INTRODUCTION
« Votre Commission pense qu'une discussion générale est nécessaire ^ur a les questions traitées dans ce rapport. Si tel des principes généraux de « votre Commission était contesté, si telle des idées qu'elle a condam- « nées semblait au contraire devoir être adoptée et donner lieu à des et dispositions législatives, des riécisions de l'Assemblée exprimées par « des renvois à la Commission ou des ordres du jour motivés pour- « raient amener une solution définitive. Ce n'est qu'après une pareilU 0 épreuve que ces importantes questions devront être considérées comme « résolues, » *-
Ainsi s'exprime, en ces termes formels, le rapport que M. Thiers a déposé le 26 janvier 1850, au nom de la Commission de trente membres qui avait été élue au commencem.ent de 1849, dans le but suivant, tracé par elle-même :
« Vous avez choisi dans votre sein une Commission de trente mem- « bres, à laquelle doivent être adressées toutes les propositions relatives
9 à l'assistance publique, soit que ces propositions naissent de votre « initiative, soit qu'elles émanent de celle du gouvernement. Votre in- « tention a été de ramener à un centre commun tous les travaux qui a ont pour but d'améliorer la condition des classes ouvrières, d'éviter « ainsi les efforts divergens, et de rattacher à un ensemble bien conçu, 0 d'accord dans toutes ses parties, les institutions de bienfaisance déjà « créées ou restant à créer. »
a Malgré ces termes que je viens de transcrire, l'Assemblée nationale-, dans sa séance du 49 juin 1850, consultée sur la question de savoir si le rapport serait mis à l'ordre du jour et s'il serait l'objet d'une discussion générale, s'est rangée à cette opinion de M. Léon Faucher, adoptée avec empressement et appuyée avec insistance par M. Rouher, ministre de la justice : « Je comprends qu'on mette à l'ordre du jour 0 un projet de loi, mais je ne comprends pas qu'on y mette un rap- 0 port. »
L'Assemblée nationale a voté, sans réclamation de la pari de M. Thiers, que son rapport sur l'assistance et la prévoyance publique naurail [>as le dangereux honneur d'être mis à l'ordre du jour.
Cette inscription à l'ordre du jour, à peine mes pouvoirs venaient-ils d'être vérifiés, dans la séance du i9 juin, que je l'appuyais en ces ternies : •
« M. EMILE DE GiKARDiN : J'ai demandé la parole pour répondre seulewient quelques mots à M. !e ministre de la justice.
« M. le ministre de la justice vient de vous dire qu'il fallait vider les questions générales d'assistance publi(|ue sur un projet de loi spécial. ~
« il ir\e semble que, tout à l'heure, à cette même tribune, l'honorable M. Benoist-d'Àzy tenait un langage absolument contraire. Il disait, à propos de la proposition de M. d'Adelsward : Ce n'est pas incidemment, ce n'est pas partiellement qu'il faut |)oser une question aussi grave que celle qui se rattache à notre système général d'impôts...
« M. benoist-d'azy : Je n'ai pas dit cela! (Mouvement à gauche.)
« M. EMILE DP GiRARDiN : Je demande, messieurs, que la majorité se mette d'accord dans son langage : il faut choisir entre l'opinion qui a été émise du côté de cette Assemblée, et l'opinion qui vient d'être soutenue pur un des membres du gouvernement.
(c Voulez-vous une discussion générale sur fimpôt? Je ne demande pas mieux que de l'engager sur la proposition de M. d'Adelsward.
« 'Voulez-vous une discussion générale sur la question de l'assistance? Alors, mettez donc à l'ordre du jour le Rapport présenté par M. Thiers.
« Xq ne saurais, en effet, comprendre l'objection apportée à cette tribune pai? M. le garde-des-sceaux; car cette objection est la critique radicale du rapport, de M. Thiers. Elle le renverse; elle le détruit.
« M. Thiers a compris, et il avait raison, qu'il fallait relier en faisceau toule.s es questions qui touchaient à l'assistance publique : c'est là véritablement la raison de son rai>port. Eh bien ! qu'est-ce qu'on vous propose on ce moment? On vous propose de détacher, d'isoler, d'amoindrir toutes les questions soulevées par le rapport d'ensemble sur l'assistance publique. .
« Je demande donc, en raison des considérations très sensées qui viennent d'être apportées tout à l'heure à cette trPbune par l'honorable M. Benoist d'Azy, qu'on inscrive à l'ordre du jour de lu/udi le rapport de M. Thiers. »
Si je rappelle ce peu de mots prononcés, c'est qu'ils sont nécessaires
pour bien fixer le poinl de départ du travail que j'ai entrepris, et |)our expliquer commeut j'ai été amerié à écrire et à publier la lettre suivante :
Au secrétaire de la rédaclion de la Presse.
« Paris, 20 juin 1850.
o La majorité a décido hier qu'elle ne meflrait pas à l'ordre du jour le rapport fait par M. ïhiers au nom de la Commission de l'assista7icr et de la préinnjance publique, et qui a été déposé dans la séance du 20 jauvirr 1850. Ce rapport, qui se compose de 156 pages, et qui renferme la matière d'un volume, passe en revue les questions suivantes :
« ENFANS trouvés;
« sociétés de charité maternelle; « bureaux de nourrices; « crèches;
« SALLES d'asile;
« FIXATION DES HEURES DE TRAVAIL POUR LES EiNFANS;
« SOCIÉTÉS DE patronage; « COLONIES pénitentiaires;
« hospices DES SOURDS-MUETS ET DES JEUNES AVEUGLES;
« DROIT AU travail;