CHAPITRE II
De l'attente possible dans l'expulsion dite lente avant l'application du forceps.
On ne saurait, après ce qui vient d’être dit, fixer une heure précise à laquelle il convient d'intervenir à main armée.
Les cas sont extrêmement variables, et seules, les données statistiques portant sur un grand nombre de faits peuvent renseigner à cet égard.
Après avoir passé en revueet par le détail, les cas où le forceps' a été appliqué chez des femmes ayant le bassin normal, à la clinique Baudelocque, nous verrons à quel moment il fut appliqué et quelles furent les causes.
Nous examinerons la totalité des forceps appliqués pendant cinq ans (de 1896 à 1900 inclus) et ie nombre des faits nous permettra de conclure avec certitude et d'affirmer. Il nous faudra par la suite exami-
ner, non plus les cas où le forceps fut appliqué, mais ceux où l'attente fut prolongée sans avoir recours à lui et où elle fut couronnée de succès. Ce second examen portera sur les 1.000 femmes prises dans les années 1903-1904 sans aucune espèce de choix, et sera appuyé par 14 observations, relatant des attentes inermes de plus de 3 heures.
En 1896, le nombre des forceps appliqués à la Clinique Baudelocque a été tant chez les mullipares que chez les primipares de 47 sur 2.270 accouchements. |
En 1897 de dr sur 2.134 accouchements.
En 1898 de 35 — 2.305 2 |
En 1899 de 42 — 2.506 —
En 1900 de 38 — 2.442 —
Ce qui donne 213 applications de forceps sur 11.658 accouchements soit une moyenne de : une application de forceps pour 54, 2 accouchements, moyenne qui, comme on le voit, est extrêmement faible et dont la faiblesse est due à ce qu'aucun forceps n’a été appliqué, que son application n’ait été au préalable reconnue indispensable.
On pourra se rendre compte par le tableau suivant de la durée des attentes qui furent faites dans ces différents cas avant que les applications n'aient été décidées.