‹ L'abolition de l'esclavageChapitre 22 sur 42 · MOUVEMEMT GENERAL DES AFFAIRES · texte numérisé non relu

MOUVEMEMT GENERAL DES AFFAIRES

Martinique 39,226,503 fr. 51,640,959 fr.

Guadeloupe 39,228,912 59,904,671

Gupne 4,081,799 7,954,370

Reunion 55,074,048 72,524,705

Pour etre plus precis encore, ne comparons, si Ton

m ABOLITION DE L'ESC LAVAGE.

veut, que le chiffre des exportations a dix ans de distance :

Martinique 18,323,921 h. 24,830,095 h.

Guadeloupe 20,-420,522 23,519,277

Guyane, 1,622,919 961,272

Reunion 12,620,602 55,150,125

Excepte a la Guyanc, ou l'immigration est aussi presque nulle, les produits ont ete partout plus eleves. Or, a la Martinique, a la Guadeloupe, le chiffre Jes immigrants a ete jusqu'a cette epoque insignifianl; les produits sont done presque entierement le resultat du travail des aniens esclaves. A la Reunion, admettons que les engages ont double le nombre des travailleurs; or le produit a triple : les anciens esclaves y sont done pour quelque chose, sans oublier les machines.

On objecte que le nombre d'hectares en cultures a diminue dans trois colonies :

Martinique 34,530 31,723

Guadeloupe 45,813 23,876

Guyane 8,784 5,756

Reunion.. . 61,626 91,629

On le voit, dans les colonies, excepte a la Reunion, Tetendue des cultures a diminue, et notamment a la Guadeloupe et a la Guyane d'environ moitie, bien que le chiffre des produits ait augmente.

Mais il est impossible de sortir de ce dilemme : Puisque les produits du travail ont augmente, ou bien la plupart des esclaves ont travaille, et, dans ce cas, il est injuste d'accuser Emancipation d'avoir tue le travail,

COLONIES FIUNQAISES. 255

ou bien le nombre de travailleurs a diminue, et dans ce cas, moins de bras ayant suffi a plus de produits, c'est la meilleure preuve de la superiority du travail libre sur le travail esclave.

11 fa ut en conclure que le travail libre est plus productif que le travail esclave, et que la meilleure gestiondes habitations, le perfectionnementdes precedes, ont amene des progres sous Taiguillon dela necessite. Or onsait que la diminution des bras etait Tun des progres les plus urgents a realiser. « On est surpris, ecrivait en 1847 un observateur deja cite, de voir des centaines d'esclaves, des troupeaux de mulets et de boeufs qui cultivent quelquefois moins de 50 hectares. . . et font valoir un domaine que cultiveraient en France quelques valets de ferme et une demi-douzaine de chevaux. » Qu'on ne se plaigne done pas de la diminution des bras, sans se souvenir qu'autrefois ils etaient en exces : avec moins, on produit plus.

Mais il faut convenir, en meme temps, que d'importantes cultures ont etc abandonnees; on a continue a negliger le cafe, peut-etre parce qu'on avait trop epuise la terre, mais la canne, a qui on a tant sacrifie, a ete, sur plus d'un point, delaissoe, je ne le nie pas1.

Remarquons-le de suite, cela tient a trois causes et non pas a une seule.

1° Ce ne sont pas sculement les noirs qui ont fui les habitations, ce sont les blancs. Le travail a ete moins de-

1 Voici les chiffres dc 1856, la dernierc annee dont les resultats soient connus officiellement, compares a ceux de 18-43. Ces chiffres sont extraifs des Notices sur les colonies, par M. Roy, et des Tableaux depopulation,

mande, mais aussi moins offert. Le moment du payement de l'indemnite a ete Theure d'une liquidation generate.

de culture, de commerce el de navigation, (.our l'amiee 1 850, publics eu 1850, n*g 12 a 17.

MARTINIQUE

GUADELOUPE

ft 84«,

Nombre dhectaros en culture

04,oou

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Ol, / it)

23,8 lb

Cannc a sucre . .

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