‹ L'Abus du Forceps: Dans les Expulsions dites LentesChapitre 5 sur 37 · ME Q ES · texte numérisé non relu

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le forceps au détroit inférieur est d’une application facile, que l’enfant ne risquera pas grand chose, et que les souffrances de la mère seront abrégées. Rien n’est évidemment plus généreux que l'esprit de cette dernière considération, mais il faut se rappeler que l'application du forceps n’est pas toujours sans danger, et qu'il vaut mieux ne l’employer qu’au cas de force majeure, au cas où la certitude d’une bonne terminaison naturelle n'étant pas acquise il y a lieu de craindre une complication quelconque.

En d’autres termes nous essaierons par une étude statistique portant sur un grand nombre d’accouchements de la Clinique Baudelocque, de démontrer qu'il est possible d’attendre parfois fort longtemps et sans aucun dommage pour la mère ou l'enfant, que la nature ait pris en quelque sorte le dessus, et triomphé d’un obstacle physiologique avec ses propres armes.

Nos quelques exemples malheureusement pas assez nombreux, mais concluants toutefois en ce qu'ils sont pris au hasard, auront peut-être aussi l’avantage de rassurer le praticien qui, sachant la tête arrivée déjà sur le plancher périnéal, ayant d’autre part attendu depuis une heure, une heure et demie, sachant que la durée habituelle de la période d'expulsion est déjà passée ; s’'énervera peu à peu, se laissera influencer par l’inconnue de son problème, la crainte d’une complication éventuelle, l’idée que « cela tarde trop », «que peut-être quelque chose va mal », qu’enfin le forceps terminerait tout, et qui serait de plus en

ou AS MMEUS proie aux sollicitations de la parturiente ou de son entourage.

Ce dernier point nous amène à mentionner l'oubli volontaire que nous ferons au cours de cette étude du forceps dit « de complaisance », du forceps appliqué sur les instances d’une cliente renseignée, ou se croyant telle, qui a entendu dire combien moindres étaient les souffrances au moyen de l'extraction artificielle.

Encore moins parlerons-nous du cas ou le médecin se sent pressé de partir pour une raison quelconque, de ce genre d'applications dont on a pu dire qu'il était le fait d'hommes « sentant venir le diner plus vile que la tête ».

De semblables cas doivent être vraiment rares, et il nous répugnerait d'admettre qu'un médecin digne de ce nom, puisse, auprès d’une souffrance quelconque, faire prendre le pas à son intérêt personnel ou simplement même en avoir la pensée.

Il s'agira donc au cours de ce travail de cas normaux, de femmes chez lesquelles aucune dystocie n'aura eu lieu, mais où l'expulsion du produit de conception se sera fait attendre au delà des limites usuelles, sous l'influence d’une cause variable que nous étudierons, et par laquelle cette expulsion sera qualifiée de «lente ». |

Nous avons préféré dans notre titre cette expression : « dans les expulsions dites lentes » car, comme nous le verrons en étudiant dès labord la lenteur

des expulsions el ses causes, celle-ci est extrème-

ment variable suivant les sujets, et dans tous les cas très relative.

Nous passerons ensuite en revue le nombre des applications de forceps à la Clinique Baudelocque pratiquées sur des femmes primipares où multipares ayant des bassins normaux. Nous en étudierons leurs causes et leur faible pourcentage pendant les années.1896, 1897, 1898, 1899, 1900.

Nous mettrons par la suite sous les yeux du lecteur les résultats d’une étude statistique ayant porté sur 1000 femmes prises au hasard dans les deux dernières années (1903-1904) et sur lesquelles nous aurons choisi quatorze cas d’expulsions vraiment lentes (3 heures au moins) dont les observations plus détaillées suivront.

Un rapide résumé des avantages et inconvénients du forceps en général suivra, car nous avons pensé qu'il y avait lieu de le faire et que cela devait donner à nos conclusions une force de plus : celle que le praticien ressent en lui quand placé devant un problème à double solution il se voit attiré vers la meilleure et de deux maux, vers le moindre.

Nous ne voudrions pas commencer cette thèse qui terminera nos études, sans remercier ici de leur bonté et de leur bienveillance les maîtres chez lesquels nous avons fréquenté.

Que M. le docteur Thiéry chez lequel nous avons fait nos débuts en chirurgie, pendant un trimestre à sa consultation de la Pitié; et dans le laboratoire duquel nous avons disséqué deux ans, veuille bien

accepter ici nos remerciements les plus sincères pour l'intérêt qu'il nous a toujours témoigné depuis.

M. le docteur Achard chez lequel nous avons été à Tenon pendant six mois comme élève bénévole ét pendant notre troisième année d’externat ; voudra bien accepter ici l'hommage de notre profonde grattude pour la bienveillance et l’indulgence qu'il n’a cessé d’avoir pour nous et pour le cordial accueil qu'il avait déjà su faire à nos débuts.

Nous ne saurions oublier le nom de M. le docteur Peyrot, chez lequel nous avons fait un trimestre de stage dans son service de l'hôpital Lariboisière et qui a bien voulu presque quotidiennement donner à nos études ses encouragements bienveillants. M. le docteur Souligoux doit à ce même titre avoir droit à nos remerciements les plus sincères.

Nous n'avons pas cessé d’avoir pour M. le docteur Félizet, dans le service duquel nous avons pu faire quinze mois de chirurgie infantile à l’hôpital Bretonneau, mieux qu’une reconnaissance vraie, c’est dire une respectueuse affection.

M. le professeur Brissaud dont nous avons été l’externe pendant huit mois à l'Hôtel-Dieu et qui nous a facilité l’étude des maladies nerveuses voudra bien agréer ici l'hommage de notre profonde reconnaissance pour la mansuétude dont il a bien voulu nous entourer.

Nous voulons nous souvenir également des six mois que nous avons passé chez M. le professeur Pozzi dans son service de l'hôpital Broca et le remer-

cier des soins qu'il a pris pour notre instruction gynécologique.

Veuille enfin M. le professeur Pinard chez lequel nous avons fait notre stage spécial d’accouchements et qui a eu l’extrème bienveillance d’être le juge de cette dernière épreuve, après en avoir été l’inspirateur, accepter ici nos remerciements et. notre gratitude pour la peine et les soins quotidiens qu'il prend à l'instruction de ses élèves et dont nous avons profité.

Nous tenons pour finir à remercier particulièrement pour leurs excellents conseils MM. les docteurs Loœæper, Paisseau, Bruandet, Jayle, Baussenat, Delestre, Mouchotte,Jeannel, qui ont été nos chefs de clinique, internes ou amis et mon frère André Cantonnet, qui m'ayant précédé dans les études médicales n’a jamais

cessé de me prodiguer aides ou conseils.

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