‹ L'académie d'Arles au 17è siècle d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 20 sur 35 · SONNET SUR LA PASSION · texte numérisé non relu

SONNET SUR LA PASSION

Quand le Sauveur souft'roit pour tout le genre humain, La mort en Tabordant au fort de son supplice Resta toute interdite, et retira sa main. N'osant pas sur son Maitre exercer son office.

Mais Jésus abaissant la tête sur son sein Fit signe à l'implacable et sourde exécutrice De n'avoir point d'égard au droit du Souverain, Et d'achever sans peur ce sanglant sacrifice.

La barbare obéit, et ce coup sans pareil Fit trembler la nature, et pâlir le soleil, Comme si de sa fin le monde eût été proche.

Tout pâlit, tout s'émeut sur la terre et dans l'air, Excepté le pécheur qui prit un cœur de roche, Quand les roches sembloient en avoir un de chair.

Le cinquième vers est ordinairement cité avec cette variante :

Mais Jésus, en baissant sa tête sur son sein, Au septième on lit généralement :

Droit de souverain — pour — du souverain. Quant à la traduction, elle est loin d'égaler l'original et nous jugeons absolument inutile de la reproduire.

François d'Aiguières

(V. t. I, p. i3 et t. III, p. 255)

Il me reste quelques doutes sur l'identité de cet académicien, dont le Registre signale diverses pièces de vers, et qui fut le premier directeur de l'Académie.

Il fut maintenu dans sa noblesse, par jugement des commissaires royaux, rendu à Aix le 5 nov. 1667 (Mss. 819). Les membres de la famille d'Aiguières étaient alors fort nombreux. François d'Aiguières vivait encore en i685, comme il appert d'un certificat à lui délivré, le 9 nov. i685, et cité par nous t. I p. 198 en note. Nous avons dit t. III p. 255 en note, qu'il était hls de Marc d'Aiguières , pensant que c'était pour cela qu'il avait séjourné à la cour de Savoie. Il était à Turin, en juin 1667. Reg. fol. 47 verso. Examen fait, il est plus probable qu'il est seulement le neveu de Marc d'Aiguières , et que son père est Claude d'Aiguières, marié avec Marie de Gallifet, le 20 janvier 1599, puis avec /eaw/ze de Gueidan le 28 février 1639. Claude fit son testament, le 5 oct. 1648, et mourut probablement peu après. François d'Aiguières serait alors un fils du second mariage. Marc d'Aiguières fut probablement son tuteur. Il ne faudrait donc pas confondre l'académicien avec un autre François d'Aiguières, qui mourut le 3o mars 1691, et fut enterré le lendemain (Registres de S. -Laurent), âgé de 65 ans.

Le 5 févr. i685, not. Rodil, il avait donné aux Pères de rOratoire son va^xsàtldi Gagerone, en Grau, qui était d'une valeur d'environ 4,5oo 1., avec réserve de prières et de messes. V. le Journal de l'Oratoire, févr. i685, mars 1691, et juil. 1718. Le 26 juil. 1686, il donna 600 1. à l'œuvre du Mont-de-Piété, alors en organisation.

L'académicien ne mourut que bien des anne'es après. Le 4 janvier 1700, François d'Aiguières épousa Marie d'Aiguières, fille de (qu Henry d'Aiguières ti de feue Louise de Thomassin. UactQ qui se trouve aux registres de Saint-Laurent, porte qu'il était fils de Claude et de Jeanne de Gueydan^ et Bonnemant ajoute qu'il était né en 1647. ^^ ^^^^^ \Quï dQ Marguerite de Maux. Il mourut le 2 avril 171 1. (S. -Laurent). Sa femme était fille de Henri d'Aiguières, nommé capitaine d'infanterie au régiment de La Baume, le 14 juil. 1637, puis par ordonnance de M. d'Aiguebonne, commandant de la garnison de Berre, le 6 nov. i65i. Elle mourut le 8 nov. 1735. Comme son père ^Ff^ançois d'Aiguières l'académicien, à notre avis, s'était remarié déjà âgé. V. Archives des B.-du-Rh., B. Reg. i356; Bibl. d'Aix, mss. 819; Bibl. d^Arles^ Bonnemant j la Noblesse d'Arles et l'Histoire du Moni-de-Piété d'Arles, in-i6, 1703.

Le conseil de l'Oratoire approuva la donation de M. d'Aiguières le 23 févr. i685, Registre MM. 583, Archives Nat., p. 2o5.'La terre de Méjanes est en Camargue. A la p. i3 du t. I, nous disons que le nom d'Aiguières revient sans cesse dans la liste des consuls, c'est conseillers qu'il faut lire, et un François d'Aiguières y figure de 1684 a 1690. Les consuls étaient annuels.

La Comtesse de Suze

M"* de Suze est tout simplement la fille de M. François de Moutiers, comte de Mérinville, lieutenant du roi en Provence. 11 n'est pas surprenant qu'il en soit question au Registre, puisqu'elle habitait le pays. Le 10 mai

i666,elle rendit visite à rAcadémie, Reg. fol. 3 verso. Il courut alors « divers meschants ouvrages qu'on avoit faict contre l'Académie naissante ; » plusieurs furent adressés à M'^vde Suze. On prétendit que M. de Grille y était pour quelque chose, mais il s'en défendit et écrivit même deux lettres à M"" de Suze, pour se disculper. Dans une longue lettre à l'Académie, datée du i8 juil. 1666 et insérée au Reg. fol. 6 verso à fol. 9, il répondit aux critiques. Il rappe la, en particulier qu'il fut le premier à mettre « la main à la plume pour l'honneur du corps.» En effet, à la séance du 3 mai 1666, « on receut une devise et un sonnet de Monsieur de Robias, viguier perpétuel de cette vile, en faveur des nouveaux académiciens. » Reg. fol. 3 verso. Il communiqua ce même jour, 18 juil. 1666, à l'Académie — qui ne s'appelait encore que l'Assemblée — ses deux lettres à M""' de Suze. « Je vous envoyé les copies de deux lettres, Messieurs, que j'avois escrittes pour l'Académie contre cet incogneu qui l'attaqua dans son berceau, par où l'on peust cognoistre si j'entre amoureusement dans ses intherets. » Reg. fol. 8 verso. On peut lire ces lettres sans date, dans les Lettres de Monsieur le Marquis de*"*, éd. de 1676, p. 367-375. « Je vous l'avoïs toujour dit, Madame, que l'envie feroit plus de bien que de mal à ces Messieurs. Vous n'auriez pas pris leurparty, si on ne les eust attaquez, et ils n'auroient pas eu l'avantage de vostre protection, si l'envie ne leur (eut) fait cet insulte. J'appelle ainsi la pièce qui a paru depuis deux jours entre vos mains, lorsque contre l'intention de son autheur, elle trouva sa deffaite dans le lieu qu'il avoit choisi comme le plus bel endroit de la terre pour le thrône de sa vanité. » P. 367. Il remercie ensuite la comtesse d'avoir dit que si M. de Grille était l'auteur

de cette « sottise, » il s'était « bien déguisé. » Il termine

par ces lignes : « Au reste, Madame, j'espère que vostre curiosité sera satisfaite, je n'oubiieray rien pour descouvrir ce nouvel autheur, et pour le mettre en lumière, malgré son obscurité : en tout cas l'enfant payera pour le père et nous luy ferons l'honneur d'examiner cette production, quoy qu'elle ne soit pas faite pour divertir les honnestes gens. Je suis. Madame... »

Dans la seconde lettre, il prie la comtesse de l'excuser, car il n'a pu, malgré ses recherches, découvrir l'auteur en question, comme il l'espérait, « Il n'est pas tout à fait sot, comme nous l'avions pensé, sa méffiance est autant une preuve de son adresse que de la vostre... Enfin, Madame, n'en desplaise à vostre curiosité, vous ne le connoistrez que par ses œuvres; c'est là qu'il se montre tel qu'il est et sans desguisement... En vérité, il eust été bienheureux cet autheur gredin, si ses haillons et sa misère eussent esbloûy des yeux comme les vostres, il eust bien ry de nostre débonnaireté, si nous eussions pajdonné à son ouvrage, et si nostre jugement eust esté la duppe du sien. » Nous ignorons quel est cet auteur, probablement un bel esprit d'Arles.

On sait que Louis XIV, à la suite de l'affaire de la garde corse, s'empara d'Avignon, au mois de juillet i663. Le comte de Mérinville en fut nommé gouverneur, et il fit son entrée à Avignon, le 28 août i663 (i). L'occupation française dura environ un an, et on

(i) Histoire des réunions contemporaines d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France, par P. Chaiyenne . Paris, Calmann Lévy, i885. 2 in-8°. Voir les chap. VIII à XX du tome 1, p. 83-254 et spécialement p. i34-i35. Gfr. Oraison funèbre de Henri de Forbin d'Oppède, par le P. Pierre Daverdy, S. J., publiée avec une introduction et des notes, par l'abbé A,-J. Rance. Marseille, Imprimerie Marseillaise, in-8% i88q, p. i8i-i85.

mena joyeuse vie, au palais du gouverneur. Il donna des fêtes magnifiques, à Toccasion du mariage de sa fille (23 mars 1664) , avec Louis-François de La Baume, comte de iSw^e. Lepremierprésident et l'intendant de Provence y assistèrent. M. Jacques de Grille y figura avec le marquis de Maillane et un grand nombre de gentilshommes arlésiens. Il y eut, les 29 et 3o avril, une course de bague courue par six gentilshommes, parmi lesquels M. de Grille et M. le chevalier de Suze, frère de M. le comte de Suze, et dont le prix fut adjugé à M. de Rieux, fils de M. de Mérinville.

Quelques Lettres

l'abbé de VERDIER, l'abbé de boche et MARC-ANTOINE CHALVET

« Je me trouvay hier fortuitement chez M' l'archidiacre où je fus surpris de l'entendre se plaindre de vostre exactitude, Monsieur, à respondre à deux de ses lettres. C'est M. l'archidiacre l'oncle. Il vous demandoit par ses lettres que vous luy fissiés sçavoir si vous aurie's eu connaissance, à Aix, d'un livre qu'il prise beaucoup et qu'il a perdu pour l'avoir preste. Ce livre a pour titre : Theatrum historicum Theorico-praticum ad monarchiam^ aucthore Christiano Matthœi. M. l'archidiacre a cru que vous auriés pu avoir quelque connoissance de son livre sur ce qu'on peut l'avoir porté à Aix, et comme vous estes un excellent juge de littérature il se peut faire qu'on vous aye consulté sur le mérite de ce livre. Je vous prie, Monsieur, de nous en donner des nouvelles si vous le pouvés. — Tout à vous.

« Verdier, prte, »

A Arles, le 9 oct. 1709.

A M. M. de Masaugues, cons. au Pari. Aix. Bibl. de Carpentras, mss. 43b, t. I. fol. 4ii.

tt Nous avons appris, Monsieur, par Mad* de Masaugues, les nouvelles de vostre santé, mais j'aurois mieux aimé prendre des

siennes par vous. Il y a plus de deux ans que vous n'avés pas donné à vos amis d'icy le plaisir de vous y voir : corrigés vous s'il vous plaît là-dessus une autre année. Je prends la liberté de vous envoyer un catalogue de la plus grande partie de mes livres que je voudrois vendre; ce sont tous de bons livres; il y en a même de particuliers; il est vray que pour les Pères de l'Eglise qui y sont, ils ne sont pas de la nouvelle édition; mais ces livres là sont la plus petite partie du catalogue, j'y ay mis le prix que j'en ay payé en les achetant ; j'en oterois le tiers, et sur le tout, de vous à moy, après avoir ôté le tiers, j'en oterois encore cent livres; je ne demanderois pas de l'argent comptant, pourveu que j'eusse une assurance je donnerois un an de délai. Nostre libraire avoit envoyé le catalogue à un de vos libraires d'Aix qui en auroit acheté quelques-uns, mais je veux les vendre" tous ou n'en vendre aucun. Je sçay que vous avés beaucoup de relations avec des libraires et que peut-être connoissés-vous des ecclésiastiques qui voudroient commencer d'avoir une petite bibliothèque; je vous serois très obligé, si vous pouviés m'aider à cela ; il ne faut pas me nommer qu'après qu'en seroit convenu ; s'il n'y a rien à faire là-dessus, vous aurés, s'il vous plait, la bonté' de me renvoyer le catalogue par la première commodité, parce que je n'en ay point de copie. Pardonnes à ma liberté et faites moi la grâce d'être bien persuadé que je suis toujours avec une parfaite cordialité. Monsieur, vostre très .^humble et très obéissant serviteur.

« Boche, sacristain d'Arles.

« Ce 6 août. »

Bibl, de Carpentras, mss. 435, t. II, f. 407. Au dos et de l'écriture de M. Mazaugues : Arles, M. de Boche, abbé, 6 août 1706.

« A Arles, ce 26 décembre 1710.

tt Vous voulés bien, Monsieur, que je me renouvelle dans l'honneur de vostre souvenir, surtout puisque nous n'avons pas eu le plaisir de vous voir cette année, au temps de la récolte. Nous avons perdu le P. Bouvet qui me donnoit quelquefois de vos nouvelles; c'est une véritable perte pour cette ville ; il a été fort regretté. Pour moy j'y perds plus que personne, car depuis plus de vingt ans qu'il a demeuré icy, nous avions vécu dans une très grande liaison ; il (a été) quitte ce pays-cy avec regret; il devoit ce sentiment à l'estime et à l'amitié qu'on avoit pour luy, il a voulu chercher un asile contre la tempête qui s'élève de temps en temps contre les

personnes de mérite que l'on soupçonne mal à propos el sans raison, il n'a pas mal fait, car il était dans la liste et sans la protection de M. l'archevêque qui l'estimoit infiniment, peut-être lui auroit-on fait un méchant party. M. de Montpellier l'a recherché avec empressement et l'a reçu pour supérieur de son séminaire, comme une acquisition dont il connoit bien le prixet la valeur. Je vous serois bien obligé si vous vouliés m'envoyer la métode du P. Thomassin pour lire les gramériens et les historiens, j'ay lu toutes les autres. Je vais vous indiquer une commodité. M. Bonenlant, chanoine de nostre Eglise, est à Aix pour un procès de nostre chapitre que nous avons acomodé icy dans 1 e temps qu'il étoit sur le point de le faire juger; il est allé à Nostre-Dame des Anges faire une retraite où il sera jusqu'aux Roys. Ayés la bonté de faire empacqueter ces livres sur mon adresse et les envoyer chez M. Masse, procureur au Parlement, qui est Taddresse de M. Bonenfant ; je suis fâché de vous donner cette peine^ mais vous estes trop obligeant pour vous en plaindre. Quand vous sçaurés quelques nouvelles littéraires, vous m'obligerés de m'en faire part, nous sommes icy dans un pays éloigné de toute sorte de secours et comme dans un exil. Je seroy, Monsieur, toute ma vie avec un très sincère et très cordial attachement vostre très humble et très obéissant serviteur.

a Boche, sacristain, i

M. M. de Mazaugues Thomassin, à Aix en Provence. Bibl. de Carpentras, mss. 435, t II, fol. 4og.

La bibliothèque de M. de Boche ne fut pas vendue. A sa mort, on y fit des perquisitions, par ordre de l'Archevêque, et on brûla beaucoup de ses livres et de ses papiers infestés par la peste, et surtout le jansénisme, au dire de ses ennemis. Mgr de Beaiijeu écrivait, de Castres, le lo décembre 1721, à M, Perrinet : a Quel trésor d'érudition, quelles leçons de piété ne trouveroit-on pas dans ces deux cabinets où Ton s'est imaginé de déterrer des monstres, si la modestie de ce vertueux prêtre luy avoît permis de mettre sur le papier le fruit de ses fréquentes méditations et de ses saintes études? Il avoit peu de livres, mais il possédoit si bien ceux dont il avoit fait un choix exquis et judicieux, et il supléoit si parfaitement par la force et par la pénétration de son esprit à ce qui manquoit à sa petite bibliothèque qu'il étoit mieux instruit que tous ceux qui dévorent les ouvrages des anciens et des modernes, » Fonds Nicolaï, carton 59, pièce 46. u II fut député du second ordre à la célèbre Assemblée

de 1682, dit M. de Romieu. Les plus respectables têtes du clergé connurent alors son mérite, et plusieurs ont voulu être en relation avec luy pendant tout le reste de sa vie. Son érudition étoit le fruit d'une étude assidue, accompagnée d'un jugement solide qui saisissoit tout d'un coup les difficultés.... » Lettre d'un bénéficier de l'Eglise d'Arles à un de ses amis sur la mort de M. l'abbé de Boche, sacristain de la même église. 7 p. in-4° s. 1. n. d. Fonds Nicolaï, carton 107, pièce 35. Cfr. Les Nouvelles Ecclésiastiques de 1721, p. 94, et ci-dessus, p. 247-249.

Lettre de M. CJialvet sur le livre qu'il avoit fait des dettes de Marseille et les intendants de Provence:

« Marseille, ce 28 janvier 1676.

« Ce ne fut pas, mon très cher Monsieur, dans le dessein de m'attirer des éloges de vostre part que je me crus obligé de vous faire part du petit ouvrage que vous avez tant loué. Je ne mets pas comme cela mes présents à usure. Je me proposay seulement de m'acquitter de ce que je vous devois et si la nécessité et l'état présent de nos alTaires ne m'avoit forcé à le dédier au Monsignor, vous auriez veu vostre nom à la teste de mon coup d'essay. Mais s'il m'arrive jamais d'estre autheur de gayeté de cœur, préparezvous à estre mon Mécène. Je vous prie de me faire coppier l'épistre de Sidonius Apollinaris que je cite dans mes Mémoires et si le livre n'est pas fort gros, comme celuy que j'avois leu et qui m'avoit esté preste par feu M. Vaccon, vous m'obligeriez de le confier à celuy qui vous rendra cette lettre, un autre vous le reporteroit dans deux ou trois jours.

(( Il m'est encore de la dernière conséquence de voir l'écrit de M. Sylvecane et au plustost car nostre homme nous presse, de sorte que si nous pouvions l'avoir pour deux jours, nous pourrions mettre à profit ce qu'il nous apprendroit de nouveau. Le champ est vaste, mais il a esté fort battu. M. Gailhar écrivit du temps de la mission et le P. Cabassut y respondit fortement. MM. Moulin et Gautier ont écrit depuis deux ans sur ce sujet particulier de nos dettes. M. d'Ortigue un de nos advocats a écrit ensuite, mais en vérité tous ces messieurs là ont dit merveilles dans la thèse générale, mais presque rien sur le sujet particulier de nos affaires, et c'est là mon dessein, car je ne dis rien dans la thèse qui aye esté allégué par les autres. Un minime nommé de Colonia, outre le P. Magnân

a publié un livre pour iMessieurs de Lyon, mais si j'eslois procureur du Roy, ce livre seroit brulé, jamais la mora'e n'a paru plus grossièrement relâchée que dans ce petit ouvrage. Le recteur des Jésuites de cette ville a écrit après moy et sur mes mémoires dont il semble n'avoir voulu faire qu'un index raisonné et osié les citations de Navarre, Bauny, Scobar et telles autres gens que je fesois conscience de citer. 11 ne dit rien de nouveau. Je vous prie donc de nae faire part de l'écrit de M. Sylvecane, j'en ay besoin dans cette occasion où M. l'Intendant nous fait enrager. Il ne pense pas encore à vous, chacun aura son temps, mais je souhaite que le sien passe. Au reste on n'a pas encore pu me laisser prendre notte de la Bible dont je vous parlois, mais demain celuy qui s'en veut

deffaire sera icy. Je suis tout à vous.

« Chalvet. »

Pibl. de Carpentras, mss, 435, t. II, fol. i42.

Quelques Rectifications de détail

(dates, noms, inexactitudes partielles, etc.)

p. 26, ligne treizième. Terrin est appelé académicien d'Arles, par Spon^ dans ses Recherches curieuses d'antiquité... Lyon, i683, in-4°, explication du frontispice, n° 10. Bibl. de l'Arsenal, H. 16,046.

P. 27, ligne seizième. Le P. Daugières naquit le 22 sept. 1634 et non le 12 sept. V. aux Pièces Justificatives p. 407.

P. 46, ligne huitième, au lieu dé : des vers de sa façon, lisez : un discours de sa façon. De même, p. 47, notel, ligne première, au lieu de : ces vers, lisez: ce discours. V. Pièces Justificatives, p. 402 et suivantes.

P. 53, ligne quinzième, au lieu de : Parallèle poéti- V que, lisez : Paralelle de Louis le Grand. De même,

f. 55, note 1, ligne deuxième.

P. 63, ligne seizième, au lieu de : prier d'Arles, lisez :

P. jj^ ligne sixième, ajouter qu'Arnaud Eymin fut baptisée Sainic-Anne, le 26 sept. 1666.

P. 87, ligne sixième. Le récit de la cérémonie dont il est question, se trouve dans le Mercure galant d'oct. 1687, p. 206-212.

P. 91, ligne quinzième, au lieu de : Charles de Barrême, lisez : J.-B. de Barrême.

P. 117, aux autorités invoquées en faveur de Taugmentation des académiciens d'Arles portés au nombre de 40, ajoutez celle du P. Bougerel, mss. de M. Arbaud. Par contre, Morét^i, art. sur Arles p. 33 i, ne parle que de 3o académiciens. Où est la vérité ?

P. 144, ligne dix-septième: M"" de Piellat était une arlésienne. On lit au Journal de VOratoire : « Le 8 janvier 1689, Mademoiselle de Saint-Andiol, nièce de Mgr le coadjuteur, épousa dans la chapelle de l'archevêché M' Piellat, s' du Buisson, de la ville d'Avignon, M"' le coa'djuteur lit la cérémonie des épousailles et notre p. curé y assista en surplis. » M. Robolly ajoute en note : « M. de Piellat, procureur impérial à Valence, en 1 85 ..., a demandé un extrait de l'acte de mariage qui est à la paroisse Sainte-Anne. » M"" de Piellat était la nièce de l'archidiacre de Saint Andiol, l'académicien. Le contrat de mariage fut insinue le 8 avril 1689, dans le Registre de la Sénéchaussée d'Arles, 1679-1693, fol. i525 et sqq. Archives des B.-du-Rh. Pierre de Piellat était fils d'Antoine de Piellat, trésorier pour le roi en Avignon et Comtat Venaissin et d'Anne de Ribère. Catherine de Varadier était fille de feu Laurens de Varadier, marquis de Saint-Andiol et de Marguerite de Grignan, sœur du coadjuteur, mariés le 16 juin i65i. Dans le contrat, on cite les noms de Gaspard de Varadier, « marquis de Saint-Andiol et

archid. d'Arles, » héritier de Laurens son frère ; un autre abbé (Gaspard de Varadier, qui devint archid. en 1694) ; le chevalier de Saint-Andiol et Gaspard de Saint-Andiol actuellement au service du Roy, tous les trois frères de la mariée.

P. i52, à la ligne huitième de la note, au lieu de : M. de Nicolas Colbert, 1704,' lisez : Nicolas Colberty mort en iy04.

P. 169, note I, ligne onzième, ajoutez : Voir dans les Mémoires de Trévoux^ déc. 1703, p. 344-347, une notice sur M. Malpeyre de Vendanges, secrétaire de l'Académie de Toulouse, mort à Toulouse le 5 mai 1702, âgé de 78 ans, doyen du présidial et dans de grands sentiments de piété. Ami des P. P. Jésuites.

P. 191. M. Du Laurens, collectionneur dont le cabinet était très riche, sinon très choisi, mourut à Arles le 24 avril 1694. Voir Musée, 1873- 1874 p 7. Son cabinet fut dispersé. M. de Mazaugues en acheta quelques médailles, que lui proposa Terrin.

P. 212, note I, ligne septième, au lieu de : Juxta filem archivorum, lisez: Juxta /idem archiviorum.

P. 219, ligne dixième du texte, et ligne deuxième de la note 2, au lieu de : 1703 et févr. 1703, lisez : sept. ijoi.

P. 229, note 2, ligne troisième, au lieu de Praris, lisez : Paris.

P. 23o, ligne vingt-troisième de la note, au lieu de : sexe masculin, lisez : sexe féminin.

P. 23 I , note 2, ligne première, au lieu de : Sabandiae, lisez : Sabaudiœ. Il arrive quelquefois que Vu est changée tnn, le lecteur corrigera. Le P.Prost n'est guère connu. Serait-il lyonnais ? En 1620, il y avait à Lyon un libraire de ce nom ; en 1682, Octave Prost

était élève du collège de la Trinité, et un autre au collège Notre-Dame, de Lyon.

P. 235, ligne dix-neuvième, lisez: l'abbé de Valavoire mourut à Manosque le 2 sept. 1715. Reg. de la paroisse Saint-Sauveur de cette ville.

P. 241, note, ligne dix-septième, au lieu de : liistrasimiis, lisez : lustravimus.

P.25i, note I, ligne deuxième, au lieu de : Saint- Martin, lisez : Saint -Laurent^ paroisse de M. Amat de Graveson.

P. 35o, ligne douzième, au lieu de : en 1676, lisez: en lôy/. Voir ci-dessus t. I, p. 202 et t. III, p. 422.

P. 352, au second paragraphe, ajoutez : Le 5 août 1669, M. de Cays reprochait à Giffon d'avoir envoyé des sonnets au premier président Henri de Forbin d'Oppède, au nom de l'Académie et sans son ordre, ce qui est contre les statuts et il ajoutait que Giffon ne pouvait les ignorer, « ayant contribué de sa main à les mettre dans Testât qu'ils sont dans le Registre. » Reg. fol. 71 verso. En marge du fol. 1 12, mai 1673, il y a une note de la main de Giffon. Il fait observer que l'ode qu'il venait de composer en l'honneur de Lebrun contenait avant tout l'éloge du roi. Giffon est à diverses reprises appelé substitut du secrétaii'e.

Le texte du Registre est reproduit avec son orthographe, souvent variée, mais bien des mots ont été rajeunis par les compositeurs. Nous devons l'aveu que les imparfaits sont toujours terminés en oint (dans la partie du Registre écrite par M. de Grille} et non oient, forme que nous employons constamment, à la troisième personne du pluriel.

L'opinion soutenue par nous, t. I, i83 et sqq., t. II, io5, à savoir que les statuts de l'Académie n'exigeaient pas la noblesse comme condition d'admission, a trouvé des contradicteurs. Néanmoins, nous la maintenons . Elle est corroborée par le texte de la minute des Lettres patentes de l'Académie. Cette minute se trouve aux Archives des affaires étrangères, Fonds de France, Registre 1727 fol. SgS-Sgô. Elle porte la date du I*" sept. 1668 et le texte, où l'on remarque quelques ratures, est identique, sauf quelques changements insignifiants, avec celui que nous avons donné, d'après les Archives du palais d'Aix. Le passage que nous invoquons y est même plus explicite. Le voici : Voulons... que le nombre des gentilshommes ou autî^es personnes de savoir et de vertu qui composeront lad. Académie soit fixé à vingt, lesquels seront tous originaires ou habitants de lad. ville.

Le lecteur voudra bien corriger lui-même diverses erreurs typographiques, dont l'importance est assez minime.

Devise de l'Académie, d'après le Registre.

Page 1