TRAITEMENT
La thérapeutique de l'absence congénitale du fémur semble à priori, très illusoire, et elle l’est en réalité.
La chirurgie a pu parfois, par des interventions ostéoplastiques (greffes osseuses), s’attaquer à l’absence de certains os : péroné, übia, cubitus. Ces interventions se font, d’ailleurs, au déclin de la croissance, vers 18 ans, et elles portent sur des os plus ou moins aplasiés; les chances de succès sont très minimes ; il n'y a pour cela qu’à se rappeler combien la pseudarthrose congénitale résiste à toutes les tentatives de traitement .
Pour le fémur, aucune de ces interventions ostéoplastiques n’a encore été tentée.
C'est donc au traitement prothétique qu'il faudra s'adresser. Le mot « traitement » est, d’ailleurs, ici, quelque ‘peu ambitieux. Cette prothèse ne devra pas être appliquée trop précocement, d’abord parce que l’enfant doit s’habituer à bien faire marcher tous ses muscles pour conserver la vitalité de son membre, ensuite parce que les appareils prothétiques sont d’un emploi difficile chez l'enfant trop jeune.
Si la malformation a entraîné des déviations du pied, il faut d’abord essayer les réductions manuelles qui réussissent presque constamment. Au cas contraire, on aura recours à une ténotomie pour lutter contre l’équinisme, ou à des appareils de contention pour le varus ou le valgus.
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Dans les cas d’hypoplasie double, si les deux membres ont à peu près la même longueur, la marche ne sera pas trop pénible ; le traitement consistera dans les règles générales d'hygiène, bains, massages, électrisation.
Si, au contraire; les deux membres ont une longueur très inégale, une semelle plus ou moins haute du côté le plus court, compensera la déformation.
Dans les cas d’hypoplasie unilatérale, le pronostic est beaucoup plus grave, parce que la marche est toujours difficile sinon impossible. Pour peu que la malformation soit accusée, le port d’un appareil prothétique devient indispensable. Nous déconseillons, en effet, l'emploi des béquilles, sauf s’il est absolument impossible de s’en passer. L'idéal, en effet, est simplement le port d’un appareil prothétique, à partir de 10 à 15 ans; par exemple on mettra un appareil ailongeant le membre et reposant sur un pied artificiel, cet appareil prenant point d’appui en haut sur l'ischion et sur la hanche. Au contraire, les béquilles accentuent l’inactivité physiologique du membre malformé et vouent ce membre à une atrophie progressive. Si le sujet ne peut réellement marcher seul avc son appareil de prothèse, on peut, à la rigueur, lui donner une canne: ce procédé peut permettre d'éviter la désastreuse intervention des béquilles. Dès le moment où le sujet se sert de béquilles, on peut dire que son membre est fonctionnellement perdu.
Cependant, dans les cas d’aplasie fémorale unilatérale et totale, le sujet sera bien obligé pour marcher de se résoudre à l'usage d’une béquille pour le côté malade, et d'une canne pour le côté sain. Dans ces cas très sévères, le membre ratatiné et inutile devient même nuisible par la
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gène qu'il apporte à l’application de l'appareil de prothèse. Aussi, dans ces cas exceptionnels, certains auteurs ont-ils pu proposer l’amputation partielle de ce membre,
pour arriver à mettre en place un appareil de prothèse relativement utile.