

Heiireusement pour l'Espagne, la Providence lui accorde un répit et une occasion de se relever. A la faveur de la crise qui déchire les États-Unis, par une démarche hardie, l'Espagne a recouvré Santo-Domingo, et elle est sans doute disposée à placer sa main dans les révolutions du Mexique. Maîtresse ou protectrice de deux terres sans esclaves, comment conservera-t-elle la troisième et la

* La Question de Cuba, 1859, p. 57.

plus belle, comment s'assurera-t-elle la possession de Cuba?

Le seul moyen, c'est d'émanciper les esclaves!

Le sud des États-Unis n'aura plus le même intérêt à l'annexion ; s'il la tente, l'asservissement d'une terre libre pour y rétablir l'esclavage fera horreur au monde entier, et TEspagne obtiendra plus aisément l'appui de l'Europe. Quatre cents mille noirs et deux cenls mille mulâtres défendront le droit de l'Espagne avec leur liberté. L'émancipation lui enlèvera des esclaves et lui donnera des défenseurs. Les propriétaires seront indemnisés, et, s'ils se plaignent à l'excès, l'on pourra opposer à leurs plaintes les traités qui permettent de rendre à la liberté les esclaves dont on ne peut justifier l'origine ; si ces traités étaient exécutés à la lettre , que leur resterait-il donc?

Je le répète avec un écrivain distingué : c< L'aboliiion de l'esclavage est le moyen le plus infaillible d'assurer à l'Espagne la possession de Cuba^ »

De toutes les nations de l'Europe, l'Espagne a été la première à peupler d'esclaves le monde qu'elle a conquis, sera-t-ellc la dernière à renoncer à un crime qui a duré plus de trois siècles!

« M. Cucheval-Clarigny, Patrie au M janv. 1859.

PORTUGAL

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