VAUDEVILLE
Air : le bon Vieux Temps (de Blangini).
LEFORT
Aimez-vous donc ! ce besoin de notre âme ,
Ce doux besoin , on 1 éprouve eu naissant ;
Dans tous les temps , c'est lui qui nous enflamme ;
Il nous soutient encor en vieillissant.
3Nou , de nos cœurs il n'est jamais absent.
Mad. GERVAUT.
J'eus trois maris ! . . . Leur image cbërie ]Ne m'a jamais quittée un seul instant. Quand chacun d'eux abandonnait la vie , Je lui donnais soudain un remplaçant ; Et je croyais revoir encor l'absent.
RIGOBERT
Du gl-and auteur, du fameux Romantique, Quand, tour-à-tour, je lis les trois romans ; De ces romans jamais je ne critique L'cspiit, le goût, la raison, le bon sens : Il ue faut pas mal parler des absens.
Mad. VALEXTIN.
Quand, parbasard, sa innîfrcssc est cruelle , Il faut toujours qu'un amant soit présent ; Quand , par Jiasard , sa fcunnc est jeune et belle ; Pour obtenir la place qu'il attend , 11 faut, par fois, qu'un mari soit absent.
VAI.ENTIN.
Il m'en souvient! quand j'ëpousai Madame,
Je j)Ossédais un ténor ra\issant;
Mais, aujourd'hui, pour chauler une gamme,
Je fais , iH'las , un efïbrt im])iiissanl ;
Je huis sans voix; mon tenor est ahscut.
, LEFORT
La Tour-d'Auvergne. ... a ce nom ve'ne'rable, Nos grenadiers répondaient tous : Présent ' Il n'était plus , ce guerrier redoutable , Il n'était plus , hélas ! au régiment. . . . Mais de leurs cœurs il n'était pas absent.
THÉRÈSE, au public.
Si ce tableau, Messieurs, a su vous plaire ; Que vos bravos, ici, toujours présens.
Viennent s'unir aux bravos du parterre , Et soulager les amis comp^aisans.
Qui, par état, ne sont jamais absens.