ESCLAVES
ie07. Virginie établie par les Anglais.
1796. Tennessee admis
dan:
1627. Delaware par les Suédois.
1812. Louisiane.
id.
1C:>5. Maryland par les Irlandais calholi-
1817. Mississipi.
id.
ques.
1819. Alabama.
id.
16S0. Nord Caroline par les Anglais.
1825. Missouri.
id.
1670. Sud Caroline par les Huguenots.
1836. Arkansas.
id.
1733. Géorgie par le général Oglalhorpe.
1815. Floride.
id.
17K2. Kentucky admis dans l'Union.
1846. Texas.
id.
^ L'agriculture proprement dite, la culture du blé et celle de la vigne, ue se sont, en aucun lieu et en aucun temps, accommodés de Fesclavage. Les Romains, quand leurs biens fonciers se sont étendus, ont été ruinés, faute de pouvoir employer à la culture de leurs champs un assez grand nombre d'hommes libres, et malgré la quantité de leurs esclaves, ou plutôt par suite de cette quantité même, car il fallait entretenir toute Tannée des bras qui n'avaient d'emploi qu'une partie de l'année. Ainsi le sucre, le coton, le café, choses dont l'homme peut à la rigueur se passer, voilà ce que l'esclavage* produit ; le pain, le vin, les aliments nécessaires, sont, par la grâce de . Dieu, des dons du travail Ubre.
^ Le coton longue soie est cultivé avec difficulté ; on en récolte h peine un dixième contre neuf dixièmes de coton courte soie. Mais, dans celui-ci, le coton adhère si fort à la graine, qu'un homme ne peut en éplucher à la main plus d'une livre par jour. Même avec les rouleaux et les roues dont se servent les Indiens, la dépense est encore excessive et telle que, jusqu à Tinvention de Whitney, l'Amérique exportait k peine cette sorte de coton. En 4794, l'exportation s'élève de 187,000 balles à 4,601,760. En 1800, elle atteint 17,000,000. En 1810, 95,000,000, et actuellement elle dépasse 1,100,000,000 de livres.
Le saw-gvi, machine scie, est perfectionné maintenant ; il a l'inconvénient de couper la fibre du coton longue-soie; on se sert de préférence de la machine connue sous le nom de roUer-gin de Mac'arthy. (American Slavery, par Senior; p. 11, 1856. — La Question du coton en Angleterre, par John Nmet, Rame des deux Mondes du 1" mars 1861.)
ÉTATS-U^MS D'AMÉRIQLff]. 17
exportait à peine 200,000 livres de coton; elle en exporte nujourdMiui pour plus de 600 millions de francs. Voilà, sans parler du riz, du tabac et surtout du sucre, ce que produit le travail des pauvres esclaves ! Mais voilà aussi ce qui produit, encourage et décuple Tesclavage. Il plaît à Dieu que nous retrouvions la solidarité humaine jusque dans les plus vulgaires détails, et on frémit en pensant ce qu'une pièce de cotonnade coûte de peine, à Fautre bout du monde, à des êtres humains, sans parler des êtres soi-disant libres, que les fabriques de Manchester emploient à tisser ce que des mains esclaves ont récolté !
Ce qu'un pareil commerce a donné de développement aux Étals du Sud, on le comprend ; la cession de la Louisiane par la France, de la Floride par TEspngne, ajoutèrent à cette prospérité.
Mais comment fournir à la demande de bras qu'elle suppose, et sans la traite \ comment obtenir assez d'esclaves ?
On y pourvut par la traite clandestine, puis par un autre moyen abominable, relève desnèijres. On élève dis nègres comme ailleurs on élève des chevaux, on a un mâle pour dix femelles, on pousse à la reproduction par tous les moyens, on multiplie les produits, puis on les
* Le révérend J. Dana, dans le discours de 1790 déjà cité, es'.iiKe (^ue, pour recruter Tesclavage aux Étals-Unis et aux Indes Occidentales qui renlermaient ensemble 1,601,302 esclaves, il fallait une iinporlation de 70 à 80,000 esclaves demandés k r Afrique tous les ans. 11 en concluait que, depuis le commencement de la traite, l'Afrique avait fourni près de 20,000,000 d'esclaves, soit, k50 liv. st. par tcte, une valeur de 603,000,000 liv. st., ou 1,500,000,000 fr. d'èlrcs humains.