SCENE XIX ET DERNIERE
Les Mêmes, VALENTIN , suivi de deux huissiers et de deux recors.
VALENTIN
J'en ... en étais sûr! . . . ma. . , a. . . femme est dëja avec lui. . . mai. . .uis c'est égal. . .ve. . .e. . . nez, messieurs.
RIGOBERT
Qu'est-ce que c'est que ces gens-là ?
LE VOYAGEUR
Mon jeune ami , je leur trouve une physionomia d'huissiers et de recors;
RIGOBERT
J'aurais dû les reconnu îlre.
VALENTIN
Mo... onsieur ne se trompe pas. Je... e... suis désolé , mon cher Rigobert , de renouveller connaissance avec vous par une acte un peu ho... ostile ; mais les temps sont durs... voi... oi... ci mon titre.
(// Lire un papier de sa poche.")
RIGOBERT
Allons... un coup de bascule! (à Bardou.) Voi... oi... ci mou titre.
(^11 tire aussi un papier de sa poche.) BARDOU.
Votre titre!... votre titre!...
RIGOBERT , à Valenlin , en contrefaisant Bardou. Votre litre... votre titre.
VALENTIN
C'est trois mille sept cent quarante-huitfrancs soixantecinq centimes que vous me devez.
RIGOBERT, à Baidou.
' . C'est trois mille sept cents francs que tu me dois... je te fais grâce des centimes.
BARDOUi
Bien oblige' , bien sensible.
RIGOBERT, à Valentin.
Bien sensible , bien obligé.
VALENTIN
Nous arons les intérêts de dix ans.
RIGOBERT, à Bardou.
Je te fais grâce des intérêts comme des centimes.
VALENTIN
Je suis en règle.
RIGOBERT, à Bardou»
Je me mettrai en règle.
VALENTIN
J'ai... ai., sentence.
RIGOBERT
J au... aurai... sentence.
VALENTIN
Pay... yez-moi.
RIGOBERT, à Bardou, Pay... yez-moi.
BARDOU
Voyons , voyons... Est-ce qu'il n'y aurait pas moyeu d'arranger cette affaire-là ?
RIGOBERT , à Valentin.
Voyons, voyons... Est-ce qu'il n'y aurait pas moyen d'arranger cette affaire -là ?
VALENTIN
Et que... el moyen? je ne vois pas.
LE VOYAGEUK.
J'en vois un, moi.
VALENTÏN.
Vuus , monsieur !
Argentuni et auruin^ sins qua non.
LE VOYAGEUR
Oh! sine qua non. Ecoutez - moi... Que madamo Gervant épouse M. Bardou, et qu'elle consente à donner sa nièce à M. Rigobert-, en considération de ce consentement, je donne un cadeau de noces de douze mille francs, sur lesquels on remboursera M. Valentin et que M. Bardou paiera peu à peu sur les économies Ju ménage.
M""= GERVAUT
Eh I qui donc êles-vous , s'il vous plaît, monsieur, <jui disposez ainsi de n)oi , et qui faites des cadeaux de noces de douze mille francs.
THÉRÈSE
Je le devine... je le devine! je parie que vous êtes mon parrain.
M™^. GERVAUT.
Monsieur Le Fort I
LE A'^OYAGEUR,
C'est vous qui l'avez dit, ma chère enfant, (à Rigobert. ) Mon jeune ami , vous vouliez savoir le but de mon voyage.
Air : Le choix que fait tout village.
J'avais osé rêver un mariage ;
Cet avenir souriait a mes ^œux !
Et j'espérais eucor, malj^ré jnon âge,
Que cet hymen devait me rendre heureux.
Un tel projet^ sans doute , était peu sage ;
Mais i y renonce, et n'ai point de regrets ;
Car j'ai reinpJi le but de mou vojage :
Je suis heureux., . . du bonheur que je fais.
M""* VALENTIN
Un bienfaiteur enigmalique , un député dii mystère et de la providence !.,.
U Absence. 5
THÉRÈSE
Quel brave homme que mon parrain !
LEFORT
Oui... ainsi que beaucoup d'autres , je fais quelque Lien ; mais comme j'aime toujours à me singulariser , je vous prie de ne pas le publier dans la gazette du département.