RAP EN
et surtout ceux d’abduction sont très limités. Les mouvements du genou sont normaux. On ne sent pas de rotule à la palpation, et on ne la voit pas à la radiographie. Cette radiographie montre du côté droit un fémur et un bassin normaux, avec le col fémoral plutôt en valga ; du côté gauche, le fémur est très raccourci (15 cm. au lieu de 25 du sommet du trochanter à l’interligne fémorotibial), diminué de volume (14 mm. au lieu de 16 à la partie la plus large de la diaphyse), très décalcifñé à ses deux extrémités, surtout à la supérieure. La diaphyse se termine en haut un peu brusquement par une saillie arrondie à contours irréguliers. Le grand et le petit trochanters étaient à peine visibles. Le col du fémur n’était représenté que par un petit noyau de la grosseur d’une lentille, tout proche de l'extrémité supérieure de la diaphyse et en dedans de celle-ci. La tête du féraur, placée tout en bas dans le cotyle, était représentée par une tache ronde, pâle, des dimensions d’une pièce de 2 fr. L’inflexion du col, complètement cartilagineux, était considérable (angle de 45° avec la diaphyse). Albert Mouchet concluait qu'il s’agissait évidemment d’une coxa vara congénitale liée non seulement à une anomalie d’ossification de l'extrémité supérieure du fémur, mais à une hypoplasie congénitale manifeste de cette extrémité supérieure. La coxa vara devait être considérée comme un degré atténué de l’absence congénitale de l'extrémité supérieure du fémur.
Nous rappelons les cas de coxa vara congénitale publiés par Francke et observés chez trois frères et sœurs non rachitiques; l’angle d’inclinaison était de 80° chez l'aîné âgé de 6 ans et demi, de 90° chez la sœur de 4 ans, de 90° aussi chez la dernière petite fille âgée de 18 mois.
ÉD, Can
Les trochanters dépassaient de 2 cm. la ligne de Néla ton.
Selon Reiner, les déformations de la coxa vara congénitale se trouvent surtout dans la région sous trochantérlenne, parce que c’est un point de moindre résistance. En effet, tandis que la région cervicale est bien vascularisée, la région sous trochantérienne est presque dépourvue de vaisseaux.
En se basant sur ces considérations, Cassel divise le premier groupe de la classification de Reiner en deux sousgroupes.
a) Si le point faible du col du fémur est touché, la coxa vara en résulte.
b) Si le point faible sous-trochantérien est touché, il s'ensuit le varus de toute l’extrémité supérieure du fémur.
Nous rappelons, pour terminer ce chapitre, qu’une autre variété de déformation congénitale de l'extrémité supérieure du fémur a été décrite : la coxa valga (Mauclaire, Lance). La tête du fémur est en antéversion et dans le prolongement de la diaphyse.