‹ L'abondance et la prospérité [microforme]Chapitre 4 sur 5 · LS · texte numérisé non relu

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autres fondateurs. Mais ce que je tiens à dire c’est que quand M. Tarte affirme que la protection était un des articles de ce programme, M. Tarte fait une erreur complète. Il n’était pas question dans le programme du parti national de Protection, ni d’aucun article commercial, excepté celui que je vais vous dire dans un instant, J'étais bien sûr de mon fait, néanmoins j’ai tenu à merafraichir la mémoire : j'ai consulté les journaux du temps, et j'ai en mains le Programme du parti national, adopté à Montréal en 1871, adopté à Québec en 1872, et le seul article qui ait trait à la politique commercial du pays se trouve exprimé dans cet article sur lequel j'attire l'attention de cette assemblée :

‘“Obtention du droit absolu de

règler nous-mêmes nos relations commerciales avec les autres pays.”?

Cette idée, messieurs, comme vous le voyez, n’est pas nouvelle, elle date déjà depuis longtemps. J'ai eu occasion de la rappeler il n’y a pas bien longtemps dans une circonstance qui l'a rendue nécessaire, mais c'est un viel article de notre Programme, c'est une ancienne tradition de notre parti, et si elle a été mise de côté pendant quelque temps c’est que les circonstances je s'y prêtaient pas, et que des devoirs plus importants nous appelaient ailleurs. Mais c'est là, Messieurs, tout ce qui se

trouvait dans le programme du parti national qui eut trait à une politique commerciale.

Quant à la Protection, dans cette circonstance, comme dans bien d’autres depuis cette époque, il y avait parmi nous des libre-échangistes, il y avait parmi nous des Protectionnistes ; mais, comme notre système de prélever les revenus nécessaires à l'administration du Pays au moyen de droits de douane imposés sur les marchandises importées, comme ce Système-là comporte nécessairement une protection égale au montant du droit prélevé, nous avons toujours cru que dans ce système-là il y avait

suffisamment de protection pour donner sa. sfaction complète aux manufacturiers de ce pays,

Messieurs, je n’ai pas besoin de vous rappeler ceci : Que ce programme-là a toujours été le Programme du parti libéral, qu'il a été adopté à la grande convention libérale qui eut lieu dans la ville d'Ottawa dans l’année r893, qu'ila été le Programme sur lequel nous avons été appelés à la direction des affaires du paysen 1896 et qu'il a été également le principe adopté par le gouvernement libéral dont M. Tarte faisait partie en 1897 et qui se trouve dans le tarif Fielding que nous avons aujourd’hui,

Maintenant, Messieurs, ai-je besoin de vous rappeler que le tarif que nous avons aujourd’hui a eu des résultats prodigieux ? Sous le tarif que nous avons aujourd’hui, nous somme entrés dans une ère de prospérité qui ne s’est jamais vue peut-être dans aucun pays ; sousle tarif de M. Fielding, le tarif qui est en force aujourd’hui, le commerce s’est développé à un degré inoui, sans précédent dans l’histoire des nations civilisées ; les importations ont augmenté du double, les exportations ont augmenté dans une proportion plus remarquable encore ; la production industrielle a pris des élans qui ont été une cause de surprise, même pour les manufacturiers, la production agricole a simplement changé la face du pays ; la classe ouvrière, comme vous le savez mieux que moi dans cette ville de Montréal, pendant les sept dernière années, sous le tarif Fielding, le tarif de revenu que nous avons aujourd’hui, la classe ouvrière a trouvé du travail a des prix plus rémunérateurs qu’elle n’en avait jamais obtenu encore dans l’histoire du passé ; la classe agricole a trouvé l’aisance, l'abondance, la richesse même, à un degré qu’elle n’eut jamais soupçonné ; l'émigration, ce flot, cette plaie ouverte dars le flanc de notre population, qui a décimé notre pays pendant plus de soixante ans, l’émigration a Presque complétement disparu ; bien plus, les tables

nent enrichir le Canada. Et, Messieurs, ce n’est Pas tout, il y a plus que cela encore : Le Canada, sous l'empire de ce tarif, est sorti de la simple sphère d’une colonie qu'il était il y a sept ans, le Canada s’est proclamé Un pays et aujourd’hr; Personne ne lui conteste ce titre ; le nom du Ca. nada, qui était inconnu il Y à Sept ans, est aujourd’hui connu de tout le monde civilisé, et ce n’est pas trop dire, ce n’est Pas trop affirmer, il n’est Pas un canadien dans cette salle, il n’est pas un canadien dans la division St-Jacques, il n’est Pas un canadien dans la division d’Hochelaga, il n’est Pa un canadien depuis l'Océan Atlantique jusqu’à l'océan Pacifique qui ne se sente aujourd’hui Plus fier de son titre de canadien qu’il ne l'était

En face de ces résultats prodigieux, en face de ces résultats sans précédent, on vient nous dire : Oh ! ce n’est Pas assez que ça aïlle bien, Voyons si ça ne pourrait pas aller mieux,

Aller mieux : Si le peuple canadien avait l’imprudence de confier le Pouvoir à ceux qui lui parlent ainsi, ils gâteraient tout et ça irait plus mal que ça ne va aujourd’hui, ce serait Ja répétition de l’histoire du genre humain que je vous ai rappelée il y a un instant.

Messieurs, nous connaissons la méthode que nos amis les ennemis,

salut du peuple. Quelle est la baguette magique qui va faire ce miracle ? quel est le mot, quelle est l’idée, quelle est la chose, quel est le principe qui va couvrir cette page brillante que nous avons écrite dans les dernières années de ce pays d’une page plus brillante enco:e? Nous connaissons, heureusement pour nous, la panacée qu’ils nous proposent. Ce qu’ils nous proposent c’est que nous devenions les pâles imitateurs ou les serviles copistes de la politique fiscale des Etats-Unis.

Messieurs, laissez-moi vous dire une chose—je parle ici devant des compatriotes et je voudrais leur exprimer ma pensée telle que je la comprends moi-même, sans aucun déguisement—je n’en fais aucun mystère, pour ma part je suis un admirateur du peuple américain ; j'ai étudié son histoire et, je n'hésite pas à le dire, c’est une grande nation. Je n’ai jamais compris, pour ma part, que le patriotisme fut fondé sur la haine et que pour aimer son pays il faille détester les autres. Non, j'aime les Etats-Unis, j'admire leur histoire, j'admire leurs institutions, j'admire leur énergie, j'admire leurs progrès; mais, je n'hésite päs à vous le dire, il y a un pays que j’admire encore plus que les Etats-Unis, et ce pays c’est le Canada. (Applaudissements.)

Ne croyez pas, Messieurs, qu’en parlant comme je vous parle dans le moment je viens faire de la popul:”ité à bon marché, que je viens capter votre confiance et vos bonnes grâces. Il est naturel que vous m'applaudissiez quand je parle du Canada, je parle d’un sujet cher à vos cœurs ; mais je parle sérieusement et je vous dis que notre pays l'emporte sur les Etats-Unis. Nous avons un meilleur climat que le leur; nous n'avons pas la variété de leur climat, nous n'avons pas les plaines tropicales qui bornent le Golfe du Mexique, nous avons un climat plus rude, ce climat rude qui produit les hommes forts, nous avons le climat qui donne les plus beaux produits dans le règne végétal comme dans le règne animal; nous avons des institutions plus lib-es que les Etats-Unis,

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et, sous notre forme monarchique de Bouvernement, nous avons des institutions réellement plus démocratiques que les leurs ; nous avons une politique fiscale infiniment supérieure à Jeur politique fiscale, et je prétends vous le démontrer.

Messieurs, j'admire les américains, j’admire cette grande nation, mais ils ne sont pas parfaits, ils ont commis des erreurs, et la grande erreur qu’ils ont commise c’est l’exagération: ils exagèrent tout. Prenez leur littérature et Vous ÿ trouverez l’exagération jusqu’à l’emphase ; prenez leurs débats parlementaires, vous Y trouverez l'exagération jusqu’à l’emphase : prenez leur politique fiscale, elle est exagérée jusqu’au point de détruire les effets qu’ils voulaient produire.

Je ne sais pas, Messieurs, s’il se trouve dans cette enceinte des gens qui était à l'inauguration de ce Monument en 1893. Nous sommes ici dans le Monument Natiooal et j'étais à l'inauguration de ce monument en 1893. Les organisateurs de la fête avaient invité les Commissaires

” du gouvernement français à l'exposition de Chicago qui avait alors lieu, Le chef des Commissaires étaient M. Steig. Je me rappelle parfaitement

Chicago, dit-il, est une bien grande ville. Si vous ne le constatez Pas vous-même quand vous y arrivez, les citoyens de Chicago ne vous laisseront pas longtemps dans l'ignorance. A peine êtes-vous débarqué qu’un citoyen de Chicago vous demande : Que pensez-vous de Chicago ? Vous êtes obligé de dire que c’est une grande ville. —Une grande ville ! Mais, c’est la plus grande de toutes les villes. Si elle ne l’est pas encore elle le sera avant longtemps. A l'heure qu’il est nous avons plus de milles de tramways que n'importe qu’elle autre ville du monde ; à l'heure qu’il est nous avons les plus hautes bâtisses qu’il y ait dans le monde $

à l'heure qu’il est nous avons plus de commerce qu'aucune autre ville du monde. Il n’y a qu’une chose dont on ne vous parle pas, ce sont les odeurs de Chicago. Quitter Paris pour Chicago, quelle singulière idée! Mais quitter Chicago pour Monrréal, quelle heureuse inspiration !

Ce que Mr, Steig disait de Chicago on pourrait l'appliquer à tous les Etats-Unis, C'est par l’exagération qu’ils pêchent. Je viens de vous dire que leur système de politique fiscale est exagéré ; ils ont poussé la protection à outrance ; ils l’ont poussée tellement loin, tellement loin qu’ils ont détruit même l'effet qu’ils voulaient en attendre.

Messieurs, ce que je dis là vous paraîtra un peu exagéré, mais seriez Vous étonnés si je vous disais que notre commerce actuellement, tête Pour tête de population, est bien supérieur au commerce des Etats-Unis ? Je ne sais pas sur quoi ceux qui prêchent aujourd'hui que nous devrions adopter la politique fiscale des Américains, basent leurs calculs et leurs arguments ; je me demande s’ils ont lu les statistiques. S'ils les ont lues, ils ne les ont certainement pas analysées, ils n’en ont certainement pas compris les enseignements,

On vous dit que l’année dernière les exportations des Etats-Unis l'ont emporté par le chiffre sur les exportations de toutes les autres nations. Je crois que cela est vrai, Les Etats-Unis, l’année dernière —€t je vais vous donner les chiffres de l’année dernière, c'est-à-dire de l’année 1901-02, et non pas de l’année 1902-03, parce que nous n'avons pas les statistiques complètes encore—mais si nous les avions elles appuieraient simplement la thèse que je prétends mettre devant vrus—l’année dernière les exportations des Etats-Unis se sont montées au chiffre de $1,350,486,861. Ces chifires-là, Messieurs, paraissent fabuleux, 1 billion 350 millions d’ xportation ! A côté de cela nos exportations à nous se sont montées à combien? A $211,640,286. Or, quand vous mettez d'a côté avr millions et de l’autre 1350 millions, il y a certainement

une grande différence. Mais, d’un autre côté, Messieurs, rappelez-vous ceci: la population des Etats-Unis, d'après le dernier recensement de 1901, était de 76,857,y40 âmes, la population du Canada était de $371- 315 âmes.

Maintenant, permettez-moi d'attirer votre attention sur ce simple fait : si vous prenez que le chiffre total des exportations des Etats-Unis s’est monté à 1 billion 350 millions de piastres et que la population des Etats-Unis était de 76 millions, quel est le chiffre par tête des exportations? Le chiffre par tête, Messieurs, est d'environ #20, un peu plus de $20, moins de #21. .

Maintenant, si vous prenez le chiffre des exportations du Canada, qui était de 211 millions de piastres, lorsque notre population n’était que de 5 millions 371 mille, à combien se montent par tête les exportations du Canada? Vous ne le croirez pas, mais la chose esttelle: les exportations du Canada par tête de population se sont montées, non pas à $20, comme c'est le chiffre des Etats-Unis, mais à la somme d'environ $40, un peu moins que $40.

Maintenant, ce n’est pas tout, examinons la chose sous une autre face. Prenons le chiffre total du commerce des deux nations. Le chiffre total du commerce des deux nations, c’est-à-dire le chiffre total des exportations et des importations, ce qui montre la richesse publique d’un pays, s’est monté aux Etats-Unis l'année dernière à $2,258,803,000 ; 1 billion 350 millions d'exportation, 903 millions d'importation, total : 2 billions 258 millions, ce qui représente pour une population totale de 76 millions une somme d'environ $30 par tête.

Le chiffre total du commerce du Canada l’année dernière s’est monté à 211 millions d'exportation, comme je viens de le dire, et 212 millions d'importation, ce qui fait un chiffre total de 423 millions de piastres et un chiffre de commerce, importations et exportations, par

demand ga

kde. de dt

tête, non Pas de #30, Comme c'est Je Cas pour les Etats. Unis, mais de $79 Par tête de notre Population,

En face, Messieurs, de résultats comme ceux-là, viendra.t-on nous soutenir sérieusement qu'il faudrait Changer notre Système, notre politiue fiscale, et adopter la politique fiscale des Etats-Unis »

Cette épreuve que je viens de VOUS soumettre, appliquez-là en sens inverse à la Population des Etats-Unis et à la Population du Canada, au Commerce des Etats-Unis €tau commerce du Canada, Si les Etats Unis avaient par tête de leur Population le chiffre Canadien, c'est.à‘dire 879. Par tête, leur Commerce total, au lieu d'être de 2 billions, 258 millions, serait de $ billions, 294 millions. Maintenant, si nous adoptions la poli. tique fiscale des Etats-Unis et si nous avions le Même montant de commerce par tête qu'ont les Etats-Unis, c'est-à-dire $30 au lieu de $79 par tête, le chiffre total de notre Commerce, au lieu d'être de 423 millions Comme ii l’est aujourd’hui, ne serait plus que de 161 Millions, 139 mille Piastres,

Messieurs les électeurs, je n'ai pas besoin de Vous dire qu’en face de cette épreuve le raisonnement qu’on nous fait que nous devrions adopter la Politique fiscale dés Etats-Unis est une chose qui ne se Soutient pas,

Mais il Y a plus. Nos adversaires nous disent constamment : il nous faut adopter Je Système américain, le tarif américain, Ces jours derniers, il n’y a pas Plus de huit jours encore, M. Taillon, en SUpportant la can. didature de M. Bergeron, Prêchait l'adoption par le Canada de la poli. tique des Etats-Unis. Ce qui à fait la Prospérité de nos Voisins, disait M. Taillon, c'est l'adoption d'un tarif protecteur. Nous devrions suivre leur Exemple. Le tarif américain est de 447, quand le tarif canadien n'est que de 297 ; cela nous met sur un pied d’inégalité avec les Etats- Unis.

Je ne sais Pas dans quelle position S€ trouverait M. Taillon s’il

avait à appliquer ses propres doctrines ; ou plutô! je sais parfaitement ce qui arriverait si, malheureusement pour ce pays M. Taillon était pris au mot et s’il avait à former un tarif pour le peupl: canadien ; je vous dis, sans l'ombre d’une hésitation, que si M. Taillon était appelé à former le tarif et était appelé à adopter le tarif américain, il reculerait ave horreur de la tâche qu'il se serait imposée.

Messieurs, c’est bien simple, comparons quelques items du tarif canadien et du tarif américain, comparons, par exemple, l'item Âu charbon. Le tarif américain sur le charbon, charbon dur et charbon mo: est de 67 cts par tonne ; le tarif canadien sur le charbon mou est de 53 cts. par tonne et le charbon dur est absolument libre d'entrée. Maintenant, je de"nande à tous les électeurs qui me font l'honneur de m’écouter dans ce momentci, avec le chimat rigoureux que nous avons, pensez-vous que vous seriez bien reçus dans vos maisons si en y retournant vous disiez à vos ménagères : Le tarif sur le charbon mou était de 53 cts mais ce n’est pas assez, nous allons le porter à 67 cts par tonne, et sur le charbon dur, qui était libre d'entrée, nous allons maintenant payer 67 cents par tonne ? Quel est celui qui aujourd’hui voudrait payer 67 cents par tonne de plus pour son charbon ?

Messieurs les électeurs, quand on fait un tarif il faut ic faire avec bon sens. S'il convient aux Etats-Unis d’avoir un tarif élevé sur le charbon, la chose n'a pas de sens dans un pays comme le nôtre,

Il est vrai qu'on va me dire: C'est une industrie qui doit être protégée. En effet, il y a des milliers et des milliers d'hommes dans la Nouvelle-Ecosse et dans la Colombie Anglaise qui travaillent dans les mines de charbon, qui y gâgnant leur vie; d’après la doctrine qu’on nous prèche ils ont droit à la protection comme toutes les autres industries, mais prétendra-t-on qu’il faudrait adopter le tarif américain sur le charbon. élever le droit de 53 cents à 67 cents par tonne? Messieurs, je

crois que M, Taillon lui-même aurait horreur de son enfant s'il venait à le présenter devant vous,

Maintenant, ce n'est pas tout.

Première pour les Manufacturiers, le ta)

ap-

Maintenant la laine, On nous dit, et c’est un Point à examiner: l'industrie des lainages souffre, elle a besoin de plus de protection. Eh bien, la laine brute aux Etats. nis est Chargée d'un droit de 11 cts par livre, l'entrée en est libre au C:nada. Pensez-vous que ce serait une bonne politique d'adopter le tarif américain, de mettre un droit de 11 cts par livre sur la laine, qui est la matière première Pour les fabricants

de cette marchandise ?

Les machincries [I Unis de 45%: aujourd’

Je mets ces choses- 1s faire voir que la politique qu’on qu'on ne sait Pas où l’on veut aller.

Il y a un autre article : le Papier pour l’im Ce papier-là aux Etats-Unis est frappé d’un droit droit n’est que de 15%. Pa frappé d’un droit de 25%,

Portée par pres les autres,

db dt bat

et que les fabricants canadiens profitaient de ce que le tarif était trop élevé pour leur faire payer plus cher qu'ils ne payaient auparavant et qu'ils ne devaient payer, Nous avons fait une enquête, nous avons trouvé la preuve qu'en effet cette plainte-là était bien fondée et nous avons réduit le droit de 107, nous l'avons porté de 257 à 15%. Et depuis ce temps-là ceux qui crient à la protection n'hésitent pas le moins du monde à acheter le papier américain s'ils peuvent l'avoir à meilleur marché que le papier canadien, bien qu'ils nous disent que si nous avions le tarif américain sur ce point-là nous pourrions manufacturer tout notre papier.

Je ne suis pas à l'encontre de cette idée-là, mais si vous avez un tarif trop élevé, voici ce qui arrive : vous produisez des combines, vous produisez des trusts, il arrive ce qui est arrivé pour le papier, et alors les conservateurs sont obligés de s'adresser à nous pour demander protection contre la Protection.

Maintenant, un autre argument. On nous dit qu'aux Etats-Unis— et c’est un argument sur l2quel je vais appeler spéci: ‘ment votre attention, vous électeurs d’Hochelaga, qui avez beaucoup d'usines, qui avez une population ouvrière, vous électeurs de Saint-Jacques, qui avez également une population ouvrière parmi vous — on nous dit que les ouvriers sont plus rétribués aux Etats-Unis qu'ils ne le sont au Canada. Quand j'entends un argument semblable, Messieurs, je ne demande à quels hommes nous avons affaire, On ne répond pas à un argument comme celui-là, Quand j'entends des hommes sérieux venir dire à l'heure qu'il est que les ouvriers sont plus rétribués aux Etats-Unis qu’au Canada, tout ce que je puis faire c’est de répéter la vieille phrase : ‘ pardonnezleur, Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font, ni ce qu'ils disent ’’ Messieurs, c’est un fiit notoire, qui court les rues, que les strikes, les gréves ont été en permanence depuis trois ans aux Etats-Unis pour demander

des augmentations de salaires ; c’est un fait notoire qui court les rues

que depuis six mois les salaires sont abaissés dans toutes les industries ; il suffit de prendre les journaux américains depuis six mois, et vous savez Comme moi que chaque semaine on annonce que telle usine, telle usine, et telle usine, dans tel état et dans tel autre état a baissé ses prix de 10, 15€t207. La plus grande de toutes les industries à l'heure qu'il est aux Etats-Unis, l’industrie des aciers, a publié il n'ya pas encore bien longtemps, le 14 décembre dernier, qu’elle allait diminuer ses prix de 15 4 20Y ; le 14 décembre dernier la ‘United Steel Corporation, ’’ la plus grande de toutes les compagnies d'acier, annonçait à ses ouvriers, à 150 mille ouvriers au moins, qu’elle allait diminuer leurs salaires de 5 à 209, et qu’en moyenne elle diminuerait les salaires de 197. Or, j'ai dans mes mains à l’heure qu’il est un journal de Chicago, le “Public”, numéro du 23 janvier 1904, 23 janvier dernier, qu donne la liste des réductions qui sont faites par ces compagnies-là, sont faites dans les différentes classes d'ouvriers, et la réduction se monte,

qui donne les réductions qui se de salaires et les différentes classes à comme le dit journal, non de s à 20 7, mais de 12 à 49% ; non pas de 107 en moyenne, mais de 40% €n moyenne. La plus passe des réductions n’est pas de 5%, comme on le prétendait dans la circulaire des manufacturiers, la plus basse des réduotions est de 12%, la plus haute de 49% et la moyenne de 49%.

Et en face de faits comme ceux-là on vient nous dire, Messieurs, qe les ouvriers sont mieux rétribués aux Etats-Unis qu'au Canada. La vérité, messieurs, est simplement celle-ci : Comme je le disais tout-àl'heure, les Etats-Unis ont tellement exagéré leur système, ils ont tellement exagéré leur tarif protecteur que ce qu'ils ont fait a été de détruire leur propre œuvre, de détruire leur propre commerce, de détruire leur Propre sécurité, de détruire leur Propre prospérité et d'établir comme conséquence, en haut, des trusts et des cor en permanence.

PR rennes

mbines, et, à la base, des grèves

Voilà, Messieurs, la vérité, voilà ce qui en est, et c'est en face d’un résultat comme celui-là que des hommes intelligents viennent proposer à une population comme celle-ci, lorsque tout va bien, des changements comme ceux-là.

On vous dit : Tout va bien, il s'agit de savoir si ça irait mieux, Eh bien, vous voyez de quelle manière ça irait si vous aviez le malheur de confier l'administration des affaires aux gens qui vous demandent de la leur donner.

Mais vous me direz peut-être : A l’heure qu'il est quelle est la politique du gouvernement sur cette question importante ?

Messieurs, je n’ai pas d’hésitation à vous répondre sur ce point-là. Je m: rappelle parfaitement, que vous vous rappelez également, qu’en 1896, à l’époque des élections générales du mois de juin, tous ceux qui aujourd’hui crient et demandent le tarif américain, tous ceux-là en 1896 versaient des larmes, des larmes de crocodile si vous voulez, mais versaient des larmes sur le sort des malheureuses industries canadiennes si, malheureusement, l’éle : rat canadien confiait le pouvoir à Laurier et à ses amis,

L'électorat n’a pas hésitè à nous confier le pouvoir. Je vou demande si ces prédictions se sont réalisées. Vous avez entendu comm moi ces prédictions-là. On vous disait dans ce temps-là, et les ouvrier: qui sont ici se rappellent que dans toutes les usines il y avait des pla cards qui disaient que si malheureusement le parti libéral arrivait a pouvoir les usines seraient fermées, détruites par le tarif des libéraux

Messicurs, nous sommes arrivés au pouvoir, le peuple a eu confiance e nous, le peuple a cru que nous étions des hommes de bon sens, que not étions des gens pratiques, que nous n’étions pas des doctrinaires, et qu quand la tâche serait entre nos mains, quand nous aurions à réformer tarif, nous saurions le réformer de manière à donner aux producteurs

satisfaction à laquelle ils ont droit,

sans faire d'injustice aux manufacturiers et sans enlever le travail aux

ouvriers.

Avons-nous tenu parole ?

Laissez-moi vous dire ceci :

ces questions-là comme le-ch trinaire, ni doctrinaire li Nous sommes des gens Comme celui que nous av.

Nous avons réformé le tarif en 1897.

Pour ma part—et j'ai le droit de parler sur ef du Bouvernement—je ne suis pas un docbre-échangiste, ni doctrinaire protectionniste. pratiques et nous Savons qu'avec un système ons, par lequel un gouvernement quel qu ii soit, bleu ou rouge, sera toujours obligé de prélever le revenu au moyen de une atmosphère factice, et il éformer le tarif de manière à 8ements qui surviennent constamment dans l’indus- US avons réformé le tarif de 1897 ; sept € temps-là, de nouvelles questions ont , et le jour viendra assuré.

; au nom de mes collègues, au le droit de parler Pour eux :

Messieurs, sur ce point-là les, je crois, sont assez claires.

Il y a des gens qui nous des doctrinaires libre-échangistes.

je pourrais rétorquer: Mais vous êtes, Protectionnistes, Quant à moi, je ne ve

je n'ai rien de plus äajouter ; mes paro-

accusent constamment dans la presse d’être Ce reproche-là m'importe peu, Mais Vous autres, des doctrinaires ux pas être un doctrinaire ni

d’un côté n. de l’autre ; ce que je prétends c'est d’être un homme pratique, c’est d’être un homme sorti du peuple et ayant à cœur constamment les intérêts de la classe de laquelle je suis sorti.

Maintenant, Messieurs, il y a une autre question dont je suis obligé de vous dire un mot dans ce moment-ci, Nous avons cru pendant la dernière session qu’il serait de la plus grande utilité pour le peuple canad' à qu'il y eut une nouvelle voie, un nouveau chemin de fer transcontinental, un chemin de fer destiné à passer entièrement sur le territoire canadien, par la route la plus courte, de manière à relier les eaux de l'Atlantique aux eaux de l'Océan Pacifique. (Applaudissements prolongés) ; nous avons cru, et je vois que nous ne nous sommes pas trompés, que cette idée-là irait au cœur de tous les canadiens.

L'utilité de cette voie, pour nous d’abord des provinces de l’est, pour nous de la Province de Québec, pour nous de la Province d’Ontario, surtout de la Province de Québec, ce sera de donner au St-Laurent ce que les anglais appellent ‘a back country,” c'est-à-dire un nouveau territoire qui sera tributaire des grandes villes qui sont en possession du commerce sur les bords du St-Laurent ; ce sera de sur ouvrir des terres arables, des terres forestières et des pouvoirs d’eau en quantités illimitées ; ce sera pour l’ouest de donner à ces nouveaux compatriotes, qui arrivent par cent mille dans les territoires, qui font fleurir la prairie, qui produisent chaque année des millions et des millions de boisseaux de blé, ce sera de leur donner une route, la plus courte et la plus directe, pour transporter leurs produits à l’océan ; ce sera de nous donner à nous, dans l’est, le moyen d'arriver à ces nouveaux compatriotes, à cette population qui compte maintenant plus d'un demi million et qui avant longtemps comptera plusieurs millions, le moyen de leur fournir tout ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire des chaussures, des vêtements, des meubles, des ustensiles, toutes les choses enfin dont l’homme civilisé a besoin.

MLTELELTLLELILIT

Messieurs les électeurs, voilà l'idéequi nous a inspirés quand nous avons fait ce contrat qui va ouvrir une nouvelle voie, une nouvelle avenue à notre population sur notre territoire canadien ; mais il y a une autre idée, qui pour ma part, prime encore celle-là, 11 est important sans doute que nous ayons ici, derrière la chaine des Laurentides, une nouvelle province de Québec ; il est important que nous ayons à l’ouest de nous une nouvelle province d’Ontario ; il est important qu'il y ait un échange de produits entre les deux parties du Canada, l'est et l’ouest ; mais il y a une autre considération à l'heure qu’il est qui est la considération qui domine toutes les autres, et c’est celle-ci : C’est que la route que nous allons ouvrir sera la route la plus courte et lasplus directe entre l'Europe et l'Asie. Il y a des populations à l'heure qu’il est en Asie, comme la Chine et comme le Japon, 400 millions d’âmes dans la Chine, 40 millions d'âmes au Japon, d’une civilisation antique, mais qui peu à peu adopte la civilisation de l'Europe ; toutes ces nations-là auront besoin de produits, il se fera un échange de produits entre l’Europe et l'Asie comme aujourd'hui entre l’Europe et l'Amérique, et la route que nous allons ouviir sera la plus courte de toutes les routes existantes et

| c’est sur le territoire canadien que ce commerce entre l’Europe et l’Asie | devra passer.

Prenez la carte géographique et vous constaterez que la route la plus courte sur l’Océan Atlantique entre l’Europe et l’Amérique est la route Par la voie du St-Laurent ; vous constaterez que la route la plus courte sur le continent est la route qui part de Québec et qui ira aboutir à Port Simpson , vous constaterez que la route la plus courte pour le Japon et la Chine est . elle qui ira de Port Simpson jusqu’au Japon et à la Chine, Nous auron., par conséquent, la route la plus courte.

Je ne vivrai pas assez longtemps, pour ma part, pour voir ce dèveloppement ; j'ai dit tout-à-l’heure que ma santé st bonne maintenant,

RÉEL LEEEL,ETEE EE

RSS RM EeT

PPLELLLELLELLITE

maïs si bonne qu’elle soit je ne vivrai pas assez longtemps pour voir ce développement-là, mais les jeunes gens qui sont devant moi verront circuler sur cette route les trains chargés de marchandises de l’Europe et chargés de marchandises de l'Asie traversant le territoire canadien dans un sens et dans l’autre.

Je sais cependant. Messieurs, que cette politique que nous avons exposée pour laquelle nous avons demandé la sanction du Parlement et ane le Parlement a sanctionnée, est attaquée dans la division St-Jacques par les partisans de M. Bergeron. On se réjoint parce que nous avons rencontré quelques obstacles avec la Compagnie du Grand Troné, Il est vrai, Messieurs, nous avons rencontré quelques obstacles. Nous avons fait un con'rat tellement bon que la Compagnie du Grand Tronc hésite à l’accepter, mais je crois cependant qu'elle finira par le faire ; j'ai raison de le croire, du moins. À tout évènement, si nous ne réussissOns pas avec le Grand Tronc, laissez-moi vous dire une chose. Je ne suis plus jeune, je suis habitué aux luttes, j'ai eu bien des déceptions dans ma vie; mais je ne me suis jamais découragé ; quand j'ai manqué sur un point j'ai essayé sur un autre, et quand j'ai manqué avec cet autre j'ai essayé sur un autre encore, et j'ai essayé jusqu'à ce qu'enfin j'aie pu réaliser le projet que j'avais conçu Ainsi en sera-t il cette fois-ci.

Mais laissez-moi vous dire un mot de la manière dont on attaque ce projet-là. J'ai lu les discours qui sont prononcés aux assemblées de M. Bergeron, et quand j'ai lu les attaques qui sont faites dans les assemblées de M. Bergeron ici, dans la ville de Montréal, contre le projet de ce nouveau chemin de fer transcontinental, quand j'ai lu ces attaques, je vous dis que j'ai eu honte pour la ville de Montréal.

Comment, Messieurs, quel est l’argument, quel est l'argument que l'on fait valoir principalement contre le projet de ce nouveau chemin de fer transcontinental, ici, dans la ville de Montréal ? L’argument que

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l'on fait valoir auprès des électeurr de la ville de Montréal, c’est que ce chemin de fer là ne Passera pas dans la ville de Montréal !

Ce chemin de fer doit Passer par la route la plus Courte, et si Montréal se trouvait sur la route la Plus courte, le chemin de fer passerait par Montréal ; mais si Montréal n’est Pas Sur la route la plus courte, y a-t-i un homme dans la ville de Montréal qui va s’opposer à ce que ce chemin de fer-là passe Par la voie la plus rapide et la plus courte ? Messieurs, j'ai une autre idée du patriotisme des hommes de Montréal, j'ai une autre idée du cœur de Montréal, Toutes les parties du Pays sont solidaires les unes des autres, toutes les parties du Pays doivent être solidaires les unes des autres, doivent se Prêter main forte les unes des autres ; si une partie du PAYS a un avantage spécial c’est le devoir des autres perties du Pays que cet avantage spécial profite dans toute la mesure du possible à cette localité-là, Ici, à Montréal, vous avez l'avantage Spécial, que tout le monde se plaît à vous reconnaître, que tont le monde se plait à vous donner, vous êtes situés à la tête de la navigation océanique, vous êtes situés au pied de la navigation des lacs ; la nature a fait de votre ville l’entrepôt du commerce entre l'Europe et le reste du Canada, l'entrepôt du commerce de l’e:t à l’ouest ; Vous avez cet avantage spécial, et tout le monde s'accorde à Je dire, que le port de Montréal est le Port national du pays Moi qui vous parle, je n’ai pas l'honneur de représenter la ville de Montréal dans Je Parlement fédéral, je représente la vieille cité de Québec. Nous Sommes plus vieux que vous de quelques années, Québes a été fondé avant Montréal, mais i] y a longtemps que Montréal, par suite de sa position 8éographique, a laissé Québec en arriére, Vous êtes devenus une grande métropole, nous sommes encore une petite ville. Mais Pensez-vous, Messieurs, que dans Quégqec on ait la moindre jalousie contre vous Parce que vous êtes plus

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prospère que nous? Ah non, nous avons le cœur mieux fait que cela ; nous l'avons mieux fait, non pas mieux que le vôtre, mais mieux que ceux qui parlent aux assemblées de M. Bergeron.

Ce chemin de fer-là, Messieurs, Montréal en aura le bénéfice. Il ne passera pas à Montréal mais il sera relié à Montréal par des voies qui sont déjà en cours de construction, il sera relié à Montréal par la ligne du Chateauguay-Nord, déjà rendue à Joliette, et qui va s'étendre constamment vers le nord, il sera relié à Montréal par le chemin de fer de Labelle qui est déjà rendu trés loin dans le nord, et ui s’étendra jusqu’à ce qu’elle ait atteint la nouvelle route que nus allons construire,

Messieurs les électeurs, sur ce point-là laissez-moi vous dire que s'il y a une chose pour laquelle je suis fier d’être venu ce soir à Montréal c’est de constater que dans la ville de Montréal les appels que l’on essaie de faire aux préjugés locaux n’ont pas de prise sur les électeurs de St- Jacques, non plus que sur les électeurs d’Hoctelaga.

Messieurs, j'ai tracé dans ies grandes lignes les deux questions principales qui absorbent l'attention du pays dans ce moment-ci et j'ai raison de croire que sur ces questions-là les électeurs d'Hochelaga et les électeurs de St-Jacques donneront un verdict conforme, non pas seulement cette fois-ci au mérite des questions, mais conforme aux vieilles traditions libérales de St-Jacques et d’Hochelaga.

Nous avons, Messieurs je suis bien aise de le constater, dans St- Jacques et dans Hochelaga deux candidats dont nous avons raison d’être fiers. M. Gervais a déjà fait ses predves ; c’est un avocat éminent, un professeur à l’Université Laval, et je vois que son enseignement y est apprécié. M. Rivet est un jeune homme au début de sa carrière, qui lui aussi comme son ainé fera sa marque. Et sur ce sujet, Messieurs, laissez-moi vous dire combien je suis fier de voir cette assemblée présidée Par mon ancien ami M. Guay, le maire de St-Henri. Me sera-t-il permis

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Messieurs, d'exprimer ici toute ma pensée, me sera-t-il permis de dire tout ce que je ressens dans ce moment-ci, Je sais que M. Guay avait des aspirations à la candidature ; C'étaient des aspirations très légitimes, mais, ., beaucoup d’appelés, très peu d'élus. Une petite majorité s'était prononcée pour M, Rivet, M. Guay a été le premier à se rallier à sa Candidature pour maintenir intactes les forces du parti.

Je regrette que mon ami M. Drouin ne soit pas ici. Il a lesang un peu plus vif et je lui pardonne parfaitement sa vivacité de sentiment : mais j'espère que s’il était ici, lui aussi suivrait l'exemple ae notre président et ferait taire toute autre considération que le succés de la cause ct le triomphe encore une fois du drapeau libéral dans la division St- Jacques.

Laissez-moi vous dire, Messieurs, que pour ma part je ne suis pas insensible à ces deux élections, pour bien des causs. Je me présente devant vous ce soir, non pas simplement comme chef du Gouvernement, mais principalement comme chef du parti libéral dans la Puissance du Canada. Cette position que j’occupe maintenant depuis plusieurs années est une position que je n'avais pas cherchée, Lorsqu’eile me fut proposée je vis dans un éclair tous les obstacles qui se rencontreraient sur mon chemin, tous les obstacles que j'aurais à surmonter et à vaincre pour arriver à faire triompher la cause que j'avais à cœur, J'acceptai c pendant, et ayant accepté, je donna à cette tâche, à la tâche et à l’œuvre, toute mon âme ettoute ma vie. Je resterai à mon poste aussi longtemps que le parti libéral me conservera sa confiance (applaudissements prolongés), je resterai à mon poste aussi longtemps que le parti libéral me traitera comme il me traite ce soir, aussi longtemps que vous, Messieurs, vous m'accueillerez comme vous m'avez accueilli ce soir, aussi longtemps que je verrai à mes cotés les vétérans, mes vieux compagnons d’armes, qui ont lutté autrefois et qui ont vu disparaître un à un nos amis qui sont

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