L'abolition de l'esclavage
J'oublierais que vous avez approuve; mon dessein, aide mes recherches-, encourage ma perseverance.
J'oublierais surtout que la question a laquelleje consacre mes efforts vous appartient. Votre main plus qu'aucune autre a contribue par des coups repetes a briser enfin le lien pesant et injuste qui retenait dans l'esclavage, a l'ombre du drapeau frangais, en face des autels Chretiens, au milieu du dix-neuviemc
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si&ele, deux cent einquante mille creatures humaines.
Vous avez, le 28 mars 1822, propose a la Chambre des pairs une adresse an Roi, afin de lui demander d'ordonner les mesures propres a mieux assurer 1'entiere abolition du commerce des esclaves.
Vous avez, le 24 janvier 1827, a propos de 1'article ler du projet de la loi sur la repression de la traite des noirs, prononce un memorable discours dont le souvenir n'a pas peri avec le temps*.
Vous avez ete appele, le 26 mars 1840, a la presidence de la commission cel£bre, chargee de preparer 1'abolition de 1'esclavage et la constitution politique des colonies.
Vous avez, en mars 1843, apres une immense enquete et d'enormes travaux, presente au ministre de la marine le rapport de cette commission.
Vous avez signe, le 29 mai 1845, apres 1'avoir negoeiee, la convention conclue avec Sa Majeste Britanniqiie, pour la repression de la traite des noirs, convention qui mettait d'accord les interets de l'humanite avec les justes susceptibilites nationales, excises par les traites de 1831 et 1833, et par la convention de 1841.
Vous avez soutenu, le 7 juillet 1845, par un dis-
1 V. le savant memoire a lTostitut de M. Charles Giraud, sur Fesclavage des negres, Comptes rendas de V Academie des Sciences morales, 4861, p. 194.
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cours a la Chambre des pairs, les projets de loi destines a favoriser le rachat, Education et le bieiHHre des esclaves.
Yous avez, le 13 Janvier 1846, defendu la convention du 29 mai, attaquee devant la Chambre des pairs.
Apres l'abolition de l'esclavage (4 mars 1843), lorsqu'il devint urgent de retablir dans nos possessions lointaines, l'ordre compromis par la Revolution , c'est a vous qu'on demanda, le 22 novembre 1849, de prfoider la commission chargee de preparer le nouveau regime des colonies.
Dixansplus tard, quand unenouvelle commission coloniale examina les questions difficiles soulevees par I'enrolement desnoirs sur laeoted'Afrique, c'est encore a vous, en 1858, que cette commission sV dressa, necroyant pas pouvoir se passer, en pareille matiere, de Fautorite de votre incomparable experience.
Que serait-ce, si j'ajoutais a Tenumeration de tant d'actes publics les resultats de votre influence, constamment occupee, pendant ces quarante annees, des interets obscurs des humbles clients dont la Providence vous fit Tavocat !
Vous avez rencontre dans cette lutte d'obstines contradicteurs, mais d'infatigables allied II ne faut pas se plaindre, quand on pent associer a la defense d'une meme cause la raison pratique de MM. Passy et de
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Tracy, auteurs des premiers projets d'abolitfon, l'admirable langage de MM. de Remusat et de Tocqueville, rapporteurs de ces projets, F eloquence de M. Gui-< zot, deM. de Lamartine ou de M. Berry er, la foi de M. de Montalembert, le zel'e de M. de Gasparin, la science de M. Wallon, Fardeur democratique de M. Schcelcher, en un mot le coneours des soldats divers et nombreux de.cette vaste armee que la justice, en France, a le pouvoir de recruter au-sein de tous les partis.
Iln'est pas une annee, presque pas un jour ou, de concert avec ces genereux auxiliaires, vous n'ayez, pendant quarante ans, tenu en eveil le pouvoir par des interpellations, Fopinion par des publications, les auteurs par des recompenses, les voyageurs par des questions, la France et ['Europe par des debats repetes, vaste et pacifique agitation de la misericorde qu'avait deja vueFAngleterre, et qui, grandissant peu a peu, elevant enfm la voix au-dessus des clameurs de Finteret, a fini par ecrire, au foncls de toutes les consciences^ un acte d'accusation irresistible contre Fesclavage. Par votre memorable rapport de 1845, vous avez redige la sentence, vous avez prononce la condamnation la Republique de 1848 eut Fhonneur de Fexecuter,
L'abolition de Fesclavage dans les colonies de la France vous est principalement due, Apres les fatigues d'une longue carriere melee de triomphcs et de
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mecomptes, il n est pas, selon la belle expression de M. Guizot1, « il n'est pas de sueurs qu'nne telle palme ne seche sur le front ou on la pose. »
Cependant, dmupar le bruit des agitations violentes des Etats-Unis, vous suivez d'un regard inquiet 1'esclavage sous ses nouveaux aspects^ ri'affligeant plus seulement quelques petites soci&es secondares, mais, agrandi, envenime, menagant la paix, 1'honneur, Texistence meme d'une des premieres nations que la terre possede et que l'histoire ait nominees. Vous vous demandez si, dans eette triste vie, comme on pleure une a une ses affections, de meme il faut porter le deuil de ses espepnces, s'il faut renoneer a 1'abolition de Tesclavage, quel est J'etat actuel, quel est 1'avenir de cette grande question, Tune des passions de votre ame. (M en sommes-nous apres un sieele d'efforts ?
11 y a plus d'un demi-siecle^ le 2 avril 1792, al'epoque ou M, Wilberforce soJlicituil du parlement anglais 1'abolition de la traite, M. Pitt s'ecriait: « L'humanite est sur le point d'etre dehvree du plus
1 Vie de Washington.
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grand mal pratique qui ait jamais afflige notre race de la calamite la plus lourde et la plus etendue clonl Thistoire du mondeait garde la memoire\ » Cetle couronne que le dix-lmitieme sieclen'a pas obtenue, le dix~neuvieme siecie, deja penche vers ses dernieres annees, ne la porle pas encore dans ses mains, car le grand ouvrage de Emancipation des esclaves au sein des nations chretiennes est loin d'etre lermine.
La traite, sans parler des iois speciales de chaque paySj a ete condamnee par trois congres, une bulle. du Pape, vingt-six traites, et plus de cent conventions avec les petils souverains de l'Afrique. De glorieuses journees ont vu naitre a la liberie huit cent mille esclaves affranchis par 1'Angleterre2, deux cent cinquante mille affranchis par la France5, quelques milliers affranchis par le Danemark el par la Suede.
Mais la traite s'exerce encore; elle defie les lois, elle brave les croisieres. Les Etats-Unis possedent a eux seuls plus de quatre millions d'esclaves; leBresil,
1 « Mankind is now likely to be delivered from the greatest practical evil that ever has afflicted the human race, from the severest and most extensive calamity recorded in the history of the world. »
Ce discours est dans les livres et pieces sur Fesclavage, reunis par Gregoirc, ancien eveque de Tours, qui appartiennent maintenant a la bibliotheque de 1' Arsenal.
* Nombre exact : 770,390, non compris l'lnde et Ceylan.
5 Nombre exact : 248,560, y compris le Senegal, Nossi-Be, Sainfe- Marie.
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deux millions au moins; les colonies hollandaises, pres de cent mille; les colonies espagnoles, six cent mille. II resle done sur la terre chretienne, sans parler du monde paien, pres de sept millions d'esclaves baptises!
Pourquoi done la voix des hommes iilustres qui ontmene 1'oeuvre de F emancipation si loin, et a qui revient l'immortel honneur d'avoir assure un des plus beaux triomphes que les societes humaines aient jamais remportes sur elles-memes, est-elle eteinte ou silencieuse?
II semble que ce siecle si vite epris, sitot lasse de tant de causes genereuses, s'arrete encore ; est-ce pour se reposer? est-ce pour se repentir?
Le silence de l'opinion et de ses maitres a une autre cause. On se tait, parce que tout est dit.
L'illegitimite de la servitude, en effet, est au petit nombre des verites que FEvangile, la science et la liberte politique, ont rendues mattresses de la conscience humaine dans toute l'Europe.
La philosophic donne a tous les esclaves l'ame egale a la notre que lui refusait peut-etre Aristote1. La physiologie declare le noir et le blanc, malgre d'importantes differences, membres de la meme fa-
1 Wallon, Histoire de I'Esclavage dans Vantiquite, lome ler, chap, xi, p. 556. — Moehler, Abolition de I'Esclavage par le Christ ianisme dans les quinze premiers siecles, chap. 11, trad. Symon de Latreielie, \ 841 , p. i 99.
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mille. L'hisloire ne clecouvre entre les possesseurs et les possedes la trace d'aucune conquete legitime. Le droit ne reeonnait plus aucune validite a un pretendu contrat dont le litre n'existe pas, dont l'objet est ill i— cite et dont les parties sontl'une sans libre arbitrc, Tautre sans bonne foi1. L'ethnologie eleve a la hauteur d'une belle loi la difference radicale qui place dans le monde au premier rang les races qui travaillent coinme FEuropeen, au dernier rang les races qui font fcravaiiler, comme le Turc. L' economic politique affirme la superiorite du travail libre sur le travail force, et elle condamne tout ce qui prive I'homme de la condition essentielle de sa vie morale et materielle, la famille. La politique et la charite, placees a des points de vue divers, acceptent la meeie conclusion; la charite, plus tendre, deteste Fesclavage parcequ'il opprime la race inferieure; la politique, plus haute, le condamne surtout parce qu'il corrompt la race superieure.
Comme les sciences, les partis, les croyances se sont mis d'accord.
Toutes les nations, libres ouabsolues, monarchiques ou republieaines, tous les clerges, catholiques ou protestants, avaient ete complices de Fesclavage. Les nations qui perseverent sont: les Etats- Unis du Sud etla Hollande, deux nations protestantes ;
1 Du Droit industries par M. Renouard, partie Ir% cbap. v, Paris,
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i'Espagne elle Bresil, deux monarchies eatholiques. Mais FAngleterre et la France, les Etats-Unis du Nord et le Perou, la Suede et le Portugal y ont renonce. Les anglicans, les baptisles, les wesleyens etles Moraves ont dans celte salutaire penitence line aussi belle part que les eatholiques. line si grande questioQest un terrain heureux ou la tolerance el Punion sont des biens acquis et des forces necessaires. Ge remarquable accord est la victoire de notre siecle : elle est complete dans le domaine des idees, les principales nations de l'Europe ont conforme leur conduite a leur conviction ; on .setait, persuade que le temps fera le reste.
Par malheur, il est de la nature de Tesclavage de renaitre sans cesse, et quand il est etouffe sur un point de la terre, il delate et s'etend sur un autre.
II renait, chose a peine croyable! dans les discussions purement theoriques, il n'est pas raeme entierement chasse de la raison. En Amerique, on compose des bibliotheques entieres de livres en faveur de I'esclavage. II y a, pour le defendre, une ecole que M. deGasparin appelle spirituelleraent une ecole de theologie cotojineuse1. En Angleterre, on ose ecrire: 2 « Nos grand-peres ont commis le crime, nos peres ont eu le remords. a nous la reflexion ; nous nous sommes peut-etre trompes. » En France, on
1 Les Etats-Unis en 1861, par le comte de Gasparin.
2 Extraitdu Times, 1861.
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repetesans examen que Emancipation des esclaves a iue ies colonies. Plus qu'on ne le croit, l'opinion se laisse entrainer par ces repentirs d'une bonne action. II est dans la nature de l'esprit humain de douter le lendemain de ce qu'il a fait la veille. Les inconvenients de chaque chose naissante troublentle regard, et rajeunissent les objections; les erreurs les mieux deracinees ont bientot un retour et comme une arriere-saison, moment dangereux oil il faut recom- .* mencer a justifier 1'evidence et k demontrer le lieu commun.
En outre, au nombre des plus douloureuses consequences de l'infortune, est la fatigue, est Tindifference qu'entraine Texpose reitere de ses maux. La declamation et la satiete ont rendu fastidieuse, presque suspecte, la cause des esclaves, avant qu'elle ne soit gagnee. Certaines personnes ont pour la question de 1'esclavage le meme mepris que pour 1'esclave lui-meme. Insensible a ces difficultes, je me contenterais de repeter ce que M. Canning disait aM. Dundas, il ya plus d'un demi-sieele 1 : « Tant qu'il n?y aura pas eu de refutations claires et positives des anciens arguments, je renouvellerai leur emploi. »
Mais les arguments nouveaux abondent, car Tesclavage renait encore bien plus dans les fails que dans les idees.
1 Discours mr la motion de M. Wilberforce, ior mars 4799.
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11 est generalement admis que l'esclavage avait a peu pres entierement dispam de TEiirope, sous rinfluence de 1'Eglise catholique, vers le douzieme siecle1. An quinzieme, au seizieme, il recommence. Au dix-septieme siecle, les rois l'encouragent par des traites et le subventionnent par des primes. Au dix-huitieme siecle, il est attaque ; il est efface des lois de l'Angleterre et de la France au dix-nervieme siecle; au meme moment, il s'etend, avec des proportions encore inconnues, dans les deux plus puissants Etats de l'Amerique, le vaste et florissant empire du Bresil, la jeune, libre et grande republique des Etats- Unis.
J'ecris preeisement dans Fannee 1861, qui a, pendant le meme mois, vul'empereurde Russie (19 mars) proclamer 1 'emancipation deplus de vingt millions de serfs, et, dans un autre continent, 1'installation du president de la republique des Etats-Unis (4 mars) saluee par la separation des Etats possesseurs d'esclaYes, qui se levent en armes pour sauver aux depens dc la patrie leur propriete vivante.
En face de tels evenements, on ne pent contester
1 Michelet, Rapport a I Academic des sciences morales, 31 aout 1839. — Naudet, Memoires sur la condition des personnes. — Wallon, Histoire de I'Esclavagedans Vantiquite, 1840. — Edouard Biot, De V abolition de VEsclavage ancien en Occident, 1840. — Yanoski, De I' abolition de VEsclavage ancien au moyen dge,iS60.
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ni la nouveaute, ni Fabondance, ni le terrible a-propos des arguments.
-Seulement, ii convient de les presenter a im point de vue nouveau.
Dememe que les systemes inventes par F esprit humain apparaissent sur la scene de Fhistoire dans un certain orclre regulier, ainsi que Fa demontre M. Cousin, de meme? dans un debat qui dure longtemps, les arguments se presentent aussi dans un certain ordre, et les demonstrations, sans changer d'objet, changent de forme. Habituellement, on debute par les extremes. Entre les sentiments et les interets, entre F emotion et les menaces, aucune entente n'est possible. Peu a pen, on se rapproche enraisonnant, on prendles faits pour juges, et F accord s'etablit sur le terrain pratique.
Les arguments dTl y a cent m&pour et contre Fesclavage ne sontplus tons de saison.
En 1778, 1'amiral sir Peter Parker, gouverneur de la Jamaique, declarait « que Fabolition de la traite des noirs enleverait a FAngleterre ses colonies, la moitie de son commerce et son rang comme puissance maritime1. »
Les abolitionnistes delameme epoque (1792) pro-
1 The abolition of the afriean slave trade would cause a general despondency among the negroes and gradually decrease population and consequently the produce of our islands and must in time destroy near one half of our commerce, and take from Great Britain all pretensions
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posaient comme une sorte de croisade pieiise et niaise 1'abstention universelle de l'usage du sucre1.
En France, pendant ce temps, le ministre de la marine ecrivait au gouverneur de Saint-Dominguc (1771) :
« Sa Majeste a pense qu'il importe au bon or Ave de ne pas affaiblir Vetat d' humiliation attache a Vespece, dans qnelque degre qu'il se trouve, prejuge d'autant plus utile qu'il est dans le cceur meme des esclaves et qu'il contribue pvincipalement au repos des colonies 2. »
D'un autre cote, les abolitionnistes, bravant Fevidence et l'histoire, accordaient a la race noire les plus brillantes destinees intellectuelles, et Gregoire composa un livre sur la Litter ature des negres.
Nous n'en sommesplus a ces exagerations. Le sentiment garde sa place, la raison a pris la sienne, le
to the rank she now holds of being the fu st maritime power in the world. {Documents de Gregoire, biblioth. de l'Arsenal.)
1 An address to Her Royal Highness the Duke of York against the use of sugar, 1792 :
As the slavery of the negroes was owing to the cultivation ol the sugar, that all the enemies of this slavery, all those who wished its abolition, should altogether abstain from the use of that commodity, till such time as effectual measure should be taken to prevent the further importation of slaves and proper methods be adopted to procure their freedom for those who are in our plantations. (Bibliotheque de V Arsenal, ipapiers de Gregoire, 2° volume.)
2 27 mai 1771. (Histoire de la Guadeloupe, par M. Lacour, 1 855- 1860, p. 592.)
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prejuge a perdu cclle qui ne lui apparfcenait pas. Nous, sommes devant les fails, devant les realites pratiques. II serait trop facile de s'engager dans un plaidoyer pathelique; il faut se refuser les larmes et consuUer les cbiffres.
Ouvrons done une enquete sur les resultats compares de V emancipation dans les pays qui Vont prononeee et de V esclavage dans les pays qui Vont maintenu.
Voiei le cadre de cette enquete * :
1° Que sont devenues ies dix-neuf colonies a escla-
1 Les resultats de 1'experience anglaise out 6te completement exposes, dans les documents parlementaires, dans les traductions et les rapports qua publies, en 1840, 1841 et 1842, notie ministere de la marine et des colonies, enlin et surtoufc dans le memorable rapport du president de la commission coloniale, M. le due de Broglie. II ny a qu'a continuer I'enquete depuis cette epoque jusqu'a nos jours, travail facile, car FAngleterre publie tout ce quelle fait et elle vit an milieu d'une enquete perpetuelle. J'ai du la connaissance de tous les documents parlementaires a mon honorable ami, M. Monsell, membre du Parlement, a deuK des fds de William Wilberforce, enfm a l'infatigable et universelle obli^eauce de M Senior.
Les resultats de Texperiencc francaise sont plus recents et moins connus. Grace a la permission de M. le comte de Chasseloup-Laubat> ministre des colonies, j'ai ete admisa (aire des recherehes dans tousles services du ministere, et je dois les plus vils remerci meats a M. le mi-
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ves de l'Angleterre, depuis le bill d'emnncipation de 1854 ? La morale, la richesse, le bonheur sont-ils, depuis celle opoque, en progres ou en decadence?
nistre, a M. le baron de Rcnjoux, directeur des colonies^ mix encouragements contimiels de 1'un des hommes qui conuaissent et qui exporsent le mieux toutes les questions eoloniales, M. Jules Delarbre , directeur du cabinet, enfin a l'assistance secourable de MM. Beau , Guiraud, du Chayla, Roy, Farcy, Eguyer, Avalle, etc.
Aux colonies, j'ai consulte avec le plus grand profit M. Husson, directeur de 1'interieur a la Martinique, M. Constant Mourette, et des habitants des diverses possessions de la France.
En dehors du ministere, les ecrits excellents de MM. Jules Duval et Lepelletier Saint-Remy, qui out plus que personne le merite et le talent d'interesser la France a ses colonies trop souvent oubliees, Galos, B.mdrillart, Lacour, de Chazelles, Legoyt, Richebt, Chemin-Dupontes, etc., ne mont pas moins servi que les rapports aux Chanibres, anciennes et nouvelles, presentes par des hommes superieurs comme MM. Dumon, Passy, de Tocquevi lie, Rossi, Beugnot, Benoist-d'Azy, Behic, Mestro, Kolb-Bernard, Ancel, Hubert-Dclisle, Caflarelli, etc., sans oublier les memorables di>cours deMM. de Montalembert, de Gaspaiin, de Lamartine, de Tracy, de Rernusat, de Lasteyrie, d'Haussonville, ou les livres etTles travaux de MM. Schoelcher, Castelli, Leehevalier, Bayle-Mouillard, Barbaroux, Lavrle, d'Avrainville, et de tant d'autres adversaires eclaires de l'esclavage ou defenseurs intelligents de la prosperity coloniale, de Findustrie, de la marine, de la grandeur nationale.
Je dois enfin des actions de graces a Mgr Desprez, ancien eveque de 1'ile Bourbon, aujourd'hui archeveque de Toulouse, au venerable abbe Jean de ia Mennais, fondateur des (reres de Ploermel, qui dirigent presque toutes les ecoles des colonies, a M. l'abbe Senac, au R. P. Gratry, a M. l'abbe Perreyve, a M. l'abbe Gaduei, qui ont bien voulu soit me fournir de precieux renseignements, soit revoir et approuver les chapitres relatiis a l'influfnce du christianisme.